Carenco
© Robin Favier

"Je ne laisserai personne camper en ville"

Deux semaines après le début des expulsions massives de camps de Roms dans l'agglomération lyonnaise, le préfet s'est expliqué, ce vendredi, sur sa politique en la matière.

Sollicité par plusieurs journalistes après son recours, massif, aux forces de l'ordre ces dernières semaines dans le Grand-Lyon, le préfet du Rhône, Jean-François Carenco, s'est expliqué, ce vendredi matin, sur sa politique en matière de traitement des camps de Roms dans l'agglomération lyonnaise.

L'aide au retour proposée régulièrement "tous les quinze jours"

Il a commencé par rappeler qu'il s'appuyait sur la législation en vigueur pour l'expulsion des terrains ou des maisons occupés, avant de déclarer appliquer la même politique avec tout le monde, "y compris les gens du voyage : des Roumains, des Bulgares, quelques Tchétchènes et quelques Polonais ; tous ne sont pas expulsables via le Centre de rétention administratif. Mais concernant les nouveaux citoyens européens, je passe tous les quinze jours dans leurs squats pour leur proposer l'aide au retour. Certains l'acceptent. Mais attention, ils ne peuvent la recevoir qu'une seule fois", a-t-il affirmé, essayant faire taire les rumeurs de gaspillage d'argent public.

"On ne peut pas nomadiser en centre ville"

"Ces camps sont sales, ils connaissent des problèmes d'hygiène. C'est tout le problème des nomades en zone urbaine. On ne peut pas nomadiser en zone urbaine, je ne laisserai personne camper en ville" s'est justifié le préfet, avant de rejeter l'appel lancé par les associations (Médecins du monde, le collectif Roms, CLASSES, etc) cette semaine qui lui réclamaient une audience pour régler la question des Roms dans l'agglomération lyonnaise. "Une telle réunion ne mènerait à rien", a t il dit. "Si les associations veulent faire de la politique, qu'elles ne comptent pas sur moi. En revanche, si elles veulent faire de l'insertion, je veux bien les écouter".

"Le problème s'amplifie au cours du temps, a néanmoins reconnu le préfet, jugeant que la question Roms relevait de la politique européenne. Il a précisé que l'insertion des "gens du voyage" passait selon lui par des projets individuels et non par des projets collectifs à Lyon. "On ne peut pas vivre à 120 sur un terrain en pleine ville, le milieu urbain ne s'y prête pas", a-t-il martelé.

"Il n'y a aucun quota"

Sur la question du quota de 30 000 reconduites à la frontière évoquées récemment par Claude Guéant comme objectif de l'année, Jean-François Carenco a refusé de confirmer qu'il existait une déclinaison de ces quotas dans le Rhône. "Il n'y a aucun quota à Lyon, a-t-il dit, on ne fait pas de la politique comme cela".

Enfin, à 39 jours de la trêve hivernale, le préfet a précisé qu'il recherchait actuellement "des solutions pour loger les sans-abri dans des chambres ou des dortoirs en dur", y compris les "nouveaux entrants européens" qui occupaient selon l'hiver dernier 60 % des 440 places d'hébergement d'urgence ouvertes dans le cadre du plan froid.

Jean-François Carenco qui envisage, cet hiver, d'ouvrir 660 places d'hébergement d'urgence dans le Rhône, il espère n'avoir à réquisitionner aucun gymnase cette année.

5 commentaires
  1. stivostine69 - 23 septembre 2011

    Il faut sortir Mr le Prefet, a la part dieu il y a des tentes depuis 3ans le long de la rue garibaldi au niveau des tremis. En trois ans deux SDF sont morts sous les coups de leurs comparses Mr Préfet. Alors le coup du je ne laisserai personne camper en Ville, c'est juste comique !

  2. Sergent de ville - 24 septembre 2011

    Comment assimiler des centaines de roms dont le mode de vie est la marginalité et le nomadisme alors que les étudiants et les plus démunis n'ont pas de quoi se loger ? Nous créons le besoin et les roms auraient torts de ne pas jouer avec nos réglementations... Où sont les associations qui se battent pour les SDF qui croupissent sous les cartons ?

  3. patriceB - 24 septembre 2011

    Monsieur le préfet ne connait peut être pas l'histoire de Gerland.... Il y a quelques décennies, les bidonvilles peuplaient tous le quartier de Gerland (italiens, polonais, maghrébins....). A force de politique sociale (construction de logement entre autre), le quartier de Gerland s'est transformé en ce qu'il est actuellement. Beaucoup 'd'anciens ' de gerland se souviennent de ce temps là, où la chasse 'aux campeurs' n'était pas de mise. J'aimerais aussi avoir les réactions des associations gerlandaises sur ce sujet (je pense 'aux gônes de Gerland' ou à l'association 'les Italiens de gerland') dont les membres, en grande majorité, ont connu les bidonvilles.

  4. juanpaolo - 27 septembre 2011

    réponse à patriceB : eh oui patrice, ce témoignage rejoint le commentaire que nous avions fait au lendemain des dernières expulsions de la rue Jean Baldassini (d'ailleurs, qui est-il celui-là ?) : quand Gerland était surtout 'construit' de baraques construites par les immigrés italiens venus chercher du travail, il ne me semble pas que l'activité principale du Préfet ou des forces de police consistait à leur faire la chasse ! Mais il y avait aussi une autre grande différence : les militants politiques étaient présents pour aider ces personnes ... et les écoles publiques du quartier accueillaient largement les 'ritals' devenus depuis de sacrés bons gerlandais dont certains sont encore commerçants sur le quartier et, malheureusement, applaudissent des deux mains quand la police vient déloger les rroms qui font honte à leur commerce ! Triste !

  5. agosta620 - 4 octobre 2011

    poudre aux yeux, une demande d'expulsion concernant des roms occupant illégalement une maison est déposée depuis plusieurs mois, elle est sur le bureau de Monsieur le Préfet qui refuse de la signer encore un beau discourt

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