Métro © Tim Douet

Lyon : le réseau TCL gratuit ? Les conclusions d'une étude sans équivoque

La présidente du Sytral Fouziya Bouzerda vient de dévoiler une étude sur la gratuité des TCL. Les conclusions sont sans équivoque sur les possibles effets négatifs d'une telle mesure et l'absence d'impact fort sur la diminution des voitures dans Lyon. Ce document ne devrait pas manquer d'alimenter les futurs débats.

La présidente du Sytral, Fouziya Bouzerda, l'avait promis. Une étude indépendante et externe sur la gratuité du réseau TCL a été commandée au Laboratoire aménagement économie transports (LAET). Elle a été menée par Yves Crozet, Bruno Faivre d'Arcier, Aurélie Mercier, Guillaume Monchambert et Pierre-Yves Peguy. Les conclusions viennent d'être dévoilées et elles ne laissent aucune place aux doutes. Selon le groupe de chercheurs, la gratuité des TCL nuirait à la qualité du réseau, voire entraînerait sa dégradation, aurait un impact réduit sur la réduction de la voiture en ville, se ferait au détriment du vélo et de la marche à pied, freinerait les investissements et obligerait les collectivités à augmenter grandement leur participation financière à la politique des transports.

Des échelles qui n'ont rien à voir

Régulièrement, des exemples de réussites sont mis en avant comme Dunkerque ou Aubagne, mais selon les chercheurs du LAET, la plupart des villes qui ont expérimenté la gratuité ont moins de 100 000 habitants, avec un réseau initial plutôt faible "moins de 30 voyages par habitant par an contre environ 330 pour le réseau TCL". "Il semble surtout que ces villes-centres connaissent un problème de déclin et que l'accès gratuit par les transports en commun soit le moyen de relancer la fréquentation", complètent les chercheurs. De même, ils remarquent que la contribution financière des collectivités publiques qui ont fait ce choix a déjà doublé pour maintenir un niveau d'offre suffisant.

Cependant, la situation du réseau TCL "diffère très fortement de celle de ces villes moyennes" et les échelles ne sont pas comparables. Même en additionnant l'ensemble des dix grands réseaux gratuits en France, le paysage lyonnais compte toujours 1,5 fois plus d'habitants, 3 fois plus d'offres de transport en commun, 11 fois plus de voyages et 5 fois plus de coût d'exploitation.

Le LAET souligne également une situation financière actuelle "particulièrement remarquable" au Sytral. L'autorité a "retrouvé une capacité d'autofinancement qui lui permet de poursuivre les investissements nécessaires à son développement".

Dès lors, les chercheurs pointent le retour d'un "cercle vertueux" : "l'attractivité du réseau se renforce du fait de l'amélioration de l'offre et de la pénalisation de l'usage de la voiture, ce qui conduit à une augmentation de la fréquentation et des recettes commerciales. Ces dernières liées à l'accroissement des tarifs, à la maîtrise des coûts d'exploitation et à l'optimisation du réseau permettent de réduire l'endettement, de disposer d'une capacité d'autofinancement et donc de poursuivre les investissements pour de nouveau améliorer l'attractivité du réseau", et ainsi de suite.

Source LAET

En cas de gratuité, le déclin du réseau lyonnais ?

En cas de gratuité, c'est ce même cercle vertueux qui pourrait se briser. Selon le LAET, si les usagers ne devaient plus payer directement leur titre de transport, "la fréquentation pourrait augmenter de 15 à 30 %, ce qui poserait des problèmes de saturations en heure de pointe". Pour y répondre, il faudrait alors procéder à des investissements coûteux, sans rentrées d'argent via les clients.

Toujours, d'après le rapport, les déplacements engendrés par la gratuité seraient essentiellement courts et dans les centres-villes, plutôt que "des trajets longs en périphérie, où la gratuité n'a qu'un impact marginal comparativement au niveau de l'offre".

Paradoxalement, avec ce type de mesure, les nouveaux voyageurs du réseau TCL seraient majoritairement des personnes qui marchaient ou faisaient du vélo auparavant (entraînant une baisse de ces deux parts modales pourtant emblématiques dans le bilan d'une métropole).

Ceux qui choisiraient d'abandonner leur voiture seraient largement minoritaires dans l'équation. Co-auteur de l'étude, Bruno Faivre d'Arcier va plus loin : "La mobilité n'est pas un bien de consommation comme les autres. Je dis souvent à mes étudiants : si je diminue le prix de l'abonnement par deux, vous ne venez pas deux fois plus à l'université. Les gens sont plus sensibles à la qualité de l’offre. Si pour le même déplacement vous devez choisir entre un bus qui fait le trajet en une heure, ou 20 minutes en voiture, même avec un réseau gratuit, vous prenez la voiture". La gratuité n'est donc pas synonyme d'automobile qui reste à la maison . C'est surtout le vélo qui dormira au garage et les chaussures qui s'useront moins sur le bitume.

Comment la financer ?

Dans le cas d'un scénario avec une hausse de 15 % de la fréquentation, le déficit annuel serait triplé, passant de 160 millions d'euros à 490 millions d'euros, pour une mise en oeuvre en 2019 et plus de 580 millions d'euros en 2030. La gratuité reste une illusion : quoi qu'il arrive, à la fin, il faut que quelqu'un paye d'une manière ou d'une autre.

Ainsi, pour l'équipe de chercheurs, il faudrait augmenter le Versement Transport payé par les entreprises, jusqu'à son taux maximal, soit 2 %. Une telle mesure ne ferait rentrer que 30 millions d'euros dans les caisses. À côté de cela, il faudrait également ré-endetter le Sytral et "tripler la participation financière des collectivités locales" (dont la source de financement reste l'impôt et les taxes).

Le LAET souligne qu'il "n'est pas évident que ces collectivités soient durablement en mesure de supporter cette charge, car cela se fera au détriment de leur intervention dans d'autres domaines (aide sociale, établissement scolaire, sportifs...)". Toujours avec le scénario à minima d'une hausse de fréquentation de 15 %, la contribution des collectivités membres devrait s’accroître de 324 millions d'euros, "Le risque est grand que ces dernières ne soient pas en mesurer d'assurer une telle augmentation de leurs contributions annuelles et que la conséquence en soit une remise en cause de la stratégie de développement de l'offre".

"Non seulement le cercle vertueux du financement du réseau TCL serait remis en cause, mais la probabilité est grande d'être contraint à des réductions de l'offre, à un arrêt d'investissement et donc à un déclin du réseau", complète le rapport. L'ultime couperet des chercheurs tombe : "la gratuité totale n'est donc pas une mesure pertinente et efficace dans le cas du réseau TCL".

Des pistes pour une tarification toujours plus juste

Si le LAET annihile toute envie de gratuité totale, il suggère également de mettre en place des tarifs "d'une plus grande justice sociale en lien avec le droit au transport". Dans ses conclusions, il invite le Sytral à continuer ses "améliorations en matière de tarification solidaire", notamment à travers une gamme de réductions prenant mieux en compte la diversité des revenus des personnes, l'utilisation d'un quotient familial métropolitain et un accès simplifié à ce type de tarif.

Fouziya Bouzerda confirme que ce chantier est en cours d'étude du côté du Sytral : "Nous avons mis en place une nouvelle grille tarifaire en fonction de l'âge qui est très efficace. On regarde pour avoir la même efficacité avec les tarifs sociaux. On aimerait que la métropole puisse nous fournir facilement les quotients familiaux pour faciliter l'accès aux tarifs réduits pour ceux qui en ont besoin".

Rien de réellement positif

Avec ce rapport, rien de réellement positif ne semble pouvoir ressortir de la gratuité. Même les gains de pouvoir d'achat ne pourraient être qu'illusions pour l'usager. Si d'un côté les citoyens ne payaient plus leurs abonnements en direct, il faudrait quand même qu'ils financent les collectivités via l'impôt, puis que ces dernières abondent au Sytral. La question est donc toujours la même sur ce sujet : doit-on faire reposer une partie du financement d'un réseau sur les usagers ou bien sur tous les citoyens imposables ? À la lumière de cette étude, même en apportant une réponse politique à ce débat, les autres effets négatifs de la gratuité seraient toujours présents, tout comme celui de l'absence d'impact fort sur la baisse de l'usage voiture à Lyon. Pour les chercheurs, les risques pourraient être également réels en matière de santé publique avec des citoyens qui arrêteraient la marche ou le vélo pour prendre le bus ou le métro. Un tel report serait "mauvais pour la bonne santé, la convivialité et l'environnement".

Il est même possible d'aller encore plus loin que cette étude en termes de raisonnement logique : un réseau qui ne serait plus efficace, même gratuit, pourrait agir comme un repoussoir et remettre des gens dans les voitures.

L'arme de dégratuité massive de Fouziya Bouzerda

"Ce rapport permet aussi à chacun d'être mis face à ses responsabilités, vous pourrez faire des choix en connaissance de cause en matière de gratuité, vous savez ce qu’il en est, ce qu’il peut coûter en matière de compensations financières, de dégradation de l’offre et d'investissements d'avenir. On ne peut pas se contenter de lancer des chiffres comme ça, il faut savoir ce que ça implique, comment on finance. Il n'y a rien de gratuit, c'est juste un report de financement", conclut Fouziya Bouzerda.

À moins de neuf mois des élections municipales et métropolitaines, alors que certains candidats ne devraient pas manquer d'offrir monts et merveilles, avec cette étude, la présidente du Sytral se dote d'une arme de dégratuité massive. Toute promesse électorale sera forcément ramenée sur terre par les conclusions des chercheurs. Car l'ultime question reste toujours la même : en 2020, qui oserait dégrader le réseau de transport en commun de Lyon ?

à lire également
Un rassemblement national des Gilets jaunes est prévu ce samedi à Lyon.  Toute la Presqu’île a été interdite à la manifestation par la Préfecture. De nombreuses lignes de bus ont été déviées en amont.
21 commentaires
  1. Abolition_de_la_monnaie - 12 juillet 2019

    Hé bé....
    plein de choses à dire ! :o)
    .
    1 - Yves Crozet est depuis très longtemps (bien avant ce rapport) un acharné de l'anti-gratuité pour les usagers. https://www.lesechos.fr/pme-regions/actualite-pme/yves-crozet-la-gratuite-des-transports-publics-est-un-leurre-137902
    Donc, annoncer "un rapport indépendant"... mouaif... il est indépendant mais on connaissait déjà les conclusions avec Monsieur Crozet dedans 😉
    (attention, ceci n'est pas un attaque personnelle, c'est juste lié à ses points de vue sur la question).
    .
    2 - les investissements du Sytral pour le 2ème grand stade (privé) de Décines sont-ils rentables ? "Vertueux" ? :o)
    .
    3 - Est-ce que dans l'analyse des coûts, ce rapport prend-il en considération le coût de la santé (mauvaise) lié à notre ville polluée par l'automobile qu'est Lyon ? Car la politique c'est aussi "des choix de société".
    .
    4 - Pour augmenter le passage de "l'usage de la voiture" à l'usage des transports en commun/vélo/piéton, il faut qu'il y ait des péages urbains, sinon la voiture continue d'être "attractive" vu qu'on paye tous pour cet usage (subvention par les déductions des frais de voiture dans les impôts sur le revenu, etc).
    .
    5 -"Dans le cas d'un scénario avec une hausse de 15 % de la fréquentation, le déficit annuel serait triplé"
    Pourquoi ? Avec 15% on use 3 fois plus vite le matériel ? On triple le nombre de personnel ?
    Ce chiffre est selon moi, fait principalement pour faire peur, et cet usage n'a rien à faire dans un débat.
    .
    6 - "les déplacements engendrés par la gratuité seraient essentiellement courts et dans les centres-villes, plutôt que "des trajets longs en périphérie, où la gratuité n'a qu'un impact marginal comparativement au niveau de l'offre"." - Cette argumentation pose la question de la relocalisation de l'économie, car faire des centres villes qui drainent l'activité des villes périphériques qui deviennent des villes dortoirs, sans vie, est nocifs car pousse à gaspiller de l'énergie à et appauvrir ces communes.
    L'aménagement du territoire est à redéfinir, car c'est un élément essentiel de ce domaine qu'est "le transport".
    .
    7 - Une politique de gratuité des transports en commun doit se faire avec une politique provélo pour éviter l'usage court des transports en commun. Or le Sytral n'aime pas le vélo (officiellement ils aiment le vélo, mais dans les faits, voir la signalisation antivélo sur les voies de tram (il y a pourtant je crois plus d'accidents avec les voitures/camions qu'avec les vélos qui sont dans l'illégalité à utiliser ces voies) et l'agacement/nervosité de certains chauffeurs face aux cyclistes dans les voies de bus pourtant avec le logo vélo).
    .
    8 - Monsieur Faivre d'Arcier : "Je dis souvent à mes étudiants : si je diminue le prix de l'abonnement par deux, vous ne venez pas deux fois plus à l'université. " (notons au passage la neutralité des personnes qui ont fait cette étude et qui depuis longtemps ont statué, et répandent leurs idées chez leurs étudiants).
    Mais Monsieur, si je diminue par deux le prix des logements, est-ce que les logements vont être deux fois plus utilisés ????
    Votre métaphore/parallèle est totalement hors sujet ! :o)
    .
    9 - Dire que "les petites villes pauvres" sont capables de financer le gratuit, et que des villes très riches comme Lyon, n'y arriveraient pas, pose la question de "sur quelle base économique repose cette argumentation" ?
    Est-ce que l'économie d'échelle et la concentration d'activité seraient rentables, marcheraient pour toutes les entreprises du monde, sauf pour le transport ? :o)
    .
    10 - La seule question réelle avec la gratuité ou le payant est : est-ce que le prix est un frein à l'usage ou pas ?
    Faite payez le coût réel de l'automobile pour notre société, et commençons réellement le débat sur le sujet au lieu de nous livrer du "prêt à penser".
    :o)
    Merci.
    .
    (il y aurait encore plein de choses à dire mais de nombreuses associations apporteront leur contribution... si on les autorise à entrer dans le débat public avec la même "puissance médiatique" que ce rapport... ce qui n'est pas gagné 😉

  2. Galapiat - 12 juillet 2019

    Quand c'est gratuit c'est que forcémment que quelqu’un paye en aval, impôts taxes. Paient les bus, l'entretien, l'énergie, les chauffeurs etc.

    1. hervé lefebvre - 12 juillet 2019

      Oui, on devrait aussi mettre un péage pour les trottoirs, parce que ça coûte cher de faire un trottoir et il faut bien que quelqu'un paye.

    2. Abolition_de_la_monnaie - 13 juillet 2019

      Cher Galapiat, lorsque les voitures répandent de l'huile sur toutes les chaussées de France, c'est "gratuit" ou c'est "payant" ?

  3. hervé lefebvre - 12 juillet 2019

    Ça me fait bien rire "la fréquentation pourrait augmenter de 15 à 30 %, ce qui poserait des problèmes de saturations" donc en fait, on ne peut pas utiliser les TCL parce qu'ils sont saturés c'est ça ? Il aurait fallu penser à ce problème avant de foutre des stationnements payants partout et de distribuer des PV à tour de bras (en commençant par les employés de la marie de Lyon qui n'ont pas le choix, pour venir bosser à 6h30 depuis la banlieue ils doivent venir en voiture et se garer à Lyon).

    Et ce rapport, il chiffre combien ça coûte de faire payer les usagers ? Combien ça coûte tous les distributeurs de tickets et leur maintenance, les frais bancaires d'abonnement, les frais de carte à puce, les achats et la maintenance des tourniquets d'accès, les frais de personnel pour faire les contrôles ? Ben j'ai pas lu le rapport en question, mais je sais déjà que ces chiffres n'y figurent pas, parce que que ça fait près de 20 ans que c'est « secret défense ».

    Ah et puis l'autre truc qui me fait rigoler c'est « les déplacements engendrés par la gratuité seraient essentiellement courts et dans les centres-villes, plutôt que "des trajets longs en périphérie, où la gratuité n'a qu'un impact marginal comparativement au niveau de l'offre" ». Non mais sérieux, il y a quoi comme transport de masse en périphérie qui ne passe pas par le centre-ville ? Que dalle ! C'est le résultat de la politique de Bernard Rivalta (qui tapait allègrement dans la caisse), ex-grand copain de Collomb : Les investissements doivent toujours se faire pour passer par Lyon. Forcément, c'est le résultat du vote des électeurs lyonnais qui détermine la présidence du sytral. Le principal est que les Lyonnais aient l'impression qu'on s'occupe d'eux parce que dans les 6 mois précédant les municipales on inaugure de nouvelles lignes à Lyon. Et tant pis si les Lyonnais sont trop stupides pour comprendre que cela engendre de la saturation de leur réseaux parce que pour faire Vénissieux-Vaise il faut passer par le centre.

    Bref, j'ai quitté Lyon parce que ça m'était devenu complètement insupportable les transports à Lyon (bouchons, stationnements, PV, TC chers, non fiables, avec beaucoup d'insécurité etc.).

    Juste un truc, ici à Grenoble, tout n'est pas parfait bien sûr. Mais je peux prendre les transports en communs en payant au ticket ; et si jamais dans le mois j'ai payé en tickets l'équivalent du montant de l'abonnement mensuel, ben je peux prendre les TC gratuitement jusqu'à la fin du mois.

    C'est juste un exemple parmi d'autres qui illustre combien les TCL ne doivent être finalement qu'une machine à cash pour quelques copains...

    1. Abolition_de_la_monnaie - 12 juillet 2019

      Intéressante mesure faite à Grenoble.
      Comment ça se passe pour prouver que vous avez dépensé en tickets l'équivalent du montant de l'abonnement ?

    2. vieux caladois - 13 juillet 2019

      j'avais retenu la même citation : la fréquentation pourrait augmenter de 15 à 30 %, et là je suis un peu étonné de la faible progression, j'aurais imaginé, qu'avec une telle gratuité, l'utilisation du transport en commun aurait pu augmenter de 53 voire 72 ou 84 %...mais non...pourquoi ?

  4. Galapiat - 13 juillet 2019

    Lefebvre: Mais tu le payes ou d'autres payent pour toi le trottoir ainsi que tous les aménagements, au travers des impôts, taxes, ou alors il faut aller vivre chez les Bisounours!

  5. Galapiat - 13 juillet 2019

    Abo: Ta caisse c'est plus une bagnole, c'est une friteuse,

    1. Abolition_de_la_monnaie - 13 juillet 2019

      Mais de quoi parlez-vous donc ?
      ça doit être une insulte... :o) Ha si seulement vous aviez une voiture qui fonctionne aux insultes, vous pourriez faire le tour du monde plusieurs fois avec vos interventions sur internet, le tout, sans répandre des matières cancérigènes dans l'environnement de tous 🙂

  6. Galapiat - 13 juillet 2019

    Abo : ce n'est donc pas toi qui a écrit "des voitures qui rependent de l'huile sur les routes". Une ânerie de plus dans tes longs délires . Ceci frôle l'internement psychiatrique si tu ne te souviens plus de tes écrits. Quand à l'humour 2eme degré ça t'est complètement étranger.

    1. Abolition_de_la_monnaie - 13 juillet 2019

      Ha ? Pour vous les voitures ne répandent pas d'huile de moteur sur les routes ? Pourtant vous avez surement déjà remarqué ces "jolies irisations" sur les parking les jours de pluie ? Non ?
      Que ce soit les gommes de pneus (dont on comprend que c'est cancérigène seulement lorsqu'on les recycle dans des gazons synthétiques), ou des huiles de moteurs, l'étendue de la pollution automobile est impressionnante.
      L'humour second degré ? Les cancers sont toujours très second degré ! :o)

  7. Galapiat - 13 juillet 2019

    Abo tu te sens offensé donc je te propose donc un duel, sabre , pistolets , fronde, mains nues, non là tu feras pas le poids?

    1. Abolition_de_la_monnaie - 14 juillet 2019

      Gala, vous pensez solutionner les problèmes par la violence ? C'est ça vos valeurs ? Pourquoi vous pensez que je suis "offensé" alors que c'est vous qui proposez "un duel" ?
      L'usage de l'automobile empoisonne l'environnement. C'est factuel.

  8. Galapiat - 14 juillet 2019

    Commentaires idiots à l’image de l'auteur, allez , j’arrête là c'est te donner trop de crédits,que de continuer. Bonne soirée dans ta secte du temple monétaire.

  9. renaud pierre - 14 juillet 2019

    Cher Florent Deligia, il aurait été sans doute plus juste de titrer votre article "les conclusions sans équivoque d'UNE étude" car votre titre laisse entendre qu'à la suite de ce rapport il n'y aurait plus de discussions. Vous avez plutôt bien synthétisé l'étude en question, néanmoins, sans vouloir vous vexer, il me semble que le travail journalistique consiste éventuellement à essayer de comprendre un tout petit peu d'où parlent les uns et les autres ( 5 mn de recherches sur internet tout au plus) pour par exemple, comme le rappelle un internaute ci dessus,expliquer qui est Yves Crozet et la vision politique en jeu. Bien malheureusement, vous donnez ainsi un blanc seing aux positions très anti-gratuité de la Dame avec chauffeur qui dirige les TCL et considère que leurs tarifs "ne sont pas chers", lorsqu'un ticket de bus coûte plus cher qu'un litre d'essence".

  10. Bernard Girard - 15 juillet 2019

    Quelques éléments supplémentaires pour le maintien de TC payants :
    https://www.mobilitesmagazine.com/single-post/2019/07/15/Gratuit%C3%A9-le-mod%C3%A8le-lyonnais-fait-%C3%A9cole-au-S%C3%A9nat

    Pour répondre à la question n° 5 de Abolition_de_la_monnaie (premier message)
    "Dans le cas d'un scénario avec une hausse de 15 % de la fréquentation, le déficit annuel serait triplé"
    Pourquoi ? Avec 15% on use 3 fois plus vite le matériel ? On triple le nombre de personnel ?" :

    .Si le trafic augmente de 15 % et reste payant (donc prolongement des tendances actuelles), la vente des billets et abonnements couvrira les 2/3 des coûts d'exploitation, et le déficit représentera 1/3
    Si tout paiement est supprimé, le déficit triplera. C'est presque un calcul d'école primaire.

    . A peu près d'accord avec vous sur les points 2, 3, 4, 6, 7, 10.
    . Sur votre point 1, Mr Crozet est franchement pro-bagnole mais dit aussi qu'elle devrait payer les coûts réels qu'elle engendre. En fait, il est pour "la vérité des prix" de tous les transports, et se rapproche "tous comptes faits" de votre point n° 10 (je réalise en écrivant cela à quel point le français est plein d'expressions monétaires)
    . Sur votre point 7, le comportement de marioles de certains cyclistes (et trottinettistes) dans les couloirs de bus a hélas de quoi agacer/rendre nerveux les conducteurs Tcl : on dirait que ces marioles cherchent à finir sous les roues du bus. 🙁
    . Sur la question finale de votre point 8 "Mais Monsieur, si je diminue par deux le prix des logements, est-ce que les logements vont être deux fois plus utilisés ???? :
    Non, ils seront plus grands : les gens sont éloignés du centre par le prix au m2 qui explose.
    La tendance est hélas le contraire : les logements construits en 2019 sont plus petits que ceux de 1999 : payez plus cher, serrez vous les uns les autres, ou barrez vous plus loin ... 🙁
    .....
    Pour répondre à la question de votre post suivant
    "Comment ça se passe pour prouver que vous avez dépensé en tickets l'équivalent du montant de l'abonnement ?" :

    . A Grenoble, je ne sais pas, mais dans diverses villes du monde, vous ne payez plus des tickets en carton, mais une carte électronique chargée en "droit d'usage du TC" . Il vous faut passer cette carte devant un valideur à la montée ET à la descente (sinon le droit d'usage du TC continue à être consommé, bien que vous ne soyez plus à bord).
    Quand le droit d'usage est grignoté à concurrence du forfait abonnement mensuel, le grignotement cesse.
    Si vous n'avez pas atteint l'équivalent de l'abonnement au 30/31 du mois, c'est reporté sur le mois suivant.
    Je crois qu'on aura un truc de ce genre sur les Tcl vers 2023.
    ..............
    Pour répondre à la question d'Hervé Lefebvre
    " combien ça coûte de faire payer les usagers ? Combien ça coûte tous les distributeurs de tickets et leur maintenance, les frais bancaires d'abonnement, les frais de carte à puce, les achats et la maintenance des tourniquets d'accès, les frais de personnel pour faire les contrôles ?"

    . Une trentaine de millions par an ; ce n'est pas un « secret défense », voyez la page web du Sytral - en haut, rubrique "délibérations".
    ...............
    Pour répondre à Vieux Caladois
    " j'aurais imaginé, qu'avec une telle gratuité, l'utilisation du transport en commun aurait pu augmenter de 53 voire 72 ou 84 %...mais non...pourquoi ? "
    . Parce qu'en lointaine périphérie, vous avez un bus toutes les 43 mn en pointe, et 1h27 en heure creuse.
    Et ce bus ne va pas dans toutes les directions qui intéressent les voyageurs potentiels.
    Donc même gratuit, ça ne leur suffirait pas, ou conviendrait pas, et ils utiliseront toujours d'autres moyens de déplacement. Pour faire court, " + 84 % de presque rien = pas grand chose".
    ................
    En commentaire de la dernière phrase de Renaud Pierre : La Dame qui considère que leurs tarifs "ne sont pas chers", lorsqu'un ticket de bus coûte plus cher qu'un litre d'essence" :
    . La nuance, c'est que vous ne pouvez pas vraiment vous abonner à une station service pour avoir le litre d'essence moins cher. Sur les Tcl, vous pouvez.
    . La deuxième nuance, c'est que vous ne devez pas acheter préalablement le bus pour utiliser le ticket (ou l'abonnement), alors qu'il vous faut acheter la voiture pour y mettre le litre d'essence.

    Bien à vous !

    1. Abolition_de_la_monnaie - 15 juillet 2019

      Merci pour votre précision sur "le système de déduction probablement fait à Grenoble".
      .
      Pour la partie "calcul à la maternelle", je ne pense pas que dans une maternelle la maîtresse s'amuse à changer les paramètres de l'équation en court de route ! 🙂
      Vous dites :
      .
      "Si le trafic augmente de 15 % et reste payant (donc prolongement des tendances actuelles), la vente des billets et abonnements couvrira les 2/3 des coûts d'exploitation, et le déficit représentera 1/3
      Si tout paiement est supprimé, le déficit triplera. C'est presque un calcul d'école primaire."
      .
      Personne n'a dit de supprimer les impôts et subventions qui financent les 73% (et non 2/3 😉 ) des actuels transports en commun, donc il n'y aura pas de triplement du déficit avec 15% d'augmentation de l'usage.
      .
      Pour votre argumentaire sur "diviser par deux = deux fois plus d'usage",
      je ne vois pas pourquoi avoir plus les moyens financiers engendre la démesure dans l'usage. (pour reprendre l'exemple immobilier) si je vous propose d'échanger votre appartement actuel contre "deux fois plus grand", vous l'accepterez pour des raisons financières de revente et non parce que ce sera plus facile dans l'usage. Idem si pour vous déplacer je vous propose une voiture deux fois plus grande. Allez vous vous déplacer alors deux fois plus ? Bref...
      L'exemple de ce professeur est inadéquat.
      .
      Pour l'exemple des "banlieues loin", le modèle d'avoir de grands bus vides n'est pas le bon.
      Mais là encore, c'est un problème de mise au point des transports en commun, loin des "habitudes" des dirigeants qui prennent ces places au Sytral parce que c'est "pépère".
      On ne les recrute pas pour leurs idées innovantes ! :o)
      .
      Et enfin, pour "la transparence totale dans le domaine des transports", je crois qu'on est d'accord.
      Alors vivement un débat public sur médias de masse pour que tout le monde prenne le temps d'y réfléchir et d'avoir le plus possible d'éléments en main pour changer (éventuellement) radicalement l'orientation de notre société qui continue de polluer et d'empoisonner l'environnement. 🙂

  11. Bernard Girard - 15 juillet 2019

    Je n'évoquais que la couverture des coûts d'exploitation Tcl par les recettes billets & abonnements : c'est en 2018 de l'ordre de 61 %

    "si je vous propose d'échanger votre appartement actuel contre "deux fois plus grand", vous l'accepterez pour des raisons financières de revente et non parce que ce sera plus facile dans l'usage. "
    En fait, non je ne l'accepterai pas, parce que (si les contraintes financières s'imposent à vous), vous allez me proposer cet appart' plus grand en très lointaine banlieue où je ne souhaite pas aller vivre, alors que je suis en ville.

    "Idem si pour vous déplacer je vous propose une voiture deux fois plus grande. Allez vous vous déplacer alors deux fois plus ?"
    Alors là, vous en tirez à bon compte : une miniature au 1/43ème suffira, vu que je n'ai aucune voiture. 😉
    Mais si les TC deviennent gratuits, je les utiliserai certainement beaucoup plus (pas seulement 2 fois plus). Ce qui serait dommage pour ma santé; il vaut mieux que je continue à pieds et en Vélo'v.

    1. Abolition_de_la_monnaie - 15 juillet 2019

      Budget 2019 : Clients des réseaux (voir s'il n'y a pas dans ce chiffre d'autres locations pour des transports privés ou même de la publicité car le détail n'est pas présent dans leur graphique) :
      263,8 M d'€ soit 28,1%
      ça ne représente donc pas le chiffre que vous donnez. 🙂
      .
      Pour l'exemple de l'appartement, issu lui-même de l'exemple inadéquat du professeur qui est intervenu dans l'établissement du rapport sur la gratuité, je ne vous ai pas dit que cet échange était en Papouasie du Nord....
      Je vous ai juste dit que si on vous échange votre appartement contre un 2 fois plus grand (dans le même immeuble), sans besoin supplémentaire, vous n'en aurez pas l'usage 2 fois plus.
      .
      Bien heureux de savoir que vous ne faites pas parti des gens qui polluent la ville avec une voiture 🙂
      Si les TC étaient gratuits, j'irais plus dans les lieux de culture en hauteur, mais n'abandonnerais pas mon vélo pour autant. Le vélo est plus rapide de porte à porte (même en respectant les feux).
      (on devrait reparler du "monte-vélo" pour grimper les collines ! (le projet qui ne verra jamais le jour à Lyon ! 😀 )
      .
      Et pour la marche... perso je me mets à plus marcher même en ayant un vélo tout simplement parce que c'est mieux pour la santé, et les transports en commun polluants ne m'inspirent pas. Vive la décroissance.

  12. Bernard Girard - 15 juillet 2019

    Ce n'est pas que je cherche à "avoir absolument raison contre vous" mais j'indique juste où je prend les chiffres :
    http://www.sytral.fr/ip/4/op/a.DEL_DATESEANCE+desc%2C+numero+desc/cp/fa9f1cb1f3f520939732/mp/20/491-deliberations.htm#p
    Sytral / délibérations / n° 18-046 du 16-11-2018 / "Débat d'orientation budgétaire pour l'exercice 2019"
    graphique bas de page 15 (recettes clientèle 2017 = 230,5 M€ et 2018 (estimées) = 245,7
    graphique bas page 18 (dépenses d'exploitation 2017 = 390,1 M€ et 2018 (estimées) = 411,5
    ratio R/D = 59 % en 2017 et 59,7 % en 2018 (pas 61 %, désolé ma mémoire défaille)

    La Papouasie du nord .... vous m'auriez fait rêver il y a 30 ans, mais là, je ne suis plus sûr de trouver agréable une température équatoriale. Quoique... , en haute altitude .... Vous avez des photos de l'appart' ? 🙂
    Si non, tant pis, je reste sur Lyon. 😉

    Le remonte vélo (rue Terme, par exemple ?) : vous avez bien fait d'en parler. Je vais relancer le Sytral et les candidats aux élections 2020. Après tout, un associatif pro TC et mode doux comme je le suis, c'est fait pour ça, n'est ce pas ?

Les commentaires sont fermés

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut