Mariage pour tous : “La France entière se lève”, selon Barjot

Alors qu’une manifestation d’opposition au mariage pour tous est prévue à Lyon le 5 mai prochain, Frigide Barjot était de passage entre Rhône et Saône pour réclamer le retrait de la loi et affirmer que “ce qui arrive de violent” ne dépend pas de son mouvement.

45 000 ou 270 000. Les chiffres sur le nombre de participants à la manifestation d’opposition à la loi Taubira ce dimanche sont encore pour le moins imprécis. Lors de son passage à Lyon le 19 avril dernier, Frigide Barjot, la pasionaria de la lutte anti-mariage gay avait annoncé espérer voir entre 30 000 et 50 000 militants dans les rues de Paris.

Vendredi en fin d'après-midi, elle avait donné rendez-vous aux journalistes dans un établissement du 6e arrondissement de Lyon, dans le quartier des Brotteaux. Avec près d’une heure de retard, la figure de proue du mouvement d’opposition pointe le bout de son nez.

Avant de commencer, une petite mise au point s’impose. “Nous attendons de vous un travail objectif et transparent. Ne travestissez pas la réalité !” prévient d’entrée Frigide Barjot. Après cette petite précision qui semblait lui tenir à cœur, elle entre dans le vif du sujet et dévoile aux journalistes le programme des futures manifestations estampillées “la manif pour tous”, évoquant celle de Paris, puis celle de Lyon le 5 mai avant un retour à Paris le 26 mai.

Frigide Barjot tient toutefois à préciser, à propos de l’enchaînement de ces manifestations, que “tout s’arrête quand le président de la République le veut !”, c’est-à-dire quand la loi passera à la trappe ou sera totalement modifiée.

Les violences ? “C’est la faute au Gouvernement”

Lorsqu’on lui pose la question de l’éventuelle responsabilité de son mouvement dans la montée de l’homophobie et des actes de violence, la réponse est très claire. “Tout ce qui arrive de violent, c’est après la manif, ça ne dépend pas de nous.

Qui serait alors responsable ? Selon Frigide Barjot, le Gouvernement, qui aurait “tendu l’opinion en accélérant les choses”. Elle parle d’abord du vote au Sénat qui s’est fait à main levée et “pif, paf, pouf, c’était fini”. Ensuite, elle a été sidérée par le fait que le projet de loi ait été “précipité à lundi”. “Vous pouvez comprendre le coup de sang”, conclut-elle.

Les jeunes qui méditent et chantent

Au sujet de son combat, Frigide Barjot s’enflamme : “La France entière se lève”, clame-t-elle. À raison apparemment puisqu’“ils nous cachent la vérité”. Et la vérité, c’est que cette loi serait “imposée par des lobbys de laboratoires pharmaceutiques”.

Elle parlera ensuite des veilleurs”. Ces jeunes qui, après une manifestation, s’assoient tous pour méditer, prier et chanter en brandissant des images de Gandhi. En parlant de ces jeunes manifestants pacifistes qui ne sont qu’amour, Mme Barjot s’indignera : “Est-ce que vous allez continuer à les traiter de fachos ? Est-ce que vous allez continuer à les mettre dans des fourgons de CRS ?” questionnera-t-elle, des trémolos dans la voix.

En conclusion, Frigide Barjot expliquera que, même si elle appelle au calme, “c’est aux gens qui sont aux manettes de l’État et des villes d’apaiser les tensions” et que son collectif fait “jouer la vie démocratique”.

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