Rassemblement à la mosquée de Vénissieux : la colère monte

Lundi soir, une centaine de personnes s'est réunie devant la mosquée El Forkane de Vénissieux. Après l’annonce d’un projet d’attentat sur ce lieu de culte musulman, tous sont venus manifester leur mécontentement et leur sentiment d’être devenus cibles d’une stigmatisation grandissante.

"On nous fait croire que l’islamophobie n’existe pas, mais il est pourtant prouvé par des études qu’elle est bel et bien réelle", scandait lundi soir Abdelaziz Chaambi, président de la Coordination contre le racisme et l’islamophobie (CRI) devant la mosquée El Forkane de Vénissieux. Situé rue du 19 mars 1962, ce lieu de culte aurait pu être l’objet d’une tentative d’attentat de la part d’un jeune militaire le jour de la fin du ramadan, a annoncé le ministère de l’Intérieur dimanche. "Des tentatives comme celle-ci sont une atteinte aux valeurs de la République et mettent les citoyens en danger", a-t-il ajouté.

Une situation de plus en plus grave

Ce rassemblement - initié par Kamel Kabtane, recteur de la grande mosquée de Lyon - avait pour but d’interpeller le Gouvernement et la classe politique française afin que cesse la stigmatisation à l’égard des musulmans.

Mais la colère était palpable dans le discours des intervenants : "nous, musulmans, sommes le fond de commerce des politiques, un simple prétexte à faire campagne", s’insurge Mariem Sabib, membre du Collectif de lutte contre l’islamophobie en France. Pour elle, "il faut que la classe politique et médiatique se rende compte de la gravité de la situation. La stigmatisation de notre religion se gangrène et mène à des actes comme celui prévu sur cette mosquée".

Plus tempéré, Kamel Katbane s’est montré frustré qu’aucun responsable politique national n’ait pris position sur cet événement. Michèle Picard, la maire de Vénissieux, n’était d’ailleurs pas présente. Le recteur a demandé la création d’une commission parlementaire prenant en charge le problème. Au milieu de la centaine de fidèles et des nombreux journalistes rassemblés, Lotfi Ben Khelifa, représentant socialiste de la ville s’est défendu de toutes ces critiques dirigées contre la gauche : "Un acte comme celui-là est le résultat d'années de gouvernement de la droite. Mais aujourd’hui, les choses ont changé, on a pu arrêter cet homme à temps".

"L’islam est devenu la religion à abattre"

Pour Yazid et Sohyb, deux jeunes hommes musulmans, venus assister aux discours avant de faire la prière "une agression de la sorte est intolérable". "L'islam est devenu la religion à abattre, ce n’est pas normal", se révolte Yazid, "au travail je dois cacher mon appartenance à ma religion".

Sohyb habite à coté d’une synagogue. A la suite d’une agression commise contre une autre synagogue de Lyon, il dit avoir vu des bus de CRS postés devant celle-ci et d’autres de la ville. "Ici, il ne se passe rien. Personne ne nous protège".

Samia Hamdiken-Ledésert, conseillère municipale et communautaire de Vénissieux, ainsi que Mokrane Kessi, élu de la commune, n’étaient pas vraiment étonnés du projet d’attentat de ce militaire de 23 ans. "Cette agression est d’un commun ! L’islamophobie n’est pas un fait nouveau, il y a juste des pics de temps en temps", observe la conseillère. "Ce qu’il faudrait, c’est que les représentant politiques de tous bords et tous niveaux cessent de faire des amalgames entre intégration, islam, terrorisme, immigration… D’ailleurs, pourquoi parler d’intégration ? Nous somme Français".

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