À trois ans et demi des JO-2030 dans les Alpes, le Cojop traverse une nouvelle zone de turbulences. Le maintien d'Edgar Grospiron à sa tête est désormais ouvertement questionné.
Après une dernière réunion très tendue fin juillet, les organisateurs des JO-2030 se retrouvent jeudi pour un bureau exécutif où il sera encore question de la gouvernance, le report de l'annonce d'un sponsor ayant relancé les interrogations sur le maintien d'Edgar Grospiron à la tête du comité d'organisation.
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"Il y a un problème de confiance. La confiance n'est pas tout à fait au rendez-vous" avec le président du Cojop, indiquait il y a quelques jours à l'AFP une source proche du dossier, estimant que "si ça ne tourne pas, il faudra en tirer les conséquences" et qu'il "n'est jamais trop tard" pour un changement de président, à trois ans et demi de ces Jeux d'hiver.
Cette source pointait entre autres certains changements internes demandés à l'issue de la mission d'inspection générale, diligentée par Matignon, et qui n'avaient pas encore été "tout à fait appliqués, et ça fait quelques mois que ça traîne".
Un départ acté ce jeudi ?
Le Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2030 dans les Alpes françaises est secoué depuis de longs mois par une profonde crise de gouvernance, à la suite de départs successifs dont celui du numéro deux Cyril Linette en février. Un audit sur le climat social a été mené auprès de la centaine de salariés de l'instance ces dernières semaines, et ses conclusions doivent être rendues cette semaine. Mercredi à Lyon, une grande entreprise française devait dévoiler son partenariat avec les Alpes 2030, deux mois après l'annonce d'un tout premier sponsor premium, EDF.
Mais mardi, le Cojop indiquait à l'AFP qu'il avait été décidé avec le groupe concerné de "reporter" l'annonce de ce deuxième sponsor, "mais pas le partenariat lui-même". La raison invoquée était de vouloir "dissocier" cet événement d'un bureau exécutif jeudi des parties prenantes de ces JO.
Selon plusieurs sources concordantes contactées par l'AFP, ce report est lié à un problème de "gouvernance non stabilisée" ainsi qu'à des incertitudes concernant le maintien d'Edgar Grospiron à la présidence du comité, certaines affirmant qu'on s'oriente vers son "départ" à brève échéance.
"Un guêpier"
Ces sources soulignent ainsi que la réunion prévue jeudi s'annonce "plus compliquée que prévu", les tensions entre plusieurs protagonistes du dossier et M. Grospiron, constatées lors du dernier bureau exécutif avant la trêve estivale, étant toujours d'actualité.
Interrogés par l'AFP, le ministère des Sports, les Comités olympique (CNOSF) et paralympique (CPSF) ainsi que les régions organisatrices Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur - "membres de droit" du bureau exécutif du Cojop - n'ont pas souhaité réagir aux rumeurs de départ imminent d'Edgar Grospiron relayées par certains médias. Selon les statuts du Cojop, le président "est nommé et révoqué par l’Assemblée générale extraordinaire, sur proposition du bureau exécutif".
Le Cojop, a estimé mercredi un observateur du dossier, "est une organisation politique". "Si le job m'était proposé demain matin, je m'en irais en courant, a-t-il ajouté, car c'est n'importe quoi ce qu'il s'est passé depuis deux ans. C'est un guêpier. On a un projet qui est mal né parce que géré par le politique qui fait de l'ingérence, et qui s'est conclu par le désastre de Nice (et sa perte du pôle de glace au profit de Lyon, NDLR). Oui, il y a eu beaucoup de problèmes, mais ils ont été +drivés+ par les sujets politiques."
Le bureau exécutif du 23 juillet, le dernier avant la trêve estivale, avait achoppé sur deux nominations de cadres proposées par Edgar Grospiron. Les parties prenantes des JO - gouvernement, régions hôtes, comités olympique et paralympique - avaient exprimé des désaccords sur les profils pressentis, le président de la région Aura Fabrice Pannekoucke ayant même claqué la porte avant d'assister à la suite de la réunion en visio.
Au-delà de tensions en interne, Edgar Grospiron affronte également depuis son arrivée il y a 18 mois des luttes d'influence politique ainsi que des crispations avec certains acteurs en région, qui vivent mal la volonté de certains responsables parisiens de transplanter dans leurs territoires de montagne l'expérience de Paris-2024. Aucune information n'a filtré sur le déroulé prévu pour la réunion jeudi.
La prochaine échéance de taille pour le Cojop est la visite à Lyon dès lundi, pour trois jours, d'une délégation du Comité international olympique (CIO) pour inspecter les sites devant accueillir les épreuves de glace en 2030.

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