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“La campagne, c’est la France des oubliés”

Thierry Coste est lobbyiste de chasse et de cour. Il se fait le porte-voix des campagnes. En ligne de mire, un rapprochement aux les élections européennes avec je suis parti en espérant un rapprochement entre les listes rurales, notamment avec Jean Lassalle.

Ancien éleveur, Thierry Coste murmure aussi bien à l’oreille des chevaux qu’à celle des présidents de la République. “Aimant l’obscurité mais avec beaucoup de lumière”, comme il se plaît à le dire, ce lobbyiste identifié de longue date comme porte-parole de la chasse et des armes se fait le porte-voix des campagnes dans "Le Plan secret de nos élites contre le monde rural" (Plon).

Lyon Capitale : Vous êtes un lobbyiste assumé, vos principaux clients étant les chasseurs. Pourquoi dites-vous que l’obsession du contrôle des lobbyistes est une histoire drôle ?

Thierry Coste : Je suis lobbyiste depuis trente ans, j’ai donc une certaine expérience sur le sujet. Les chasseurs représentent moins de 10 % de mon activité. J’interviens en réalité dans beaucoup d’autres univers, mais si on ne m’identifie que sur certains d’entre eux, c’est parce qu’on m’a demandé, en plus, d’en être le porte-parole, à savoir la chasse, les armes et la ruralité en général. Alors cette obsession du contrôle des lobbies me fait rire parce qu’on souhaite à la fois fliquer les lobbyistes mais aussi les parlementaires qui, lorsqu’ils rencontrent quelqu’un, doivent le déclarer, parce que ça peut vouloir dire qu’ils cachent quelque chose, c’est juste ridicule. Heureusement que les parlementaires rencontrent des gens très différents ! Le lobbying est aujourd’hui démocratisé et il n’y a pas que les gros industriels qui font du lobbying, tout le monde en fait, les syndicats, les ONG, etc. Il suffit de savoir à qui on a affaire. Il faut dénoncer les pseudo-experts ou ceux qui cachent leurs rémunérations du privé alors qu’ils sont experts publics. Je suis pour un lobbying ouvert, affiché et non secret, c’est la condition nécessaire.

Cette réglementation s’explique par la culture française qui a toujours considéré le lobbying comme la défense des intérêts particuliers contre l’intérêt général.

Oui mais dans la vraie vie, les rapports d’influence sont forts et bien réels. On fait tous du lobbying, chacun à son échelle. Le lobbying permet d’instruire des décisions en parfaite connaissance de cause, d’avoir des sons de cloche différents avant de rédiger un projet de loi, sans être seulement sous la tutelle de l’administration qui veille à ce que rien ne change. Si nous ne faisions pas de lobbying, cela signifierait que seuls les technocrates entourant les ministres feraient la pluie et le beau temps. Le lobbying est un atout pour la démocratie, contrairement à ce que l’on se raconte pour se faire peur.

Persistez-vous à dire qu’être lobbyiste, et je vous cite, c’est “ne pas avoir de morale”, “ne pas avoir d’états d’âme”, bref faire un “métier qui n’est pas déontologique” ? Reconnaissez qu’il n’y a pas de quoi rassurer...

Je suis un mercenaire. Je suis payé pour défendre des causes. Je ne suis pas un militant d’une cause, je suis un professionnel du renseignement et de l’influence qui sait utiliser les techniques pour faire avancer la cause que je défends. Je suis payé pour ça. On est dans un pays où on n’assume pas, alors on se déguise en militant, en idéologue, en techno, etc. Moi, j’assume et c’est dérangeant. Pour provoquer, je dis qu’un bon lobbyiste doit être à la fois un bon espion et un bon manipulateur. Mais pour prendre une décision, il faut avoir des informations variées de sources différentes. Ensuite, je joue au millimètre près les rapports de force.

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