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Être féministe en 2011

A l'occasion de la Journée de la femme, l'association Osez le féminisme 69 a tenté de sensibiliser les Lyonnais sur l'égalité homme-femme. Récit d'une heure de tractage sur le Marché de la Croix-Rousse ce mardi matin avec ces nouvelles militantes du droit des femmes.

''La Journée de la femme, c'est seulement aujourd'hui ? Moi aussi, j'ai le droit à ma journée ? Bonne fête alors, mesdames !'', plaisantent quelques commerçants du Marché de la Croix-Rousse au passage des militantes d'Osez le féminisme 69. Taquins, ils font mine d'ignorer que les femmes n'ont, aujourd'hui encore, pas toujours les mêmes droits que les hommes. ''Lisez nos tracts, messieurs, il y a quelques chiffres édifiants'', répondent avec le sourire les militantes, distribuant sans discrimination de sexe, le précieux papier barré de l'inscription : ''L'égalité, pour nous, c'est toute l'année !''.

"Journée mondiale de la femme''. Les féministes nouvelle génération n'apprécient pas tellement la dénomination. Trop ''fête des grands-mères'', s'amuse Rachel Guimbaud, responsable de l'antenne lyonnaise d'Osez le féminisme. ''Le 8 mars est la Journée de lutte pour le droit des femmes. Au pluriel, car on n'est pas une race à part !'' rappelle-t-elle aux sept membres de la fraîche association lyonnaise, prêtes pour une heure de tractage. Pas d'homme présent pour la distribution matinale, mais ''ils sont attendus pour les autres actions de la journée'', précise la jeune travailleuse sociale aujourd'hui en formation.

''Mai 68, c'est déjà fait !''

Aux réactions amusées de certains vendeurs du Marché se mêlent celles agacées de quelques passants. ''Il y aura toujours de l'inégalité entre les hommes et les femmes !'' s'exclame sans espoir un cinquantenaire venu acheter quelques salades. ''Le féminisme, ça suffit, on l'a déjà fait Mai 68 !'', renchérit une passante refusant le tract distribué. Du côté des militantes, on encaisse le coup. Leïla, 18 ans, étudiante en lettres, tente d'établir un dialogue avec un macho revendiqué. Avant d'abandonner au son d'un ''Les hommes sont faits pour travailler, les femmes pour s'occuper d'eux''.

La lutte féministe aujourd'hui est tout aussi dure que celle des aînées de Mai 68. ''Les gens ont l'impression que tout est acquis, qu'il n'y a plus de revendications, or on vit dans une domination silencieuse, et c'est encore plus dangereux'' confie Rachel Guimbaud. Au final, une Journée de la femme et 365 jours de combat pour l'égalité des droits.

1 commentaire
  1. bruno - 8 mars 2011

    8 mars : journée de LA femme… ? Et non ! Celle des femmes transformée en « la femme » ! Offrez-lui un soin pour payez les inégalités du reste de l’année !!On est toujours un peu agacéE d’entendre parler de cette fameuse journée de « LA femme », en se demandant : 'Mais c’est qui celle-là ?Qu’est-ce qu’elle a de par­ti­cu­lier ? Et pour­quoi on ne parle que d’elle seule ?… Qu’est-ce que « LA femme »… ? la mère ? la putain ? la wor­king-girl au top de la société capi­ta­liste ? Toujours à fond, tou­jours plai­sante, qui ne se plaint jamais ni de ces patron-NE-s, ni des char­ges fami­lia­les, ni du carcan de la mode ?Ce jour du 8 mars devient donc celui où on entend tout et n’importe quoi, y com­pris des perles sexis­tes du genre : « aujourd’hui, elle ne va pas faire la vais­selle ». C’est la jour­née où l’on fait en sorte que les femmes se trans­for­ment en la femme pour nier les iné­ga­li­tés et la domi­na­tion sur l’inté­gra­lité de la seconde moitié de l’huma­nité niant ainsi nos reven­di­ca­tions poli­ti­ques et col­lec­ti­ves. Le sexisme ins­ti­tué socia­le­ment reste pour­tant la réa­lité aujourd’hui encore : 80% des tâches ména­gè­res sont effec­tués par les femmes… En gros, ILS font la vais­selle lundi et mardi matin et ELLES, tout le reste de la semaine. Et puis, ELLES doi­vent tra­vailler en horai­res déca­lés ou à temps par­tiel parce qu’elles n’ont pas le choix, et ELLES doi­vent se faire belles, et ELLES sont moins bien payées, et ELLES ne peu­vent pas avor­ter où elles veu­lent et par la méthode qu’elles choi­sis­sent, et ELLES ne peu­vent pas ache­ter de peti­tes voi­tu­res à leurs filles sans être regar­dées de tra­vers, et puis par­fois même ELLES pren­nent une bonne droite parce qu’elles se rebel­lent, et puis : qu’ELLES ne s’amu­sent pas à sortir seules la nuit…

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