Tarare

Tarare ressort du passé un journal collaborationniste sans contextualiser

Dans son journal municipal, la ville de Tarare dans le Rhône met en avant un beau travail de numérisation du journal Le Petit Montagnard publié de 1901 à 1944. Pourtant, la sombre fin de ce périodique n'est à aucun moment rappelée.

À l'instar de nombreuses communes, la ville de Tarare dans le Rhône possède un journal municipal regroupant informations et articles sur la vie locale. Le numéro de Texto du mois de novembre 2019 est ainsi consacré à la Fête des Mousselines 2020, temps fort incontournable depuis plus d'un siècle dans une ville qui brilla dans le monde de l'industrie textile.

En page 10, un zoom est ainsi proposé sur le journal Le Petit Montagnard "pour un voyage dans le temps", publié de 1901 à 1944. Une importante opération de numérisation a été lancée et plusieurs années sont déjà consultables sur ordinateur dans le service des Archives de la ville. Les numéros les plus détériorés seront restaurés et numérisés durant les prochaines années.

De républicain à vichyste

Néanmoins, à travers cette double page dans Texto, un détail pourrait interroger les plus observateurs : aucune mention n'est faite de la fin de cette publication. Le Petit Montagnard a continué d'être publié sous l'occupation, délaissant son qualificatif de "républicain" qu'il affichait depuis 1901 et durant une partie de la guerre.

Au fil du temps, il proposa des contenus collaborationnistes, espérant que Laval, ministre d'État de Pétain sous le régime de Vichy "puisse réussir à dominer le mal", ou s'attaquant "aux voix venues d'outre-mer" qui "ne plaident pas pour la France", comprendre la résistance pilotée depuis Londres. Alors que certains titres comme Le Progrès décidèrent de se saborder lorsque les Allemands occupèrent la zone sud, Le Petit Montagnard continua ses publications. Et si des titres interdits lors de la libération purent ensuite apparaître à nouveau, il n'en fut rien pour Le Petit Montagnard dont le destin fut définitivement scellé en 1944.

"1944, ça veut dire ce que ça veut dire"

Du côté de la mairie de Tarare, on se défend de tout oubli volontaire, "l'angle était celui de la Fête des mousselines, de l’anecdote. Le fait de mentionner une fin en 1944, ça veut dire ce que ça veut dire. Un lecteur averti sait ce que cela signifie", confie-t-on au cabinet du Maire Bruno Peylachon (Sans étiquette), "Si Le Petit Montagnard avait continué d'être publié après la guerre, nous aurions mentionné sa ligne durant l'occupation". Néanmoins, "Si les gens viennent nous poser des questions là-dessus, nous sensibiliserons notre archiviste", ajoute la mairie de Tarare.

À défaut d'éléments de contextualisation dans Texto, reste donc une numérisation du Petit Montagnard qui permettra de découvrir comment un journal républicain sombre progressivement vers le soutien au régime de Vichy.

mise à jour à 14h28 : Bruno Peylachon est désormais sans étiquette et non plus LR.

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