Ecole et périscolaire  © Tim douet_116
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Rhône : préavis de grève à la rentrée face au manque d'enseignants

Les 25 postes supplémentaires d'enseignants en école primaire annoncés jeudi par l'inspecteur d'académie ne suffiront pas à faire face à l'augmentation du nombre d'élèves dans le Rhône selon le syndicat Force ouvrière, qui souligne que sur les 267 postes créés, 220 sont affectés au dédoublement des classes de CP et CE1 des zones prioritaires mis en place par le gouvernement d'Emmanuel Macron.

Si la situation est ingérable dès la rentrée dans certaines maternelles et écoles du Rhône, les enseignants sont en droit de faire grève. C'est le sens du préavis déposé pour la semaine de la rentrée par le syndicat d'enseignants du premier cycle de Force ouvrière (FO). "Ce n'est pas un appel franc à la grève, mais ça permet d'envisager une mobilisation des enseignants qui se rendraient compte qu'il y a des problèmes immédiatement à la rentrée", explique Frédéric Volle, responsable du syndicat pour le Rhône. Et les inquiétudes sont palpables face à la démographie d'un département déjà classé parmi ceux dont les classes sont les plus chargées de France. Une démographie prise en compte jusqu'à la dernière minute par l'académie. En comité technique ce jeudi, l'inspecteur a annoncé l'ouverture de 25 postes d'enseignants supplémentaires. Avec 242 postes envisagés initialement, cela porte le nombre de nouveaux enseignants de maternelle et de primaire à 267 dans le Rhône. "Cette décision rend possible le fait d'être en solde positif avec 39 ouvertures de classes pour 6 fermetures", se réjouit Frédéric Volle avant de tempérer. "C'est mieux de les avoir, mais tout n'est pas réglé, des écoles se sont vu refuser des ouvertures de classe sous prétexte qu'elles étaient en zone favorisée".

220 postes pour la réforme du gouvernement

"Près de 220 postes sont consacrés à l'ouverture de CP et de CE1 dédoublés en éducation prioritaire, réforme qui se met donc en place à moyens constants, et au détriment de toutes les autres classes et de toutes les autres écoles", regrette le syndicat. Selon les seuils en vigueur dans le département, pour qu'une école bénéficie de l'ouverture d'une classe, il faut 31 élèves en maternelle et 27 en élémentaire. "Mais depuis l'année dernière, l'inspecteur d'académie indique n'être plus forcément en mesure de respecter ces seuils et que ces derniers étaient plus qu'"indicatifs". Comme il doit conserver les places pour les CP et CE1 cette année, il dit que l'on verra au cas par cas, ce qui laisse la porte ouverte à plus de déréglementation alors que les seuils  n'étaient déjà pas très bons pour assurer une véritable qualité d'enseignement",  expose Frédéric Volle. En parallèle, aucun poste de remplaçant ne sera créé pour pallier aux absences des enseignants. Depuis quatre ou cinq années seulement, les contractuelles ont ainsi fait leur apparition dans les écoles maternelles et primaires du Rhône. L'année dernière, ils étaient 150 à être embauchés au pied levé. "Ce sont des contrats de quelques mois pour lesquels il n'est pas nécessaire d'avoir le concours. Les contractuels ne sont pas formés et sont payés de manière précaire" regrette l'enseignant. "D'ailleurs, il y a fort à parier qu'il soit nécessaire d'en employer plus de 150 cette année, mais cela cadre en quelque sorte la volonté de l’exécutif lorsqu'on les entend vanter le contrat plutôt que le statut", ajoute-t-il. Un exécutif face auquel les enseignants affiliés FO vont s'opposer plus franchement le 9 octobre. À cette date, le syndicat appelle à la grève aux côtés de la CGT, de l'UNEF et de l'UNL sur la question des retraites, du service public et de la politique budgétaire.

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2 commentaires
  1. Abolition_de_la_monnaie - 3 septembre 2018

    Dans une société monétaire, il faut créer des consommateurs et non des êtres humains conscients de leur environnement et d'eux-même.
    Vous allez voir que les réacts habituels vont nous dire que "dans leur temps, il y avait 40 élèves par classe et ça fonctionnait très bien parce qu'il y avait la peur qui empêchaient d'agir les élèves perturbateurs"....
    Seulement maintenant, la peur a changé de camps parce qu'il n'y a plus d'avenir serein. Et réduire le nombre d'enseignants par rapport au nombre d'élèves est mauvais pour tout le monde, sauf pour le budget (pour le fric).

  2. Galapiat - 3 septembre 2018

    Abolition toujours autant de bêtises , dis nous vous vous y mettez à plusieurs?

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