Rue de la monnaie, Lyon

Incidents à Lyon en marge du match de foot France Suisse : la police répond à Lyon Capitale

Lundi soir, lors du 1/8e de finale de l'Euro de football France-Suisse, des rixes ont éclaté rue de la Monnaie, dans le 2e arrondissement de Lyon, lieu de rassemblement très fréquenté des supporters.

Le récit d'un journaliste de Lyon Capitale, venu pour supporter l'équipe de France.

L'ambiance était électrique. Bien avant les incidents, de nombreuses personnes présentes rue de la Monnaie, dans le 2e arrondissement de Lyon, peuvent témoignent de l'air chargé de tensions. "L'ambiance n'était pas aussi bon enfant et bienveillante que la semaine dernière, au même endroit, lors du match France-Portugal" explique Alexandre, un habitué des lieux pour les retransmissions des  matchs de l'équipe de France de football.

"Les pétards étaient plus nombreux et plus puissants que d'habitude, les feux d'artifice plus gros... Ça nous a un peu effrayé dès le début" assurent plusieurs jeunes filles qui avaient réservé une table en extérieur au Détends-toi encore, l'un des nombreux bars-pubs de la rue.

Tirs de mortier (video)

Dehors, la rue est bondée. Il y a peut-être 200 ou 300 personnes compactées, le regard scotché aux écrans des bars. Très rapidement, dès le début du match, des pétards et feux d'artifice sont tirés en l'air dans la rue. Certains rebondissant contre les murs des immeubles (où l'on peut distinguer certains habitants aux fenêtres). Leur puissance est particulièrement remarquée.

On retrouvera des restes de  "chandelles romaines" 5 coups de type M98 (video) et de pétards Dum Bum un peu partout dans la rue, coté quai des Célestins. Des feux d'artifice qui demandent des distances de sécurité de plusieurs mètres. Ce qui, en l'espèce lundi soir, était strictement impossible tant la foule était compacte.

Mouvement de foule

23h42. La Suisse égalise. 3-3. Douche froide. Dans la foulée, un prodigieux mouvement de foule enveloppe la rue de son extrémité, coté quai, jusqu'à l'autre extrémité, coté Mercière.

La force de la vague est inouïe. Des gens manquent de tomber à terre, ce qui aurait été dramatique vu le nombre de personnes. Des tables et des chaises chutent.

L'impression est celle d'assister à quelque chose qui dépasse tout le monde. Plus personne ne contrôle quoi que ce soit. Des personnes installées dans le bar, dont les porte-fenêtres sont ouvertes, déplacent le mobilier pour faire entrer un maximum de personnes, en panique totale, certaines en pleurs.

S'ensuit des jets de projectiles : canettes, bouteilles en verre, chaises... Apparemment une violente bagarre réunissant pas mal de monde a lieu à proximité du Wallace Snug, un bar de la rue coté quai.

Coups de feu ?

Nous parvenons à fuir. Le mot est sciemment employé car le piège se referme sur nous. D'aucuns craignent que le bar soit pris d'assaut ou soit une cible pour les belligérants extérieurs.

Fin du match pour nous. La rumeur de la rue fait état de CRS qui ont chargé, ce qui expliquerait le mouvement de foule. Intox. D'autant plus faux qu'aucune force de l'ordre républicaine ne prendrait le risque d'intervenir dans une rue aussi bondée et en entonnoir.

Une autre rumeur, plus persistante celle-ci, évoque une personne qui aurait tiré plusieurs coups de feu en l'air. Un employé de bar, proche du lieu de la bagarre, l'en attestait hier soir notamment.

Lyon Capitale a joint ce matin la DDSP (Direction départementale de la sécurité publique) du Rhône.

Voici sa réponse : "De brefs  incidents ont eu lieu hier soir pendant et à l'issue du match France-Suisse  rue de la Monnaie et rue Mercière. Des effectifs de police avaient été positionnés pour prévenir les éventuels débordements. Une rixe a été signalée vers 23h00 rue de la Monnaie nécessitant l'intervention des policiers.
Un mouvement de foule était alors constaté pendant quelques minutes en raison de la densité des personnes présentes.
Il n'y a pas eu d'interpellation. Une enquête est ouverte suite à la plainte d'un jeune homme pour des violences lors de cette rixe. Il a reçu des coups et doit consulter un médecin."

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