Lyon : Carlino en cours d’expulsion, désolation à la mythique pizzeria

Sur les réseaux sociaux, c’est la consternation. La mythique pizzeria Carlino est en cours d’expulsion depuis ce lundi matin. Cela fait suite à une procédure d’expulsion prononcée par la justice lyonnaise début juin.

C’est une institution lyonnaise. Une pizzeria mythique du 1er arrondissement, en plein centre-ville, à quelques pas de l’Hôtel de Ville et de l’Opéra. Carlino, installé au cœur de la Presqu’île depuis 1965, connue et fréquentée par tant et tant de lyonnais, est en cours d’expulsion depuis ce lundi matin. Une procédure d’expulsion avait été prononcée par la justice lyonnaise début juin.

"Ils nous ont tout pris, regrette Nathalie Carlino. Je dois appeler mes salariés pour leur dire qu’ils sont au chômage. C'est l'oeuvre d'une vie qui est ruinée alors qu'on est dans notre droit". "Les policiers sont venus très nombreux. Vous comprenez, on doit être des délinquants", soupire, dépitée, Madame Carlino.

Le loyer a explosé ces dernières années

Depuis 2017, la pizzeria est en proie à de grosses difficultés financières. Elle ne pouvait plus faire face au bond du nouveau loyer imposé. En quelques années, avec le rachat du local commercial par un fond d’investissement, la pizzeria a vu son loyer multiplié par 4 ou 5. Lyon Capitale a d’ailleurs, début juin, consacré un article à la douloureuse situation des commerçants de certaines artères de la Presqu’île.

Carlino a tout tenté. En appel devant la justice. En lançant des pétitions, par Nathalie Carlino, pour dire "non à la hausse exponentielle des loyers", "non aux inégalités entre commerces indépendants et grandes chaînes". Mais rien n’a pu être sauvé.

"C'est l'abattement" Nathalie Carlino

Nathalie Perrin-Gilbert, la maire du 1er arrondissement de Lyon, a réagi sur Facebook, qualifiant de "scandaleuse" l’expulsion de la pizzeria. "La maire du 1er m’a dit qu’elle allait faire tout ce qu’elle pouvait pour nous aider", ajoute Madame Carlino, qui ne veut pas perdre espoir : "c’est difficile de se projeter. On est début août. Beaucoup de monde est en vacances. Aujourd’hui, c’est l’abattement. On va voir quelles suites on peut donner".

Sur les réseaux sociaux, nombre d’internautes se sont élevés contre cette expulsion. La rue de l’Arbre Sec a perdu l’une de ses institutions ce lundi.

Lire aussi : Carlino, pizzeria mythique de Lyon sacrifiée sur l'autel de la spéculation

5 commentaires
  1. Totoche - 5 août 2019

    C'est intéressant tous ces articles qui défendent David contre Goliath... sans jamais donner la parole à Goliath, le tout avec des raccourcis incroyables pour faire pleurer dans les chaumières.
    Par exemple, « la pizzeria a vu son loyer multiplié par 4 ou 5 », oui mais il était de combien à la base ? Et il se compare comment aux loyers du quartier ?
    « Ils nous ont tous pris » Oui, peut-être parce qu'ils ont des années d'arriérés.
    « alors qu'on est dans notre droit » Ben non, y'a eu une décision de justice, en appel en plus.
    Bref, ne rien remettre en cause, ne pas se poser de question... du grand journalisme.

  2. nico-yzfr6 - 5 août 2019

    Quelque soit le prix du loyer à la base (fixé avec l'ancien propriétaire), il ne peut être quadruplé ou quintuplé en quelques années, il y a une formule de calcul à respecter et ça n'a rien à voir avec les loyers "à côté" (en changeant de locataire, là, on a le droit de faire ce que l'on veut).
    S'ils avaient des arriérés c'est justement parce que le loyer avait explosé pas parce que le restaurant ne fonctionnait pas.
    Bref, présenter les choses David contre Goliath, ça évite d'avoir des grandes enseignes de luxe et des chaines tout le long d'une des rues emblématiques de Lyon du fait que nos politiques bradent les bijoux de famille, mais c'est ce que vous avez du mal à comprendre apparemment.

    1. Totoche - 5 août 2019

      Oui... mais en fait non : le plafonnement des loyers commerciaux ne s'applique pas au renouvellement de bail lorsque la valeur locative est supérieure au loyer. Si le loyer a pu être multiplié par 4 ou 5 en seulement quelques années, c'est parce qu'il était sous-évalué. Et ça a visiblement été prouvé en justice.
      S'ils avaient des arriérés, c'est parce qu'ils n'ont pas payé leur loyer. Était-il trop élevé ? Peut-être, mais étrangement malgré toute cette com larmoyante depuis des mois on n'a jamais vu passer le moindre chiffre. Comme. C'est. Bizarre.

  3. Abolition_de_la_monnaie - 5 août 2019

    ça en fait de la haine, une santé menacée, des tensions, du temps perdu en justice, uniquement pour... un outil qu'est la monnaie.

  4. raccoon - 5 août 2019

    si c'est juste une question de loyer pourquoi ne pas changer de quartier/arrondissement , comme par exemple pour le 8 eme arrondissement qui est sinistré niveau pizza ^^

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