Photo : Yann Rossier

Lyon : les colocations étudiantes ne sont plus le bon plan

Comme chaque rentrée, l’obtention d’un logement est toujours difficile pour les étudiants. Les places en colocation ne font pas exception. 

Alors que les étudiants ont du mal à trouver des appartements où se loger, beaucoup se tournent vers les colocations. Cependant, même de ce côté-là, la situation n’est guère préférable. Victor vient d’arriver à Lyon pour un master en géographie. Comme il travaillait à Nantes tout l’été, il n’a pas pu trouver un logement plus tôt. "Je viens juste de commencer mes recherches, mais c'est galère... Il n’y a pas beaucoup de logements", raconte-t-il, surpris. Il loge pour l’instant en auberge de jeunesse et sa rentrée est dans cinq jours. Il cherche une place en colocation, mais n’en trouve pas : "Je m'attendais à plus de choix pour une ville comme Lyon. Même pour des trucs pas terribles. Là, j'ai l'impression de voir les mêmes quinze annonces sur tous les sites de location", narre-t-il abasourdi. 

"À 1h du matin, j’avais déjà reçu trente appels"

Du côté des offreurs, le constat est similaire. Dominique est musicienne et travaille à l’Opéra de Lyon. Elle habite une belle maison à Cuire, une commune du Nord-ouest lyonnais située à proximité du quartier de la Croix-Rousse. Elle y loue une annexe de son logement, autrefois habitée par ses deux filles : "On leur avait aménagé cet espace pour qu’elles puissent se sentir un peu plus indépendantes. Quand elles sont parties, on s’est dit que cela pouvait servir à des étudiants." C’est un appartement sur deux étages, avec deux chambres de 30m² sous les toits, une grande salle de bain et une cuisine faisant également office de pièce à vivre. Depuis trois ans, Dominique propose ses chambres à 450 euros par mois, charges comprises et chaque année, c’est pareil : "L’appartement a beaucoup de succès. Dès que j’active l’annonce sur la Carte des Colocs, j’ai énormément de propositions. Je la désactive rapidement, sinon je suis submergée de demandes".

Arthur aussi a posté une proposition de colocation, mais cette fois sur le Bon Coin. Cet étudiant de 19 ans se rappelle très bien de ce moment : "Il était aux alentours de 23h30. À 1h00, j’avais déjà reçu trente appels”, raconte-t-il encore sidéré. Le jeune homme, comme notre propriétaire quinquagénaire a dû aussi la supprimer rapidement. "L’annonce était en ligne le 26 août et le 28, je l’ai effacé", relate-t-il. En à peine 18 heures, le jeune homme avait reçu 120 appels, 40 messages sur Le Bon Coin et 30 textos. 643 personnes avaient vu son annonce et cela en moins de 48h.

"C’est la deuxième ville la plus prisée après Paris"

"Concernant Lyon, il y a un rapport moyen d'une offre pour six demandes, ce qui est l'un des ratios les plus élevés en France, après Paris", relève Thibaut Ehrhart de la Carte des Colocs, un site gratuit mettant en relation des personnes offrant et recherchant des colocations en France. Ce chargé de communication et marketing a noté une forte tension sur le marché de la colocation, particulièrement à Lyon : “ Cette ville en est bien dotée. C'est la deuxième la plus prisée sur La Carte des Colocs, après Paris”. Il relève néanmoins un écart entre la période de l'offre et celle de la demande. "Le pic d'offre se trouve en mai-juin, quand les étudiants ont fini leurs années d'études et quittent leur logement. Le pic de demandes se trouve fin août, début septembre", résume-t-il. C’est pour cela que la période de la rentrée est toujours difficile pour trouver une colocation. Toutefois, on retrouve aussi cette forte demande dans l’offre de logements étudiants à Lyon de façon plus générale. Une dernière option s’offre encore aux adeptes de la colocation : créer la leur, en trouvant d’autres étudiants et en soumettant leur dossier à des agences ou particuliers. Là encore, une procédure qui est très loin d'être simple. 

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