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Lyon : un RSA jeune pour les 18-25 ans de la Métropole de Lyon, bientôt aussi à la région ?

La Métropole de Lyon a voté ce lundi le déploiement de manière expérimentale d'un « Revenu de Solidarité Jeunes » (RSJ) sur son territoire pour les 18-24 ans sortis du système scolaire, sans soutien et en situation de précarité. La candidate écologiste à la région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabienne Grébert, propose un dispositif semblable à l'échelle régionale. Décryptage.

Ce lundi, la Métropole de Lyon a voté le déploiement de manière expérimentale d'un « Revenu de Solidarité Jeunes » (RSJ) sur son territoire pour les 18-24 ans sortis du système scolaire, sans soutien et en situation de précarité (lire tous les détails ici). Les étudiants ne sont pas concernés par ce "RSJ". Environ 2 000 jeunes, habitants dans la Métropole de Lyon, sont "visés" par ce dispositif et les premiers montants devraient être alloués au mois de juin 2021. Des montants d'environ 400 euros par mois.

Ce mardi, après une table ronde avec divers représentants d'organisations de jeunesse, la candidate écologiste à la région Auvergne-Rhône-Alpes (élections en juin 2021), Fabienne Grébert, a notamment proposé, s'il elle est élue, de lancer le chantier d'un revenu d'autonomie pour les jeunes de 18-25 ans de la région vivant sous le seuil de pauvreté. 50 000 personnes sont "visées" par ce dispositif. 400 euros pourraient être versés à chaque jeune.

Ne pas oublier les jeunes des zones rurales, des territoires péri-urbains

"Je considère que j'ai un devoir, en tant que future présidente de région, celui d'assurer un revenu à des jeunes de 18 à 25 ans, explique Fabienne Grébert. La Métropole de Lyon n'a pas attendu la région pour financer un revenu d'autonomie. Ce n'est peut-être pas là (dans la zone de la Métropole de Lyon) où la région sera la plus utile. La région, elle sera peut-être utile dans des villes qui ont peut-être un peu moins de moyens financiers, qui ont des jeunes en précarité, dans des territoires ruraux, péri-urbains. Là, on se doit d'être en soutien. On a besoin de garder notre jeunesse dans nos campagnes, dans nos petites villes. Il faut soutenir les jeunes, parfois entre la fin des études et le 1er emploi. La région a un rôle à jouer. Si une région, un pays, ne soutient pas sa jeunesse, c'est très inquiétant".

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A Lyon, ce mardi, Benoît Hamon, l'ancien candidat PS à la présidentielle 2017 et Sandrine Rousseau, candidate aux primaires écologistes à la présidentielle 2022, sont venus soutenir Grébert. Ils ont longuement discuté avec des représentants d'organisations de jeunesse. "Les jeunes, ils ont envie qu'on les considère, même s'ils n'ont pas d'emplois, autrement que comme des consommateurs de connaissance à l'université ou que de potentiels employés. Ils manquent d'espoir. Ils parlent de détresse psychologique, de violence symbolique. Ce qui m'a frappé, c'est qu'on les considère uniquement comme des acteurs économiques potentiels, qui ont un coût et qui doivent rapporter. Mais ce sont des êtres de chair, avec des sentiments, des ressentis, des émotions, des valeurs", poursuit Grébert.

"On a échangé pendant deux heures, sur la santé mentale, sur la précarité, sur les aides alimentaires, sur la problématique du logement, des transports. C'était très instructif", souligne Jean-Baptiste, du syndicat Solidaires étudiants.

"Ils étaient à l'écoute. Les mesures, prises à la Métropole de Lyon, celles proposées par la candidate à la région, je les trouve encourageantes. Le RSA pour les jeunes, c'est une bonne mesure. Pour les étudiants, il faut prendre des mesures au niveau national, augmenter le nombre de boursiers, augmenter le montant des bourses. Il faut plus de mesures pour les jeunes qui se sentent oubliés par la région et le gouvernement", poursuit Jean-Baptiste.

Hamon : "Un dispositif qui essaye de combler les trous dans la raquette"

Ce "revenu d'autonomie", il est évidemment vu favorablement par Benoît Hamon, lui qui a défendu l'idée d'un revenu universel pendant l'élection présidentielle 2017. "C'est un dispositif qui essaye de combler les trous dans la raquette. Mais les limites de ce genre de dispositif, c'est que d'une ville à une autre, certaines agissent, d'autres pas. Donc il y a une vraie rupture d'égalité en France par rapport au minimum décent pour vivre. Il faudrait évidemment, au niveau national, étendre le principe du RSA aux 18-25 ans", souligne Benoît Hamon.

"A la fois je me réjouis que ces questions soient désormais dans les priorités de certaines majorités municipales ou locales, mais en même temps ce n'est qu'une première marche. Cette marche, elle a été montée dans la Métropole de Lyon, mais dans d'autres villes elle ne l'est pas. Dans d'autres collectivités, elle ne l'est pas. Et même si elle a été montée ici, il y a plein d'autres étapes qui relèvent des actions du Parlement et du gouvernement. Ils sont tragiquement absents de cette question sociale aujourd'hui", conclut l'ancien candidat à la présidentielle en 2017.

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