SOS médecin en consultation
© Tim Douet

Médecine - accès aux soins : une fracture sanitaire dans le Rhône

Quatre ans après son premier état des lieux de l’accès aux soins dans le Rhône, l'UFC Que Choisir vient de publier les résultats de sa nouvelle étude sur la fracture sanitaire ou de fortes disparités existes dans le Rhône.

Cette étude aborde la problématique de l'accès au système de santé sous l'angle géographique et financier en fonction de quatre spécialités de médecines en tenant compte des tarifs les plus fréquents : généralistes, ophtalmologistes, gynécologues et pédiatres.

Selon leur étude “l’accès aux médecins libéraux devient de plus en plus compliqué. Ainsi, depuis 2012, 2 % des Rhodaniens ont vu leur accès géographique aux médecins généralistes reculer. Et cet élargissement des déserts médicaux concerne davantage encore les spécialistes : 22 % des habitants du département ont vu se réduire leur accès aux pédiatres, 14 % pour les ophtalmologistes et même 80 % aux gynécologistes”, expliquent-ils.

Un accès encore plus compliqué vers les spécialistes

En 2016, et malgré la forte concentration sur la métropole, et indépendamment des tarifs, c’est encore 2 % de la population du département qui vit dans un désert médical pour l’accès aux généralistes, et 7 à 8 % pour les spécialistes”, poursuit l'étude.

Une fois le médecin trouvé, il faut ensuite le payer et les dépassements d'honoraires pratiqués par un grand nombre de spécialistes éloigne une partie de la population des soins explique le rapport : “Si les médecins généralistes pratiquent peu de dépassements d’honoraires, ils sont en cours de généralisation chez les spécialistes. Ainsi, si l’on considère l’accès aux ophtalmologistes, ce sont 38 % des Rhodaniens qui peinent à trouver un médecin au tarif de la sécurité sociale (contre 7 % pour le seul aspect géographique). Et trouver un gynécologue au tarif opposable ne sera pas une sinécure, par exemple dans les communes de Cours la Ville, Thurins et Saint-Martin-en-Haut.

Plusieurs propositions

L'UFC- Que Choisir appelle aujourd'hui les pouvoirs publics à “mettre en œuvre une politique ambitieuse pour garantir l’accès de tous à des soins de qualité”. Ils énoncent deux propositions :

La fermeture de l’accès au secteur 2 : les effets délétères du secteur 2 (dépassements d’honoraires libres) ne sont plus à prouver. Le Contrat d’accès aux soins (dépassements encadrés) ne pourra produire ses effets que s’il cesse d’être facultatif, pour devenir le substitut du secteur 2 dont l’accès doit être fermé.

Un conventionnement sélectif des médecins : toute nouvelle installation dans un territoire où l’offre est surabondante ne doit pouvoir se faire qu’en secteur 1 (sans dépassements d’honoraires), ce qui permettra une meilleure répartition géographique des médecins.

Une carte interactive de la fracture sanitaire en France gratuite est disponible sur le site internet de l'UFC Que Choisir.

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