Une classe de collège
© Tim Douet

Lyon : un professeur de collège pris à partie suite à des propos sur la laïcité, ses collègues en grève

Un professeur du collège des Battières, dans le 5e arrondissement de Lyon, a été pris à partie début novembre par un parent d'élève après un cours et des propos sur la laïcité, quelques jours après l'assassinat de Samuel Paty. Ses collègues professeurs sont en grève ce lundi. Ils regrettent le manque d'un "acte fort" du rectorat et des institutions après cette prise à partie.

La scène s'est passée début novembre au collège des Battières, dans le 5e arrondissement de Lyon. Un professeur a été pris à partie par un parent d'élève après avoir évoqué la laïcité lors d'un cours. Quelques jours après l'hommage à Samuel Paty, le professeur décapité en région parisienne.

"Un collègue a été pris à partie par un parent d'élève suite à des propos tenus concernant la laïcité pendant un cours. Ses propos ont été déformés et détournés. Surtout, le parent d'élève a été très intrusif quant à ce que le professeur avait le droit de dire ou de ne pas dire pendant son cours", raconte une collègue, professeure elle aussi au collège des Battières, dans le 5e arrondissement de Lyon. "Les parents n'ont pas présenté d'excuses. Il y avait une ingérence et une intrusion de la part de ce parent quant au contenu du cours de notre collègue. C'est ça qui nous inquiète, à travers lui c'est nous tous qui sommes touchés. On peut tous être remis en question sur le contenu de nos cours", précise la professeure.

Choqué, le professeur a ensuite été en arrêt maladie. Il a aussi porté plainte au commissariat. Un des enfants du parent d'élève est ensuite venu avec une arme blanche au collège, juste avant les vacances scolaires de Noël.

Le professeur pris à partie veut changer de collège

La famille a été reçue par la direction du collège peu après la prise à partie. Elle a été convoquée par le rectorat mi-décembre, mais ne s'est pas présentée au rendez-vous.

Le professeur, lui, a pris la décision de changer de collège."Il a attendu une réponse de l'institution, du rectorat, qui a fortement tardé à venir et qui ne nous satisfait pas. Il n'y a pas eu d'acte fort de l'institution suite à cette prise à partie, poursuit la professeure. Ca s'est passé une semaine après l'hommage rendu à Samuel Paty dans notre établissement. Le gouvernement a fait beaucoup de déclarations quant à la défense de la laïcité. Et notre collègue n'a pas été soutenu tel qu'il aurait dû l'être".

Les professeurs regrettent le faible soutien des institutions

Des collègues professeurs sont donc en grève ce lundi. Que demandent-ils ? "On ne peut pas redemander sa réintégration car lui ne veut plus. Il a été trop malmené dans cette histoire. Ce qu'on aimerait, c'est que cette famille soit reçue au rectorat, recadrée et peut-être changée d'établissement", ajoute la professeure de l'établissement.

Contacté, le rectorat de Lyon nous indique qu'il "est informé de cette situation et la suit avec attention". L'inspecteur d'académie recevra ce mardi 5 janvier en fin de journée en audience une délégation. Une communication du rectorat sera effectuée mardi après cette audience.

Lire aussi :  Lyon : professeur pris à partie suite à des propos sur la laïcité, Samuel Paty avait débuté dans ce même collège

15 commentaires
  1. Abolition_de_la_monnaie - lun 4 Jan 21 à 17 h 47

    Voilà le résultat de "surtout pas de vague"...

    1. vive_la_monnaie - lun 4 Jan 21 à 20 h 12

      Non non, c’est la faute à l’argent :o)

      1. Abolition_de_la_monnaie - lun 4 Jan 21 à 22 h 38

        Vous n'avez pas compris que c'est lié à "surtout pas de vague" ?
        🙂

      2. JANUS - mar 5 Jan 21 à 10 h 06

        Pour un fois Abolition nous évite ses leçons pontifiante et donne une opinion réaliste !

  2. raslebol69 - lun 4 Jan 21 à 22 h 54

    "La famille a été reçue par la direction du collège peu après la prise à partie. Elle a été convoquée par le rectorat mi-décembre, mais ne s'est pas présentée au rendez-vous."
    Et qu'à fait le commissariat alors qu'il avait porté plainte? Rien?

    1. JANUS - mar 5 Jan 21 à 10 h 17

      En une dizaine d'années, la France a plongé. Mais le fond de la piscine n'est pas encore atteint !

    2. JANUS - mar 5 Jan 21 à 18 h 52

      Cela s'appelle le "en même temps"

  3. romainderlon - mar 5 Jan 21 à 3 h 00

    La grande lâcheté de l'État en général et de l'Éducation nationale en particulier. Cela fait trente que ça dure et rien n'a changé après l'assassinat de Samuel Paty. Rien. Combien faudra-t-il encore de morts ?
    Ce n'est pas au professeur à changer d'établissement. C'est aux enfants de ce père de famille d'être renvoyés et au parquet de poursuivre le père. Mais ça c'est ce qui se passe sur la planète Mars...

  4. Linea - mar 5 Jan 21 à 10 h 01

    Tout mon soutien à la délégation. Courage aux professeurs qui ne se laissent pas faire. Pourvu qu il ne soit pas trop tard. Éducation nationale soyez à la hauteur

  5. JANUS - mar 5 Jan 21 à 10 h 08

    En une dizaine d'années, la France a plongé. Mais le fond de la piscine n'est pas encore atteint !

  6. Jol - mar 5 Jan 21 à 21 h 11

    je viens de lire sur le progres que la plainte avait été classée sans suite ?
    si c'est le cas le petit genie qui a fait ca devrait changer de métier

  7. Limas69 - mar 5 Jan 21 à 21 h 50

    Petit à petit notre pays dérive ... tous ces "renoncements" et "sentiments d'impunité" nous apporterons les extrêmes au pouvoir, et ce ne seront pas des pastèques ...

    1. Abolition_de_la_monnaie - mar 5 Jan 21 à 22 h 11

      S'il dérive, c'est au niveau des connaissances, et la place de la France dans les classements internationaux le démontre clairement.
      Et on fait des "réformes" qui n'ont souvent qu'un but "faire des économies".

    2. JANUS - mar 5 Jan 21 à 22 h 47

      Les pastèques sont déjà des extrémistes qui soutiennent de nombreux mouvements populistes, démagogiques, subversifs !

  8. Galapiat - mer 6 Jan 21 à 8 h 11

    rectorat courageux ??, un oxymore type. Voici une des raisons du succès de l'enseignement privé, l'élève aurait été viré immédiatement, Sans le soutien passif au sein de l'établissement, l'individu n'aurait jamais osé pareil propos, On note aussi l'absence de réaction coté Blanquer plus prompt à intervenir sur le Covid que sur la défense de ses troupes. .

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