Hollande au JT de France 2 : "le choc de simplification" du vide

Au plus bas dans les sondages, François Hollande était l'invité du JT de France 2, ce jeudi 28 mars. Interrogé par un David Pujadas assez pugnace, le chef de l'Etat a tenté d’expliquer la politique menée par son gouvernement. Les Français resteront sans doute sur leur faim, tant les mesures annoncées – et pour l’essentiel déjà prises – ne sont pas à la hauteur des enjeux, tant le président de la République est apparu impuissant.

Intelligent, sympathique et apaisant, voire lénifiant, François Hollande a livré une prestation qui lui ressemble. Assez bon sur la forme, assez juste sur le constat, il est cependant apparu comme totalement incapable d’apporter des solutions. Un peu comme un excellent musicien classique, qui maîtriserait toutes les subtilités du solfège, saurait jouer de la plupart des instruments, mais devrait se contenter d’interpréter encore et toujours la même partition surannée, incapable qu’il serait lui-même de composer une nouvelle musique plus en adéquation avec les attentes de son époque.

Et c’est bien là le drame. La vieille Europe est à la traîne, la France – qui accumule les mauvaises nouvelles économiques et voit son chômage continuer à augmenter – a perdu son leadership au profit de l’Allemagne, les pays dits émergents sont en train de conquérir le monde et nous avons notre bon François, souriant, certain des capacités de son peuple, qui en adepte de la méthode Coué reste persuadé qu’il a "les bons outils".

Il a ainsi réitéré sa promesse d'inverser la courbe du chômage d'ici à la fin de l'année, sans véritablement dire comment. "Ce n'est pas un pronostic, c'est un engagement et une bataille. Les moyens sont là", a-t-il martelé en se bornant à rappeler les mesures déjà prises, comme les contrats de génération et les emplois d'avenir. "J'ai le cuir solide, j'ai les nerfs tout à fait froids, de sang froid", a-t-il répondu à propos des critiques et du "Hollande bashing". "Au premier avis de tempête, je ne dois pas être en train de savoir si je dois changer de cap." Pic, cap ou péninsule, le problème est qu’on ne voit strictement rien venir.

La fin de la PMA ?

Si le chef de l’Etat a confirmé son intention de faire voter et de promulguer la loi concernant le mariage pour les couples homosexuels, il a semblé en revanche enterrer la PMA, ce qui fut la seule véritable annonce de l’émission, ainsi que la seule bonne nouvelle : "La PMA, ce n'est pas dans le texte, c'est renvoyé au comité national d'éthique, qui doit donner un avis avant la fin de l'année. [S'il dit non], je respecterai son avis", a-t-il indiqué. Nous avions écrit à ce sujet il y a quelques jours (ici) : "Les socialistes ont-ils définitivement perdu la raison ? Rien n’est moins sûr, si l’on en juge par les doutes et les louvoiements de François Hollande sur le sujet. Alors, qu’attend le président de la République pour enfin renier sa promesse la plus stupide, dont il n’avait pas, sans doute, mesuré toute la dangerosité ?" Il ne restera plus qu’à supprimer la circulaire Taubira sur la délivrance systématique de certificats de nationalité française aux enfants nés par PMA à l’étranger. Une annonce pour la prochaine émission ?

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C’est officiel, Safran a choisi Feyzin pour implanter sa prochaine usine, aidé dans sa décision par le tapis rouge que l’État et les collectivités locales ont déroulé. Au terme d’une route pavée de rivalités politiques, de concurrence internationale et de bonnes intentions, 25 millions d’euros de deniers publics ont été débloqués pour attirer l’industriel. Un effort considérable qui pose la question suivante : jusqu’où les pouvoirs publics sont-ils prêts à aller pour réindustrialiser la région ?
17 commentaires
  1. romain blachier - 29 mars 2013

    Petit conseil amical: ce serait bien sur le site de séparer l'éditorial, subjectif, des articles de journalisme.

  2. JC - 29 mars 2013

    On oublie toujours de rappeler les causes de nos maux : l'ultra-libéralisme, la compétition débridée, la dérégulation, la concurrence des peuples, la liberté des capitaux, les accords de libre-échange qui nuisent aux salariés les mieux protégés, les politiques monétaires, l'évasion fiscale...Et ainsi de rappeler à cause de quel(s) parti(s) nous nous retrouvons dans une situation dans laquelle les marges sont si réduites. Malgré leur responsabilité, ces gens en réclament encore plus...

  3. Tom Hacini - 29 mars 2013

    Romain a raison. Les éditos ou plutôt parti pris se mélangeant aux articles d'information laissent penser que votre journal pencherait fortement à droite. Ce n'est pas le cas, n'est-ce pas ?

  4. nonmaiscepaspourdire - 29 mars 2013

    Si les éditos de Lyon capital penchait à droite, il soutiendrait forcément Hollande. Ou alors Hollande s'est réveillé de gauche ce matin. Et puis après s'être fait servir la soupe par l'animateur télé, Pujadas, il est quand même logique pour nous d'avoir l'avis d'un journaliste.

  5. Didier Maïsto - 29 mars 2013

    Chers amis internautes,Merci de nous lire avec toujours autant d'assiduité et d'exigence.@ romain blachier Quelques brèves remarques. 'Séparer l'éditorial du journalisme' : c'est déjà le cas, car, comme dans tous les titres du monde -sauf dans les pays où la liberté de la presse n'existe pas- quand un édito est publié, au-dessus il est précisé 'édito'. Simple non ? Et puis cette dichotomie entre 'éditorial subjectif' et 'journalisme' censé être objectif n'a pas de sens, l'exercice éditorial appartient au journalisme, comme d'autres formes, d'autres exercices : l'interview, la brève, le dossier... Enfin, les lecteurs ne sont pas idiots, ils font la différence dès la première ligne !@ JC Précisément, sur tous les sujets que vous évoquez, vous trouverez quantité d'articles sur notre site, sous ma signature, ou écrits par d'autres. En l'occurrence, il s'agissait là d'un édito sur l'intervention télévisée du chef de l'Etat, ni plus ni moins.@ Tom Hacini Outre le fait qu'un édito est toujours un parti pris -mais un parti pris qui dit son nom à la différence d'articles qui, sous couvert d'objectivité, défendent une vision du monde, notre journal penche du côté des esprits libres. Nous avons décidé une fois pour toutes de nous libérer des carcans idéologiques, de tout militantisme, de tout réflexe partisan. Sur la seule page d'accueil du site, tout le monde peut vérifier ce que j'avance, ne serait-ce qu'en lisant l'édito intitulé : 'Quand la Sarkozie menace publiquement des juges, des petites mains s’exécutent'. Un jour critiqué par la gauche, le lendemain par la droite, cela arrive très fréquemment, ça fait même du bien, cela signifie qu'aucun 'camp' n'a réussi à nous attirer dans ses filets et que nous sommes encore capables de faire fonctionner notre esprit critique. Bon weekend à tous, je n'ose dire 'de Pâques', vous risqueriez de m'accuser de prosélytisme religieux !

  6. lyonnais - 29 mars 2013

    Un chef de bataille ? Mais sans troupe n'est rien !!Aujourd'hui il ne reste que 23% de content envers François Hollande dont Tom Hacini et romain blachier !Et sur Europe1, il ne récolte que de 12% de satisfait !En tout cas l'heure de la communication anesthésiante est passé...Monsieur le président de la République Française ne poussez pas le pays (votre pays) à l'épreuve de force....

  7. lyonnais - 29 mars 2013

    on dit que l'interview a été enregistrer, ça parait trop lissé... ça ne va pas on la refait monsieur le président !Si c'est réellement vrai de la part du président de la République Française, c'est un foutage de gueule de sa part...Et puis seul face à Pujadas, c'est pas normal!!

  8. guignol69 - 29 mars 2013

    Difference entre les TULIPES ET LES EMMMERDES ?PAS DE DIFFERNCECa vient tout de HOLLANDE

  9. JC - 29 mars 2013

    @LyonCap : comme vous le dites, sur votre site on trouve tout, et son contraire. Du coup, les commentateurs peuvent remettre les choses en perspective : certains avec talent, d'autres...Ceci dit quand je lis 'la vieille Europe est à la traîne', je trouve cela tellement simplificateur que ça me fait mal. Si avoir une protection sociale importante c'est être à la traîne, je ne comprends plus rien. Nous ne sommes pas à la traîne, nous sommes attaqués.

  10. Didier Maïsto - 29 mars 2013

    @ JC Que l'on 'trouve tout et son contraire' sur notre site, c'est toujours mieux que tout et n'importe quoi ! Cela prouve que le débat d'idées existe dans nos colonnes et pour ma part j'en suis très heureux. Il est cependant impossible, dans un édito, de tout écrire, de tout développer, il faut faire des choix. Si votre remarque sous-entend que je critiquerais notre protection sociale et défendrais des idées ultra-libérales, voici un article qui devrait vous intéresser http://www.lyoncapitale.fr/Journal/univers/Actualite/Edito/Quand-le-terrifiant-Monsieur-Lamy-fait-campagne-pour-decrocher-MatignonJ'essaie de ne pas simplifier. Je n'y arrive pas toujours...Bien cordialement,Didier Maïsto

  11. Collombitude - 29 mars 2013

    A gauche comme à droite soyons objectifs, celui qui nous a foutu dans la merde, c'est Sarko, 5 ans, qu'à-til fait, où sont les résultats? si la droite

  12. Collombitude - 29 mars 2013

    si la droite avait la solution, pourquoi en est -on arrivé là? La marge de manoeuvre est faible,les marchés gouvernent, l'Europe avec ses règles libérales verrouille,on ne dispose plus des remèdes,mais uniquement des cachets d'aspirine, la droite devrait faire profile bas, arrêter d'imiter Collomb en faisant de la politique politicienne

  13. QUENELLE - 29 mars 2013

    'Veillez et priez' Hier, Jeudi Saint, les cathos. (et pas seulement les extémistes...) célébraient leur foi et le mystère de l'eucharistie. Voir une intervention du Président de la République programmée ce jour là m'a personnellement dérangé ; laïcité ne veut pas dire manque de respect.

  14. JC - 29 mars 2013

    @Didier Maïsto 'Que l'on 'trouve tout et son contraire' sur notre site, c'est toujours mieux que tout et n'importe quoi ! Cela prouve que le débat d'idées existe dans nos colonnes et pour ma part j'en suis très heureux.' C'est exactement dans ce sens que je l'entendais! Je suis bien heureux que vous défendiez la protection sociale. Alors, l'expression 'à la traîne' devrait être suivie de ce sur quoi elle porte, par exemple 'en terme de croissance'

  15. RUOURS - 29 mars 2013

    Bien vu votre 'comme un excellent musicien classique...) mais il y faut aussi faire le lien avec sa formule 'j'ai le cuir dur' à l'identique d'un pachyderme qui cause de grands ravages sur son passage...

  16. guignol69 - 30 mars 2013
  17. PERHAPS - 30 mars 2013

    rien d'étonnant de lire les propos de mme TOMMASSINI qui jusqu'à la lie, défendra, bientôt à corps perdu, son bout de gras de privilèges ....mais qu'elle ne vienne pas nous faire la morale, c'est grotesque elle démontre dans chaque post que 1789 n'a pas fini le boulot

  18. PERHAPS - 30 mars 2013

    En tout cas, merci à la rare presse lyonnaise d'oser évoquer la vie locale, y compris les casseroles .... qu'elles soient de droite ou de gauche Mais force est de constater que l'armoire est bien plus grande à gauche depuis quelque temps, ce qui est tout simplement le résultat 'corruptif' du cumul de mandats auquel les intéressés sont à ce point accrochés, comme c'est étrange ! ah ! la social-démocratie n'a rien de démocratique et ils se chargent de le démontrer

  19. Ass.Mat.69 - 11 avril 2013

    Déclaration de patrimoine : Conseil Municipale Les enfants quand ils mangent, mettent leurs mains sous la table mais pour nos élus, vu « la quantité accumulée », il va falloir utiliser de stratèges extraterritoriaux pour répondre au questionnaire de nos chers inspecteurs du fisc.

  20. Ass.Mat.69 - 11 avril 2013

    Il m’est très pénible de le citer mais Hitler disait : « Plus le mensonge est gros plus çà passe » On en mesure l’étendue actuellement . Mais ce n’est pas une nouveauté que les Puissants ont toujours su faire preuve d’ingéniosité pour exploiter la crédulité des gens. Après tout, ils auraient tord de se gêner compte tenu qu’on les plébiscite !

  21. Ass.Mat.69 - 11 avril 2013

    Article paru dans Lyon Capitale en 2004 Litige entre le Département et l'URSSAF Le conseil général ferait-il des ardoises ?Les URSSAF de Lyon et de Villefranche, les caisses primaires d'assurances maladies et d'allocations familiales réclament près de 120 millions de francs au conseil général pour les cotisations de sécurité sociale des RMIstes. Une somme contestée par le Département. L'affaire a été portée mercredi 5 novembre devant le tribunal de Lyon......

  22. Ass.Mat.69 - 11 avril 2013

    Il est rare de voir s'affronter au Palais de Justice de grandes institutions. Pourtant c'est ce qui s'est passé mercredi 5 novembre devant le tribunal des affaires de sécurité sociale. Au rang des accusés figurait le conseil général. A celui des plaignants les URSSAF de Lyon et de Villefranche accompagnées des Caisses primaires d'assurance maladie et d'allocations familiales. Ces dernières reprochent au conseil général de ne pas s'être acquittées ou partiellement depuis 1994 des cotisations de sécurité sociale destinées au RMistes.

  23. Ass.Mat.69 - 11 avril 2013

    Depuis la loi du 1er décembre 1988, les bénéficiaires du revenu minimum d'insertion sont, en effet, obligatoirement affiliés au régime de l'assurance personnelle. Et leurs cotisations sociales doivent être, dans certains cas, prises en charge par le Département. Notamment lorsque les personnes concernées ont épuisé leurs droits au régime général de sécurité sociale des salariés ou des demandeurs d'emploi.....

  24. Ass.Mat.69 - 11 avril 2013

    Selon les organismes sociaux, la dette du conseil général s'élèverait aujourd'hui à près de 120 millions de francs, dont 20 millions en pénalités de retard. Mais ces chiffres ont été contestés par le responsable du service juridique du département au motif que la caisse primaire d'assurance maladie n'aurait pas réglé, depuis plusieurs années, sa participation à des campagnes de prévention (40 millions de francs) et que le département n'a pas les moyens de vérifier l'effectivité de sa dette.

  25. Ass.Mat.69 - 11 avril 2013

    C'est donc sur la fiabilité des listings d'allocataires qu'a donc essentiellement tourné le débat. Or chacun des parties a campé sur ses positions. Le Conseil Général a invoqué une enquête réalisée en 1994 selon laquelle il y aurait 10 % d'erreurs dans le traitement des dossiers à son détriment. 'Le décret de 1962 sur les collectivités territoriales nous contraint pourtant à certifier exacte snos pièces comptables au risque de sanctions', a souligné le juriste du département, qui a réclamé qu'une expertise indépendante soit menée

  26. Ass.Mat.69 - 11 avril 2013

    Les organismes sociaux ont, quant à eux, précisé qu'une étude de 1996, réalisée sous l'égide de la DRASS, n'aurait révélé qu' 1 % d'erreurs dans les listings. Et ce, malgré les situations très fluctuantes des RMIstes. 'Depuis la réalisation de cette étude, nous transmettons au conseil général un état trimestriel valant facturation', a par ailleurs ajouté l'URSSAF de Lyon.

  27. Ass.Mat.69 - 11 avril 2013

    Ainsi, les évaluations respectives semblent pour le moins contradictoires. Il en va d'ailleurs de même dans d'autres départements, notamment en Isère, ou les organismes sociaux et les départements s'affrontent également.A Lyon, l'affaire sera tranchée par le tribunal des affaires sociales le 19 décembre. Mais reste aujourd'hui à savoir si, à l'avenir, une convention de paiement entre le département et les URSSAF de Lyon et Villefranche pourra enfin être signée. A.S.

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