Haro sur les produits “light” et les plats préparés !

TEST. Afin de se faire une idée assez précise de la quantité d’additifs que nous ingérons régulièrement, nous avons fait analyser plusieurs échantillons d’aliments de consommation courante. Le test porte sur des additifs “agressifs”, c’est-à-dire ceux pour lesquels les données scientifiques sur la toxicité sont controversées. Nous avons demandé à plusieurs experts de valider les produits choisis.

S’il ne fait pas mystère que les aliments transformés – qui représentent 80 % de notre alimentation – contiennent de nombreux additifs (exemples : le Panier de yaourts Yoplait 0 % en contient 11, les Malabar 5), les plats préparés en sont les plus friands pour des raisons de conservation, de fraîcheur ou de goût. Ainsi, les quantités d’additifs de la composition maison et de la version industrielle d’un même plat sont aux antipodes.

La conclusion à tirer de ce test : cuisinez vous-même ! Au lieu d’acheter de la béchamel déjà préparée, bonne à réchauffer, faites-la, ça ne vous prendra qu’un quart d’heure. Évitez autant que possible les plats industriels tout faits, les sodas – bourrés d’édulcorants, d’acidifiants et de colorants – et ne pensez pas que la version “light” sera plus saine, le sucre y étant remplacé par de l’aspartame dont la toxicité est réévaluée par les dernières données scientifiques. Faites vos courses sur les marchés et en bio.

Les additifs recherchés

Nous avons sélectionné plusieurs familles d’additifs emblématiques, les benzoates (E210 à E213) et les nitrites (E249 et E250), fréquemment utilisés dans l’alimentation et dont la toxicité potentielle est prouvée par de nombreux rapports scientifiques. Ces additifs alimentaires sont des conservateurs, censés prolonger la durée de conservation des denrées alimentaires en les protégeant des altérations dues aux micro-organismes, tels que les moisissures, les bactéries ou les levures.

Le protocole de test

Les analyses ont été menées par le laboratoire Larebron (groupe Carso), spécialisé dans les analyses agroalimentaires et accrédité par le Cofrac.

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Nitrites (E249 et E250)

DJA (dose journalière admissible) : 0,1 mg/kg, soit

– pour un adulte de 60 kg : 6 mg

– pour un enfant de 20 kg : 2 mg

Doses ingérées (en mg pour 250 g)

Lardons fumés

Tradilège < 1,25

Stemmelen < 1,25

Herta 4,5

Eco+ < 1,25

Même si aucun produit ne dépasse les limites maximales autorisées en Europe, les lardons de la marque Herta s’en rapprochent. Un enfant qui mange la moitié d’une barquette de lardons fumés (quiches, omelette) dépasse sa dose journalière admissible. Chez les adultes amateurs de charcuterie, les dépassements de dose sont également assurés.

Trois des quatre marques parviennent, grâce à de bonnes pratiques de fabrication – hygiène, utilisation d’une viande pauvre en eau – à maintenir des teneurs acceptables, alors que Herta a la main un peu plus lourde sur les nitrites.

Si les fabricants utilisent les nitrites, c’est essentiellement pour éviter la prolifération des bactéries, mais également pour donner une coloration rose à la charcuterie.

Dans un rapport sur la consommation d’additifs dans l’Union européenne, il a été démontré que les adultes ingéraient entre 40 % et 230 % de plus que la DJA autorisée. Pour les enfants, le niveau de consommation varie entre +50 % et +360 % de la DJA en vigueur. Autrement dit, très largement au-dessus des quantités de nitrites qu’un individu de 20 kg peut théoriquement ingérer tous les jours sans risques pour sa santé.

Benzoates (E210 à E213)

DJA (dose journalière admissible) : 5 mg/kg, soit

– pour un adulte de 60 kg : 300 mg

– pour un enfant de 20 kg : 100 mg

Dose ingérées (en mg pour 1 litre)

Orangina 131

Sprite 89,7

Coca-Cola Light < 1

Les analyses ne montrent aucun dépassement de la dose journalière admissible pour trois des sodas les plus bus en France. On estime la consommation de sodas en France à plus de 60 litres par habitant et par an (130 litres en Allemagne et 200 litres aux États-Unis). Aux États-Unis, les enfants boivent en moyenne plus de deux canettes et demie par jour, frisant la dose journalière admissible. Le problème est l’effet d’accumulation, les benzoates se retrouvant dans d’autres produits, comme les soupes, les compotes, les sauces à base de fruits (sauce tomate par exemple) et, en grandes quantités, dans les mollusques, les crustacés et les œufs de poisson.

Dans le rapport cité précédemment sur la consommation d’additifs dans l’Union européenne, les adultes consomment en moyenne 6 % à 84 % de la DJA, contre 17 % à 96 % pour les jeunes enfants.

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