Lyon, place Bellecour.
Lyon, place Bellecour. @François Rosenstiel (montage Lyon capitale)
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Enquête. Un plan Lumière en demi-teinte à Lyon

Alors que l’éclairage urbain plonge Lyon dans la menace d’un jour sans fin, la Ville étend l’expérimentation de l’éclairage intelligent, lancée en 2014 dans le quartier de Fourvière. Ou comment, pour limiter la pollution lumineuse et réduire les coûts, la Ville Lumière aspire à devenir celle des clairs-obscurs.


Trois siècles et demi après l’édit de 1697 par lequel Louis XIV imposa à Lyon, et aux trente principales villes du royaume, d’installer les premières lanternes publiques, l’illumination urbaine lyonnaise est en passe de se rembrunir. Éteignez les lumières braves gens !
À la fin du mois de janvier, le conseil municipal de Lyon a adopté à la quasi-unanimité* la poursuite du déploiement de l’opération d’éclairage public par détection sur le plateau de la Croix-Rousse, une partie du quartier de Vaise et de la Zac de l’Industrie, le quartier Saint-Rambert (hormis l’ancien bourg) et un gros morceau du 8e arrondissement. "L’objectif est de piloter l’éclairage public pour réaliser des économies d’énergie, explique le maire de Lyon, Grégory Doucet, soit en graduant l’intensité lumineuse en deuxième partie de soirée au moment où le trafic automobile se réduit, soit en mettant en place une détection de présence des véhicules aux entrées et sorties des différentes rues."
Sur le terrain, les travaux réalisés ont consisté, dans un premier temps, à remplacer ou rénover l’ensemble des 2 500 lanternes concernées par des luminaires à led équipés de l’un des deux systèmes de pilotage. Ce raccordement à la télégestion a ainsi permis de contrôler à distance l’ensemble des points lumineux pour s’assurer du bon fonctionnement global des cycles programmés. Coût des travaux : 3,5 millions d’euros.





Selon un sondage Ipsos (2015),  91 % des Français considèrent que l’éclairage public joue un rôle important "pour renforcer les conditions de sécurité le soir et la nuit"







Pionnière


Cette opération n’est pas la première du genre à Lyon. C’est en 2011 que la municipalité lyonnaise a mené la toute première expérimentation technique en éclairage intelligent. Le square Jeanne-Jugan, à côté de la gare SNCF de la Part-Dieu, et le jardin du Docteur-René-Biot, dans le quartier Monplaisir (8e), avaient été choisis pour les essais. Les équipes de la direction de l’éclairage urbain se posaient alors la question de l’impact de l’éclairage intelligent sur les ambiances nocturnes. D’autres développements ont eu lieu par la suite dans le centre-ville, notamment sur la passerelle Saint-Vincent, puis au sein du 9e arrondissement, dans le quartier Saint-Rambert. C’est là, sur le chemin de Montpellas, qu’a été testée pour la première fois à Lyon la détection de présence "au point lumineux". Le principe est simple : des contrôleurs d’éclairage sont placés sur chaque point lumineux, eux-mêmes connectés à des détecteurs de présence informant de la présence d’un piéton ou d’un véhicule. Tant que ces "radars" ne se déclenchent pas, l’endroit est éclairé en mode “veille”. Dès qu’ils décèlent une présence, un ordre d’allumage est envoyé.
La direction de l’éclairage urbain de Lyon se rend alors compte de la très bonne acceptation sociale, dès lors qu’il y a une transparence vis-à-vis des habitants.

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