Roms à Vaulx-en-Velin : "On a compati, mais là c'est trop"

Cinq jours après l’incendie qui a ravagé un des deux camps de Roms à Vaulx-en-Velin, la situation ne semble pas s’améliorer, bien au contraire. Durant le week-end de l’Assomption, les riverains ont été contraints de s’organiser pour venir en aide aux quelques 40 familles roms sans toit.

"Les associations de défenses des Roms nous accusent d’être contre eux, mais pendant ces quatre jours, on ne les a pas vu. C’est nous qui étions là pour aider les Roms", déplore Joëlle Giannetti, présidente de l’association de quartier Vaulx Carré de Soie. Les occupants du camp, sans solution de rechange, ont rebâti des habitations sur les décombres et les cendres dès le lendemain de l’incendie.

Des associations humanitaires devraient intervenir sur le terrain cette semaine. Mais jusqu’à présent, ce sont "nous les riverains qui avons sorti des matelas, des couvertures pour les enfants qui erraient dans nos rues". Pour Joëlle Giannetti et les habitants du quartier, la situation est insupportable. "Nous avons acheté à manger pour les enfants : du lait, du fromage, du pain et des biberons. Mais ce n’est pas notre rôle. Les enfants sont des vrais ramoneurs, ils ont les pieds tout noirs et jouent dans les cendres", ajoute-t-elle. Sa venue sur le camp ce samedi l’a marquée : "Quand on est rentrés pour donner les sandwichs, je me suis cru en Afrique en intervention humanitaire. Tous les enfants s’amassaient autour de nous et réclamaient à manger. Mais où est-on ? Comment peut-on les laisser dans des conditions pareilles ?"

Une réunion prévue par le préfet

Les deux camps de Roms, situés l’un à coté de l’autre sur l’avenue Roger Salengro rassemblent à eux deux environ 600 personnes (soit 200 familles). Celui où l’incendie a éclaté, à peu près 400 personnes. Il n’y a pas d’accès à l’eau courante (seulement sur les bornes pompier) et encore moins à l’électricité. C’est un quartier dans un quartier à ciel ouvert où odeurs d’excréments et odeurs âcres de fumée (certains font fondre du cuivre pour le revendre) se mêlent. Les nuisances déjà difficiles à supporter pour les riverains n’ont pas diminué, "elles ont été décuplées", selon Joëlle Giannetti.

La décision de déplacer les Roms revient au préfet, Jean-François Carenco. Mais celui-ci ne souhaite pas communiquer sur le sujet. Une réunion ordonnée par lui devait avoir lieu hier. Elle a finalement été décalée et se déroulera vraisemblablement mardi après-midi. Le maire de son coté attend l’appel du préfet et ne veut rien faire en attendant.

Les riverains à bout

Les habitants de Vaulx-en-Velin estiment qu’ils ont été suffisamment patients. "Nous sommes pour la plupart des enfants d’immigrés, on sait ce que c’est que d’être déplacés. On a compati mais là, après un an, c’est trop", annonce la présidente de Vaulx Carré de Soie. "On nous promet qu’une décision d’expulsion va être prononcée mais on attend toujours", s’agace-t-elle. Joëlle Giannetti comme beaucoup d’autres personnes de la commune n’attend qu’une chose : que le calme revienne pour les riverains et qu’on offre aux Roms des conditions de vie décentes. "Sinon pourquoi les laisser rentrer chez nous si on ne s’en occupe pas ?" s’interrogeait un vaudais au lendemain du sinistre. "On dit que l’Europe débloque des fonds, mais là, elle est où l’Europe ?".

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