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Retraites : dernière manifestation peu suivie

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@ Robin Favier

Reportage - 3200 personnes selon la police, 7000 selon les syndicats ont manifesté ce mardi contre la réforme des retraites. Une dernière manifestation qui a rassemblé quatre fois moins de personnes qu'au plus fort du mouvement fin octobre. (article corrigé à 14h20 le 24 novembre).

Philippe Baot de la CGT chômeurs et précaires du Rhône a encore donné de la voix mardi dans les rues de Lyon : "encore une fois dans la rue, et c'est pas fini ! Il va falloir pousser jusqu'en 2012 dans vos entreprises, dans les universités", a-t-il lancé aux salariés au micro du camion CGT. 7000 personnes étaient présentes dans le cortège selon les syndicats, 3200 selon la police.

La faiblesse de la mobilisation, quatre fois inférieure à celle de fin octobre, pouvait s'expliquer par la promulgation de la loi le 10 novembre et par la défection de plusieurs organisations syndicales, la CFE/CGC, la CFTC, FO et la CNT. Ces dernières, en désaccord avec le mot d'ordre de la manifestation, "contre la résignation et pour d'autres alternatives pour le financement des retraites", n'avait pas appelé à descendre dans la rue. Elles auraient préféré que l'intersyndicale appelle tout simplement à l'abrogation de la loi.

L'avenir du débat sur les retraites

« Abrogation ! », criait pourtant Philippe Baot au micro de la CGT tandis que sa collègue, Anaïs Cintas, secrétaire départementale CGT des précaires et privés d'emploi du Rhône, ne désespérait pas de réclamer le retrait de la réforme lors de prochains mouvements sociaux : "pour nous, le mouvement social va rebondir, affirmait-elle pleine d'espoir. Avec la réforme fiscale qui s'annonce et la suppression de l'impôt sur la fortune, la signature de la nouvelle convention chômage le 15 décembre. Nous continuerons à nous mobiliser et à réclamer aussi l'abrogation de la réforme des retraites". Même son de cloche chez Gilbert Debard, secrétaire départemental de l'Unsa dans le Rhône pour qui le sujet est loin d'être enterré : "le dossier de la réforme des retraites n'est pas clôt. Cette réforme n'est pas financée. En 2013, il est prévu d'en reparler pour savoir si nous voulons une retraite par points ou par répartition. Il faut rester attentifs et mobilisés".

Dans le cortège, Kelvin Mounard, président de l’Union nationale des lycéens (UNL) dans le Rhône, s'est dit conscient que la manifestation de ce mardi était là "pour fermer le mouvement sur les retraites". Il retient cependant l’effet positif de ce mouvement et note que "les jeunes, les lycéens sont rentrés dans la vie politique". Du côté des étudiants, Loïc, inscrit en troisième année de science politique à Lyon 2 et responsable de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) à Lyon rappelle que "le gouvernement s’est resserré sur la droite et qu’il y aura dans les mois et les années à venir d’autres mobilisations à faire".

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@ Robin Favier

Les partis de gauche présents dans le cortège

Dans le cortège ce mardi, la CGT était largement majoritaire. Chaque profession ou secteur réunis sous sa banderole  : la CGT Renault Trucks Lyon, la CGT Pôle Emploi du Rhône (en grève le 7 décembre), la CGT Banques Assurances, le groupe Rhodia, l'IFP, la CGT Sécurité sociale, Dakia, BNP, Bluestar silicones, Filpac, la CGT INRA, Police, Saint-Fons, l'Union locale CGT5 – 9 Lyon, Altran, TSV (transformateurs solution Vénissieux), Educ'action, la CGT des agents territoriaux de Vaulx-en-Velin et de Vénissieux, Mines énergie, les cheminots et DHL.

Derrière les drapeaux rouges, 150 syndiqués de la CFDT du Rhône défilaient tranquillement suivis par une cinquantaine de syndicalistes de la FSU, la même proportion de syndicalistes du SNES et une centaine de Sud et de Solidaires. Enfin, les partis politiques fermaient le cortège : une trentaine de jeunes communistes, une vingtaine de membres du NPA, une quarantaine de militants de Lutte ouvrière et une vingtaine du Parti de Gauche. La fédération socialiste du Rhône était présente, une quinzaine de militants s'étaient donnés rendez-vous comme à leur habitude place Gabriel Peri à 11h30 dont Jacky Darne, le président de la fédération socialiste du Rhône, Béatrice Moderne et Yann Benhayoun.

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3 commentaires
  1. RUOURS - 23 novembre 2010

    Maintenant il faut demander le licenciement de tous les fonctionnaires CGT-CGC qui harcèlent, volent, mentent, dissimulent, qui n'en foutent pas une, se balladent, font du commerce dans l'administration, rémunérés avec l'argent du contribuable, pourrissent l'exercice de ceux qui travaillent, protégés par des élus socialo-communiste membre des francs maçons. L'argent public ne doit pas servir ces réseaux.

  2. jerome manin - 23 novembre 2010

    @RUORS. Plus de 90% des fonctionnaires subissent l'archaïsme des syndicats et de manière bien plus totalitaire que les gens de l'extérieure de la fonction publique, c'est à eux qu'il faut donner les moyens de reconstruire un syndicalisme moderne, altruiste et honnête.

  3. populiste - 24 novembre 2010

    Pour RUOURS,personne ne pourra renvoyer ces personnages puisqu'ils sont salariés protégés.Il faut pousser les députés UMP à réduire les lois Auroux de 1981 qui autorisent un quota impressionnant de délégués permanents dans les entreprises.Dans la fonction publique ils frôlent les 100 000. Il faut également reformer les ressources humaines qui ne traitent qu'avec les syndicats et méprisent les salariés. Bonne journée.

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