Lyon : une série d'infographies sur l'Anneau des sciences et ses impacts

Après six mois de travail, Alternatiba vient de publier une série d'infographies sur la future autoroute urbaine de l'Anneau des sciences à Lyon, censée boucler le périphérique à l'ouest. Impacts, alternatives, limites... cette série revient sur l'ensemble du projet, considéré comme "non écologique".

À Lyon, la guerre de l'Anneau des sciences a bien commencé. De nombreuses voix s'élèvent contre ce projet d'autoroute urbaine, censé boucler le périphérique à l'ouest, à l'horizon 2030. Gérard Collomb en a fait l'un des axes majeurs de sa campagne, qualifiant le projet "d'écologique" grâce à l'innovation technologique, même si les dernières études tendent à ne pas aller dans ce sens (lire ici).

Après six mois de travail, le mouvement citoyen Alternatiba/ANV Rhône vient de livrer une série d'infographies sur les conséquences écologiques du projet et les alternatives imaginables. "Cette publication est l’aboutissement de 6 mois d’analyse de rapports d’expertise, d’étude des documents de planification territoriale… C’est une appropriation citoyenne des politiques de déplacement face à l'entêtement de nos politiques locaux dans des aménagements tout routier alors qu’il est urgent de sortir du modèle dépassé centré sur la voiture individuelle”, indique Valentin Borges, militant d’Alternatiba/ANV Rhône.

Des conséquences sur la qualité de l'air et la biodiversité 

Le mouvement, notamment à l'origine des marches pour le climat, rappelle que le tracé de l'autoroute se situe sur "une dizaine d’établissements scolaires, maison de retraite, hôpitaux et l'écoquartier de la Saulaie à Oullins. Ces établissements se trouvent à moins de 500m des 7 échangeurs, ils seront directement affectés par la pollution de l’air issue de la circulation automobile, faisant courir un risque sanitaire important à des publics vulnérables. L’étude d’impact du projet met également en avant les conséquences pour la biodiversité : incidence sur l’écoulement des eaux, perturbation des écosystèmes, pollution chronique issue de la circulation des voitures… ". 

"Un projet climaticide"

À travers ce travail, Alternatiba souhaite également proposer un éventail d’alternatives à ce projet estimé à 4 milliards d'euros au minimum (au-delà de 6 milliards selon plusieurs sources en fonction du mode de financement choisi).  "Il s’agit d’alerter les citoyennes et citoyens des lourds impacts de ce projet, et de montrer que des solutions alternatives existent pour que les nuisances actuelles du trafic routier diminuent sur toute la métropole sans les déporter sur un nouvel axe en périphérie. Les candidats doivent définitivement abandonner l’Anneau des Sciences qui est un projet climaticide, en totale incohérence avec les changements radicaux de mobilité aujourd'hui nécessaire", complète Élise Lebreton d'Alternatiba.

La série sur les impacts peut être consultée en cliquant ici, celle sur les alternatives est accessible en cliquant ici.

En 2013, le débat public autour de la question de l'Anneau des sciences avait conclu : "la réalisation de l’infrastructure routière, très attendue par les élus et les entreprises, est vivement contestée par une part significative d’habitants (étalement urbain, nuisances importantes) en raison notamment des problèmes sanitaires et de la qualité de l’air aux abords des sorties de tunnels". Sept ans plus tard, la question écologique et climatique semble être encore plus prégnante dans les débats, ce qui pousse certains candidats à sortir la peinture verte, même pour une autoroute.

Alternatiba impacts de l'anneau des sciences à Lyon

12 commentaires
  1. Galapiat - 23 janvier 2020

    Commençons par le début , si le maillage prévu présenté comme une bonne chose , à vérifier, l'Anneau des science serait réalisable à court terme . Vous savez maintenant à quoi vous vous engagez avec l'utopie verte, On interdit d'abord, on réfléchit ensuite avec pour seul plan d'étude, virer la bagnole.

  2. Galapiat - 23 janvier 2020

    la vrai cause de cette pollution , l'énorme masse de plus de 19 tonnes la plus part étrangers qui circulent dans ce nœud infernale d'autoroutes que l'on a toutes centralisées sur la zone. Surement pas le gars qui utilise sa Clio Diesel de 2004 pour se rendre au boulot le matin à 3 heures.

  3. laurent.lamatiere@arthur-loyd.com - 23 janvier 2020

    Cette étude est vraiment trop à charge pour être crédible... et je constate dans les exemples pas mal d'incohérences qui vont dans le même sens cad contre l'ADS ex : les trajets trains+TCL à 1.76€... ! sans compter les coûts et émissions de voitures : quelles voitures ? petites ou grosses ? ça ne veut rien dire, d'autant plus que si l'ADS se réalise un jour, il y aura sans doutes bcp de voitures électriques qui l’emprunteront... donc dans ce cas : coût et émissions proche de zéro !

    1. Galapiat - 23 janvier 2020

      voitures électriques ? émissions proches de zéro? toutes les études sérieuses donnent l'équivalent de 80000km quand le véhicule sort neuf de l'usine, on oubliera batterie et les éléments la constituants. Pour l'instant, le véhicule écolo existe petit diesel 1.2d sans gadgets inutiles,

      1. Abolition_de_la_monnaie - 23 janvier 2020

        😀
        Bon ben on sait maintenant quel véhicule vous possédez ! 😀
        (et on sait aussi pourquoi vous ne voulez pas l'abandonner... l'impression qu'on menace votre liberté de vous déplacer à vous).

        L'anneau de la pollution, c'est un endettement gigantesque pour empoisonner l'avenir encore plus.
        Des amateurs pour assumer pleinement cela sans être déjà à la retraite et laisser ce cadeau empoisonné aux générations futures ?

  4. nonmaisallo - 23 janvier 2020

    Tous les articles de Lyon Capitale sont à charge contre l'ADS...
    Peut-on avoir les liens des études de traffic ? j'ai du mal à croire que le traffic A6-A7 ne représente que 10%

    1. Florent Deligia - 23 janvier 2020

      Bonjour, pour a6/a7, même les candidats qui défendent l’anneau des sciences sont sur ces chiffres :
      - 115 000 véhicules jours
      - 16 000 en transit

      Ce sont les chiffres de la métropole
      https://met.grandlyon.com/le-declassement-de-lautoroute-a6-a7/

  5. gintonic - 23 janvier 2020

    papy Gégé et bon nombre de lecteurs de LYC ont pas comprit que les 60-70's et le tout automobile c'était fini?
    l'avenir est aux TC, train, vélo, télétravail, fin du consumérisme avec tous ses camions qui transportent de la m**de inutiles...

  6. bolivier - 23 janvier 2020

    Le plus gros problème c'est que l'on se base des 2 côté pro et anti, sur une vision avec des véhicules thermiques. Or dans 20 ans personne ne connaît ta le mode de transport utilisé
    Thermique
    Électrique
    Hydrogène

    Depuis l'apparition de l'homme celui-ci ne cherche qu'à se déplacer à pied, à cheval .... Et je pense que cela ne changera pas on est entre 2 périodes et il faut investir dans des choix avant d'être face au mur et actuellement nos politiques ne font ces choix que pour plaire à leurs électorats

  7. Bernard Girard - 24 janvier 2020

    Les véhicules électriques et à hydrogène nécessitent également une source d''énergie pour avancer, et la production de cette énergie génère des gaz à effets de serre ou/et des polluants.

  8. Christophe G. - 24 janvier 2020

    Les "alternatives" ne sont pas crédibles. L'un des arguments se base sur le fait que l'est lyonnais est déjà desservi par le tram. Mais ça n'a rien à voir , et surtout ça ne fonctionne pas. Je mets autant de temps pour faire Mions-Gerland (est -> ouest) que pour faire Ecully-Gerland (ouest-> est) par les transports en commun.
    Le tram ou le métro, ça ne change rien sauf si on habite juste à coté (ce qui n'est le cas que d'une infime partie des habitants de chaque coté de Lyon). Sinon, on doit toujours prendre les bus pour rejoindre le tram ou le métro, bus qui vont être bloqués au milieu des bouchons, aqui ont une fréquence dérisoire et une capacité limitée.
    Fluidifier le trafic routier par l'anneau des sciences fluidifierait aussi de fait les transports en commun et donneraient peut être plus envie aux gens de les prendre, réduisant le trafic routier (qui de toute façon serait moins polluant s'il y a moins de ralentissements). Un cercle vertueux.

    1. Bernard Girard - 24 janvier 2020

      En somme votre raisonnement Christophe G., c'est : "les transports en commun ne sont pas satisfaisants, donc construisons une autoroute" ? Bizarre !
      J'ai du mal à piger une telle "logique".

      Il n'y a aucun cercle vertueux.
      Même Alternatiba s'est fait avoir en indiquant sur leur tract "55.000 à 70.000 véhicules par jour soit 116 tonnes de CO2".
      En réalité l'anneau d'essence enlèvera peut être cette quantité de véhicules des anciennes A6 et A7 et du tunnel sous Fourvière, mais il va générer un trafic de plus de 200.000 veh./jour sur les uns ou les autres de ses six tronçons.
      Ce n'est pas un chiffre de mon invention, mais l'ingénieur de la Métropole chargé de présenter l'AdS lors du Débat public de 2012 qui l'a déclaré au cours d'une réunion de travail.

      D'ailleurs Gérard Collomb part sur les même bases quand il soutient que "l'Ads rapportera 364 millions euros par an sur la base d'un péage de 2,2 euros pour une berline de classe 1"
      (cf. son discours devant le Medef rapporté par le Progrès de Lyon du 27 novembre 2019 https://www.leprogres.fr/edition-lyon-villeurbanne/2019/11/27/gerard-collomb-reste-ferme-sur-l-anneau-des-sciences-programme-elections-metropolitaines-lrem-madrid-tunnel-peage ).
      Le calcul est simple : un million euros par jour, payé par 454 545 berlines de classe 1 à raison de 2,2 € chacune.
      (il faudrait un péage à 15 euros pour que 66.000 véhicules rapportent un million € par jour, mais qui payerait 15 euros à chaque passage ?).

      Aucun cercle vertueux donc, puisque l'AdS n'a pas les capacités géométriques suffisantes pour accueillir le nombre de véhicules nécessaires à sa rentabilité.
      Il aura un déficit structurel et éternel, que la Métropole devra compenser, avec des ressources financières tirées de nos poches, et qui manqueront pour accroître et développer les services de transports en commun, les aménagements en faveur des vélos, et d'un urbanisme des courtes distances.

      J'ai l'impression que Gérard Collomb et les gens qui le soutiennent pour l'anneau d'essence ne saisissent pas du tout qu'il faut changer de paradigme, et rapidement : La course à la croissance est en train de réunir les conditions d'une vie très difficile pour la majorité des êtres vivant sur cette planète. (dont les patrons de Vinci, Colas ou autres ne font peut être pas partie)

      Il devient urgent de rouler moins motorisé, et ... de devenir végétariens (même si là, on s'éloigne de la problématique de l'anneau).

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