Lugdunum – Musée et théâtres romains, Photo : Chloé Pasquinelli

Un partenariat exceptionnel signé entre la Métropole de Lyon et le Musée du Louvre

Ce vendredi 11 juin, le président de la Métropole et le directeur du musée du Louvre étaient réunis pour signer un partenariat exceptionnel entre le célèbre musée parisien et le Musée Lugdunum-Musée et théâtres romains.

A l'occasion de la signature d'un partenariat scientifique et culturel, le président de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard, son vice-président en charge de la culture, Cédric Van Styvendael ainsi que le directeur du Louvre Jean-Luc Martinez, étaient réunis au Musée Lugdunum ce vendredi 11 juin à 11h. La rencontre s'est également faite en présence de la directrice du musée lyonnais, Claire Iselin, le directeur régional des affaires culturelles de la région Auvergne-Rhône-Alpes (DRAC), Marc Drouet, et enfin la prochaine directrice-adjointe du département des antiquités grecques, étrusques et romaines du musée du Louvre, Cécile Giroire.

De gauche à droite : Cédric Van Styvendael, Claire Iselin, Bruno Bernard et Jean-Luc Martinez devant la statue de Diane, déesse de la chasse

Les élus ont d'abord procédé à une brève visite du musée. Ils sont notamment passés devant les deux seuls dépôts du Musée du Louvre à Lugdunum en date : un buste de l'Empereur Caracalla et une statue de Diane, déesse de la chasse. Ce prêt datait alors des années 1950.

Les deux derniers dépôts du Louvre en date - un buste de l'Empereur Caracalla (212-217 ap JC) et une statue de Diane chasseresse, IIe-III siècle ap JC

La convention a ensuite été signée entre la Métropole et le Louvre.

La Convention

De gauche à droite : Cédric Van Styvendael (vice-président de Métropole), Jean-Luc Martinez (directeur du Louvre) et Bruno Bernard (président de Métropole) signant le nouveau partenariat

Cette convention aura pour but non seulement d'enrichir les collections des deux musées, par de nouveaux prêts ou dépôts, de mettre en place des expositions communes, mais aussi d'accentuer la collaboration scientifique.

Jean-Luc Martinez, président-directeur du musée du Louvre, souligne ainsi qu'il y a une "complémentarité entre les musées de France".  "Le musée du Louvre est un musée national, ajoute-t-il, et non pas parisien". Il rappelle aussi que si un peu plus de 35 000 œuvres du dépôt du Louvre sont exposées à Paris, à peu près autant le sont dans le reste de la France.

Très concrètement, plusieurs expositions prévues dans les mois et les années à venir dans le musée lyonnais devraient bénéficier de ce partenariat. La prochaine exposition de la rentrée sur la thématique du pouvoir devrait accueillir une superbe statue en marbre d'Auguste, qui fut empereur au moment de la fondation de la colonie de Lugdunum (Lyon) en -43 avant JC, ainsi que celle de sa femme, Livie. Une autre exposition sur le spectacle est quant à elle prévue à l'horizon 2022-2023.

Claire Iselin, directrice du Musée gallo-romain, explique qu'il s'agira aussi d'une politique de dépôts, soit des prêts plus long, de 5 ans renouvelable. L'idée serait d'enrichir le parcours permanent des deux musées. Le reste est "à la carte", et les œuvres précises qui devraient descendre à Lyon n'ont pas encore été définies. Il s'agira tout d'abord de "définir les grands thèmes" des expositions avant de "composer en fonction des projets".

D'autres accords similaires avec le Louvre avaient déjà été signés par le passé : à Arles ou Nîmes, et bien sûr dans les Hauts-de-France avec le Louvre Lens, créé en 2012. Toutefois, Jean-Luc Martinez souligne que ce partenariat avec la Métropole de Lyon représente "une autre échelle en termes de collection et de renommée".

Une aide réciproque

Les directeurs des deux musées : Jean-Luc Martinez, président)directeur du Musée du Louvre et Claire Iselin, directrice du Musée Lugdunum-Musée et théâtres romains

Malgré les apparences, cette collaboration sera loin d'être à sens unique, appuie le directeur du Louvre. Il explique ainsi espérer que des œuvres actuellement exposées à Lyon puissent monter à Paris, et que des expositions puissent être montées en étroite collaboration.

Il ajoute que le Louvre a beaucoup à apprendre du travail du musée Lugdunum qui a l'avantage, contrairement au plus grand musée du monde, d'avoir un site archéologique.


"Le Louvre a besoin d'être en contact avec l'actualité archéologique" 


En effet, le musée de Lyon découvre chaque année une multitude de nouvelles pièces qui enrichissent la recherche archéologique, et le musée du Louvre a besoin de se tenir à jour. L'exposition "remarquable" de Lugdunum sur la cuisine le montre bien, à son sens. De nouvelles fouilles et analyses nous en apprennent, en effet, un peu plus chaque jour sur la vie des romains : ce qu'ils mangeaient, leur rapport aux ressources ou à la nature, par exemple.

"Nous-mêmes [au musée du Louvre, ndlr], nous posons la question de comment présenter le monde romain", ajoute-t-il. Selon lui, "une des clés est le lien avec ce qui fait notre vie aujourd'hui" : la manière dont on respecte ou non les espèces animales ou végétales, la question de l'eau, de l'artisanat ou encore de l'exploitation du territoire, l'implantation d'une ville dans la région, etc. "Tout ça, ce sont des questions que nos ancêtres se sont posées dans l'antiquité", des questions "qui peuvent intéresser la sensibilité contemporaine".

Il ajoute par ailleurs que le musée gallo-romain est "inspirant" en termes d'exposition et de communication, considérant notamment son caractère plus interactif. Il admet : le Louvre étant installé dans un palais, celui des rois de France de surcroît "nous avons souvent un mode de présentation assez traditionnel".

Impossible de travailler tout seul lorsqu'il s'agit d'étudier le monde romain, conclut-il, surtout lorsque l'on songe à l'immensité de ce dernier.

"Un second souffle" pour le musée lyonnais

Cette collaboration aurait pour but de redynamiser un musée quelque peu déclinant. "La métropole a souhaité redonner une nouvelle vie à ce bâtiment magnifique" explique Jean-Luc Martinez. Le musée, construit à l'époque par le célèbre architecte Bernard Zehrfuss en 1975, représentait alors une véritable révolution dans le monde de la conservation. Cependant, "il a vieilli", admet le directeur.


"Le musée est magnifique, mais il besoin d'évoluer"


A cela, Bruno Bernard ajoute : "on espère aussi arriver à attirer plus de monde dans ce musée qui a besoin d'un second souffle"

Les Nuits de Fourvière

Le festival qui se tient depuis le 1er juin et qui devrait se poursuivre jusqu'au 30 juillet 2021 a été également salué par le directeur du Louvre.


"C'est une chance d'avoir ce festival sur ce site"


Jean-Luc Martinez souligne à ce titre la cohérence de l'organisation d'un tel spectacle au sein du théâtre gallo-romain : "nous sommes héritiers de cette culture du spectacle"

Ce choix est d'autant plus cohérent que le musée accueille un grand nombre d'objets liés au théâtre, et qu'une des prochaines expositions prévues porte le thème du spectacle. Le festival a par ailleurs l'avantage de faire découvrir le musée, et vice-versa.

A lire aussi : ""Le village de l'archéologie de Lyon" s'invite au musée Lugdunum en juin"

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