À Lyon, la location de scooters électriques squatte les emplacements vélos

Indigo Weel a déployé son service de location de scooters électriques à Lyon fin février. Une arrivée qui commence sérieusement à agacer les cyclistes, puisque les scooters squattent parfois les emplacements vélos.

Depuis fin février, Indigo Weel a lancé un service de location de scooters électriques à Lyon, sans station. Les deux-roues motorisés sont dispersés dans la ville et les utilisateurs peuvent les louer grâce à une application. Mais ce déploiement, qui devrait concerner à terme 500 deux-roues, ne s'est pas fait sans heurt. Sur les réseaux sociaux, plusieurs Lyonnais ont remarqué que des scooters étaient stationnés sur des emplacements dédiés aux vélos.

Constatant lui aussi cette situation, Pierre Hémon, élu Europe Écologie Les Verts à la métropole de Lyon, délégué aux mobilités actives, s'est fendu d'un message sur Twitter, photo à l'appui : "Dis donc Indigo Weel, si j'installe des arceaux vélos dans le Grand Lyon, exemple ici à Montchat, c'est pour les vélos. Tu ne demandes pas la permission et tu squattes ! Ça sent la fourrière". Le problème était d'autant plus préoccupant, qu'il ne s'agissait pas de scooters mis ici par les clients après une location, mais d'un déploiement par au moins une personne du service. Indigo s'est alors empressé d'enlever les scooters des emplacements.

Indigo invoque l'erreur

Contacté par Lyon Capitale, Jean Gadrat, Directeur général d'Indigo Weel s'explique : "Il y a eu un couac. L'un de nos employés dédiés aux vélos a placé les scooters à ces endroits. On ne lui avait pas expliqué, nous avons briefé tout le monde pour que ça ne se reproduise pas. C'est une erreur, pas la volonté de prendre l'emplacement des vélos". Pourtant, encore aujourd'hui d'autres scooters se retrouvent garés par des utilisateurs sur des emplacements vélos, Jean Gadrat embraye : "On va prochainement demander à nos utilisateurs de prendre en photo le scooter une fois que la location est terminée. On le fait déjà pour notre service de vélos où il faut désormais les attacher à un point fixe puis prendre une photo. On va réfléchir aux conséquences d'un mauvais stationnement. Les utilisateurs qui se comportent bien pourraient accéder à un meilleur tarif par exemple".

Les vélos ventouses

Une autre polémique commence à enfler autour d'Indigo, à cause de cette obligation de devoir attacher les vélos du service à un point fixe. Certains restent au même endroit et ne sont jamais loués. Sur les réseaux sociaux, des Lyonnais prennent ainsi en photo des parcs de 4 / 5 vélos Indigo statiques depuis plusieurs jours, occupant autant d'arceaux qui ne sont plus disponibles au quotidien pour les autres usagers. Jean Gadrat confie : "Si des vélos sont photographiés plusieurs jours au même emplacement, ça veut dire qu'ils ne tournent pas, ce n'est pas bien pour nous aussi. Il faut qu'on les mette à des endroits où on a en besoin".

Mais y a-t-il un usage à Lyon pour les vélos Indigo quand d'un côté les trottinettes sont omniprésentes, touchant un public jeune, et que de l'autre, Vélo'v continue de progresser en abonnements et fréquentation (lire ici). Pour se démarquer, Indigo souhaite lancer un service de location de vélo à assistance électrique à la fin de l'année. L'entreprise avoue "redémarrer" celui des vélos classiques, selon les mots de Jean Gadrat, après des mois difficiles en octobre, novembre, décembre et janvier. Depuis son lancement à Lyon, début 2018, au moins un tiers du parc vélos a été détruit, sans parler de ceux en mauvais état qui ont pu décourager les curieux. Jean Gadrat promet : "C'est le retour de la  qualité avec des vélos neufs ou ceux qu'on avait mis de côté".

Aujourd'hui l'entreprise se dit prête à payer une redevance pour l'occupation de l'espace public. Un projet dans cet optique est actuellement en cours d'élaboration à la ville de Lyon. Mais si les scooters occupent à nouveau des emplacements interdits ou que les vélos Indigo restent au même endroit bloquant des espaces de stationnement, pas sûr qu'une redevance calme la colère qui commence à se faire plus forte.

à lire également
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut