Procès d'une veuve désespérée et "morte de l'intérieur"

Depuis lundi et jusqu'à ce mercredi soir, le procès d'une veuve soupçonnée d'avoir assassiné son mari près de l'Arbresle, en le droguant puis en le poussant, dans sa voiture, au fond d'un étang, se déroule devant les Assises de Lyon. Au deuxième jour de l'audience, la veuve est apparue en pleurs dans son box, lorsque sa fille a pris la parole.

Le 29 avril 2008 à 10h, Geneviève se présente à la brigade de gendarmerie de l'Arbresle (Rhône) afin de signaler la disparition suspecte, depuis la veille, de son mari, Jean-Paul Drillard. Celui-ci aurait quitté le domicile familial avec son véhicule aux alentours de 20h et n'aurait plus donné signe de vie.

Ce mardi matin 15 février au tribunal, la fille de l'accusée explique : "Avant le drame, cela faisait plusieurs mois que ma mère n'avait pas donné signe de vie". "Elle aurait dû être prise en charge et se faire soigner pour sa dépression car elle était pour moi morte de l'intérieur". La fille semble encore sous le choc et avoue prendre réellement conscience de la réalité des faits grâce au procès. Elle a du mal à imaginer que sa mère ait pu agir ainsi.

"Elle n'a pas pu faire cela"

Mais le 2 mai 2008, alors que les recherches entreprises n'ont rien donné pour retrouver son beau-père. C'est sa mère, Geneviève, qui apporte de nouveaux éléments concernant cette disparition. Elle avoue aux policiers qu'elle sait où se trouve le véhicule et le corps de son compagnon. Il aurait été immergé dans un étang sur la commune de Chevinay à la suite d'un accident. Elle précise qu'elle n'a pas été en mesure de secourir son mari au moment des faits car elle a été prise de panique, sous l'influence de médicaments anti-dépresseurs. Sa soeur raconte aujourd'hui qu'elle "n'était vraiment pas bien ce jour-là" et qu'elle l'avait entendu dire à sa fille  : "j'ai poussé la voiture, j'ai poussé la voiture". La fille explique à la barre que sa mère était d'avantage susceptible de mettre fin a sa propre vie plutôt qu'à celle de son mari, "elle n'aurait jamais pu faire cela".

Mardi au tribunal, la fille de l'accusée a précisé que sa mère lui avait avoué avoir poussé la voiture dans l'étang. Elle ajoute : "mais pour moi, ma mère a pété les plombs du fait de l'accumulation de ses problèmes personnels". La soeur de l'accusée explique également que celle-ci lui avait confié au lendemain du crime avoir donné cinq somnifères à son mari, et avoir poussé le véhicule dans l'eau, avant de rentrer chez elle à pied.

L'accusée, 55 ans, les traits marqués est pourtant fortement soupçonnée d'avoir drogué son conjoint et de l'avoir conduit à bord de son véhicule près d'un étang, avant de le noyer, à quelques kilomètres du domicile conjugal.

"J'ai un secret à te dire, mais tu vas me prendre pour un monstre"

Au fil de l'audience, une forme de machiavélisme dans l'exécution du crime apparaît peu à peu. La défense n'y voit que l'expression d'une forme de désespoir. La soeur de l'accusé répétant à plusieurs reprises que sa soeur n'était vraiment pas bien avant le crime.

Selon les témoignages, peu avant son crime présumé, Geneviève "s'était repliée sur elle-même". Sa soeur avoue qu'elle était devenue dépressive trois mois avant les faits, et que le 29 avril 2008, elle lui avait confié : "j'ai un secret à te dire, mais tu vas me prendre pour un monstre".

Face à ces déclarations, dans son box, l'accusée n'exprime aucune réaction. Elle reste impassible, les yeux rivés sur le sol. Cependant, lorsque sa fille prend enfin la parole pour décrire l'attitude dépressive de sa mère ainsi que le caractère coléreux de la victime, Geneviève, ancienne aide-soignante, fond en larmes. Sa fille précise qu'elle n'avait pas vu la détresse de sa mère "sinon j'aurais tout fait pour l'aider et empêcher ce qui s'est passé".

Le 28 avril 2008 au soir, le couple avait prévu d'effectuer une promenade après le repas, vers l'étang de Verchères, à trois kilomètres de leur domicile. L'accusée reconnaît qu'elle aurait alors stationné le véhicule face à l'étang puis l'aurait laissé glisser. Geneviève avoue à mots couverts qu'elle avait bien décidé ce soir là, d'attenter à la vie de son mari.

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