Les occupants du TNP et de l’Opéra de Lyon ont mené une action de blocage au Carrefour de Villeurbanne le vendredi 7 mai au matin. Photo : Occupation TNP 2021

Métropole de Lyon : le Carrefour de Villeurbanne bloqué par des militants contre la précarité

Vendredi 7 mai au matin, un groupe d'occupants du Théâtre National Populaire et de l'Opéra de Lyon ont bloqué les caisses du magasin Carrefour rue Anatole France à Villeurbanne. Ils protestaient contre la réforme de l'assurance-chômage et la hausse de la précarité.

C'est à un drôle de spectacle que les clients et employés du magasin Carrefour de Villeurbanne ont assisté ce matin. Environ 70 personnes, déguisées en robin des Bois, ont bloqué les caisses du supermarché avec des caddies. Ces manifestants sont les occupants du TNP et de l'Opéra de Lyon, investis depuis mars par des acteurs du monde culturel et des étudiants.

Pendant 1 heure 30, munis de mégaphones, ils ont demandé à la direction de leur fournir des biens de premières nécessités pour pouvoir les redistribuer. Selon les manifestants, ils ont pu repartir avec trois caddies donnés par la direction à l'issue d'une négociation."La direction n'était pas ravie au début, forcément, raconte Camille, une manifestante et occupante du TNP, puis un accord à été trouvé."

À la sortie, ils ont été entourés d'une nasse policière qui a procédé au contrôle de leur identité avant de les laisser repartir. Les denrées, principalement du pain, des pâtes et produits d'hygiène, ont ensuite été redistribuées dans la rue sur le chemin du retour jusqu'au TNP.

Contre la réforme de l'assurance-chômage et en soutien aux employés de Carrefour

"Nous avons décidé d'attaquer au porte-monnaie comme nous sommes nous-mêmes attaqués au porte-monnaie", explique Camille. La militante fait référence à la réforme de l'assurance-chômage, qui prévoit de revoir le mode de calcul du salaire journalier de référence pour le versement des allocations chômage.

Cette réforme pourrait diminuer les revenus de plus d'un million de demandeurs d'emploi, avec en première ligne les CDD, les saisonniers, les intérimaires et... les intermittents du spectacle. Pour les militants, cette action menée à Carrefour visait à "redistribuer la richesse indécente des multinationales".


"Nous avons décidé d'attaquer au porte-monnaie comme nous sommes nous-mêmes attaqués au porte-monnaie", explique Camille, occupante du TNP qui a participé à l'action.


"Nous avons aussi voulu coupler cette action à un soutien aux employés de Carrefour", poursuit Camille. "Nous sommes contre l’exploitation des salarié.e.s et des sous-traitants (ici Cogepart) de la grande distribution (cadences infernales, management par la terreur…)", développe le communiqué de presse des occupants.

Les "vendredis de la colère"

Ce blocage du Carrefour s'inscrit dans un calendrier national de la coordination des lieux culturels occupés en France. Tous les vendredis, des actions sont menées par les occupants. "Ce ne sont pas forcément des actions coup de poing", explicite Camille. Il peut s'agir de performances artistiques, de sensibilisation devant des Pôles Emploi, ou comme ici de blocage et redistribution de nourriture.

Nous avons cherché à contacter le Carrefour de Villeurbanne qui n'a pas donné suite à nos sollicitations.

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