© Tim Douet

Lyon a un problème de stationnement (et pas celui auquel vous pensez)

Lyon a un sérieux problème en matière de stationnement et il ne concerne pas les voitures. Alors que le nombre de cyclistes ne cesse d'augmenter, les places de stationnement sécurisées pour les vélos n'arrivent pas à suivre.

La pratique du vélo à Lyon n'arrête plus de battre des records. Le trafic recensé sur les différents capteurs placés en ville a bondi de 10 % en 2018, par rapport à 2017. Mais les usages se heurtent parfois à quelques barrières dans la métropole, avec certaines villes qui manquent encore de bandes ou pistes cyclables. Se pose aussi de plus en plus la question du stationnement et notamment les espaces sécurisés. Les vols de vélo restent une plaie, avec des individus qui s'attaquent à ceux attachés dans les rues aux arceaux et n'hésitent pas à aller jusque dans les garages pour dérober les deux roues. Les meilleurs cadenas en U ne sont parfois pas suffisants et il reste impératif de faire marquer son vélo pour dissuader les voleurs ou le retrouver après un larcin (lire ici). En parallèle, la multiplication des vélos à assistance électrique (VAE), souvent vendus plus de 1 000 euros, voire 3 000 pour les modèles haut de gamme, souligne un peu plus le manque cruel de stationnement sécurisé à Lyon. Certains utilisateurs n'osent pas encore franchir le pas, ne sachant pas où ils pourront mettre leur VAE à l'abris.

Arceaux squattés, parcs relais remplis, parkings sécurisés saturés

Alors que certaines villes commencent à installer des box sécurisés dans les rues, à l'image de Paris ou Nantes, à Lyon, on reste sur des solutions très classiques pour garer son vélo. La métropole multiplie les arceaux, autour de 15 000 sont déjà installés soit 30 000 places. Un joli nombre qui ne doit pas faire oublier que sur certains secteurs les équipements, déjà saturés à la base, sont désormais squattés par des vélos en libre-service d'Indigo (quand il ne s'agit pas des scooters du service, régulièrement signalés sur les réseaux sociaux par les cyclistes). Par ailleurs, les arceaux dans la rue peuvent convenir à un stationnement en journée, mais pour la nuit, c'est une autre histoire.

Plus sécurisées, on retrouve les 588 places des parcs relais vélos du réseau TCL, situées à proximité des infrastructures de transport en commun. Pour y accéder gratuitement, il suffit d'être titulaires d'une carte Técély ou OùRA ! et de s'inscrire (voir ici). Certains espaces ne suffisent pas à faire face à la demande et les premiers arrivés sont les premiers servis.

Enfin, en matière de stationnement sécurisé partagé, le nec plus ultra est du côté des parkings LPA qui proposent 905 places dans leurs parcs. Ces espaces sont uniquement accessibles sur abonnement, à partir de 36,90 euros par an et sont quasiment tous... complets. Pour espérer pouvoir y stationner un jour, il faut s'inscrire sur une liste d'attente dans la plupart d'entre eux. Le service est excellent, mais l'offre est clairement très inférieure à la demande.

Des nouvelles infrastructures arrivent

Dans un contexte où Lyon a clairement un problème de stationnement pour les vélos, des nouvelles infrastructures arrivent. Seront-elles suffisantes ? Sans doute pas, l'attente reste très forte. Ainsi la métropole de Lyon va déployer prochainement 160 nouvelles places de vélos sécurisés à proximité des lignes fortes du réseau TCL. On retrouvera ainsi 50 places à la station de métro C Cuire, 20 places à Cuire Foch (C1 et C2), 20 places Grange blanche (ligne D, 20 place à la station Gerland du métro B, 20 places à Saint-Priest Hauts de Feuilly (tram T2), 20 places à gare de Vénissieux sur la ligne D, enfin 10 places à Laurent Bonnevay (ligne A). En 2023, le pôle multimodal de Saint-Genis-Laval, futur terminus de la ligne B, proposera 200 places dédiées au vélo. Même si l'objectif peut sembler ambitieux aujourd'hui, il pourrait bien être à son tour en dessous de la réalité des besoins.

Du côté de Lyon Parc Auto (LPA), on prépare l'arrivée de nouvelles places de stationnements sécurisées dans les parkings. "L'idée est d'augmenter notre offre, mais aussi de l'adapter. Nous voulons proposer des espaces pour de nouveaux gabarits comme les vélos cargos, augmenter nos capacités d’accueil, et faire mieux. Dans tous les cas, il faut être ambitieux pour la suite", confie Agnès Winder, en charge de la politique vélo pour LPA. Face à l'allongement des listes d'attente, des modifications des conditions d'utilisation devraient arriver prochainement : "Notre but, c'est de veiller à ce que les gens qui stationnent leur vélo chez nous les utilisent. L'idée c'est que nos parcs soient une incitation à l'usage du vélo en ville, pas un garage pour le vélo de campagne qu'on sort de temps en temps ou un lieu de stockage. Ça veut aussi dire qu'on pourra développer le stockage pour ceux qui n'utilisent pas leur vélo régulièrement", poursuit Agnès Winder. Le futur parking Saint-Antoine qui ouvrira début 2020 proposera 200 places de stationnement sécurisées pour les vélos. Là encore, aucun doute, l'espace devrait complet rapidement, et la file d'attente semble inéluctable.

2 commentaires
  1. Hubert Becart - 7 mai 2019

    Il est clair que le stationnement vélo arrive déjà à saturation dans de nombreux secteurs de la métropole ! Soyons ambitieux et rajoutons au moins un "0" derrière le nombre de places de stationnement prévues dans les projets actuels !

    L'article pourrait également mentionner le programme national Alvéole, qui offre des subventions aux bailleurs sociaux et aux établissements d'enseignement scolaires et universitaires pour la réalisation de stationnement vélo sécurisé : https://www.programme-alveole.com Un important coup de pouce pour développer les initiatives privées 🙂

    Il faut également pousser les entreprises et les commerces à s'équiper. Un système vélo complet inclut du stationnement résidentiel sécurisé, des arceaux au travail et devant les commerces.

  2. JANUS - 8 mai 2019

    Voila une situation où les annonces flatteuses vont plus vite que la réalité.
    Pousser les citoyens a quitter leur véhicule puis les inviter à utiliser un 2 roues, électrique ou non, ou à se reporter sur le réseau TCL, entrainent des conséquences à long terme sur les déplacement urbains.

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