L'aéroport Lyon Saint-Exupéry extension T1

Privatisation de St-Ex : recours rejetés par le Conseil d'Etat

L'association contre l'extension et les nuisances de l'Aéroport de Lyon St Exupéry avaient déposé un recours devant le Conseil d'Etat pour contester la privatisation de l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry via des décrets et le cahier des charges. Ce mercredi, le Conseil d'Etat a rejeté ces recours en estimant que les requérants ne "justifiaient pas d'un intérêt suffisant" pour demander de telles annulations. Une décision considérée par les requérants comme un "déni de démocratie".

"Aujourd'hui, il est de notoriété publique que cette vente s'est faite dans l'idée d'augmenter le trafic aérien. Dans le cahier des charges, il est clairement spécifié que l'objectif est de doubler le trafic dans les 10 prochaines années. Pour les habitants autour de la zone, il est évident qu'une augmentation de trafic signifie une augmentation des nuisances. Malgré toutes ces certitudes, le Conseil d'Etat dit que nous ne sommes pas habilité à agir. Mais à quel moment avons nous le droit de dire quelque chose ?" s'interroge Evelyne Lavezzari, présidente de l'Acenas, une association des plus de 6000 adhérents dans l'Ain, l'Isère et le Rhône qui représente les intérêts des plus de 100 000 riverains de l'aéroport.

Ce mercredi, un communiqué du Conseil d'Etat statuait que ni cette association, ni les syndicats de transporteurs aériens ne seraient en position de demander l'annulation des décrets qui privatisent les aéroports de Lyon et de Nice et les cahiers des charges qui vont avec. "C'est quand même assez grave" poursuit Evelyne Lavezzari, "c'est un revirement total de la justice puisque jusqu'à présent, dans des cas similaires, les riverains avaient la possibilité d'intervenir en justice et d'être écouté". Ainsi, les recours des riverains proches de l'aéroport de Toulouse n'avaient, eux, pas été déclarés irrecevables.

D'autres recours sont engagés par l'association, dont un sur le choix du consortium conduit par la multinationale Vinci comme bénéficiaire de la cession de 60 % des parts de l'aéroport qui appartenaient à l'Etat. Malgré ce premier rejet par le Conseil d'Etat, Evelyne Lavezzari reste confiante. "Je pense que nous avons raison d'essayer de défendre la santé des 100 000 personnes qui habitent autour de l'aéroport. L'OMS reconnaît officiellement que le fait d'avoir un sommeil perturbé à un impact sur la santé avec une augmentation des risques de maladies cardiaques, d'AVC et pour les enfants des retards d'apprentissages jusqu'à 6 mois. D'autant plus qu'un avion au décollage, c'est l'équivalent de 1000 voitures en rejet de CO2. Nous n'avons pas gagné sur ce coup-ci, mais nous restons totalement déterminés" indique la présidente de l'Acenas.

"Les effets négatifs sont mis sous le tapis"

"Aujourd'hui il y a un lobby très puissant au niveau de l'aéroport pour aller dans le sens du développement. Nous ne sommes pas contre le développement, mais nous sommes pour qu'il soit raisonné et raisonnable, qu'il apporte quelque chose à la région et qu'on ne mette pas sous le tapis les effets négatifs. Or aujourd'hui, c'est ce qui est en train d'être fait" constate Evelyne Lavezzari, qui estime que seules les nouvelles liaisons sont mises en avant, ainsi que l'aspect voyage, puisque 70 % du trafic serait celui de voyageurs vacanciers. Des vols qui, généralement, décolleraient plutôt la nuit pour des raisons de rentabilité, sans forcément considérer les nuisances subit par les riverains.

Si ce n'est pas complètement l'objet de l'association, sa présidente indique également que pour elle, la privatisation pose question. "Cette privatisation s'est faite par l'utilisation du fameux article 49-3 [dans le cadre de la loi Macron, ndlr], c'est une décision qui a, dès, le départ, été imposée. À mon avis, chacun est aussi en droit de se demander si un aéroport profitable est mieux dans les mains de l’État ou dans celles d'une société privée, la même qui gère les autoroutes en France. Lorsque l'on réfléchit à cela et qu'ensuite, lorsque les riverains évoquent les nuisances qui seront liées au développement de l'aéroport, on nous dit que ce n'est rien et on ignore notre existence, ce n'est pas acceptable dans ce qu'on appelle une démocratie" conclut-elle.

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