DOCTEUR JEAN-BERNARD CAILLET : "LAA PRISE EN CHARGE DE LA DOULEUR SOUFFRE ENCORE D'UN MANQUE DE MOYENS"

A l'occasion de la 6e journée nationale de lutte contre la douleur (le 25 mai), Lyon Capitale a rencontré le docteur Jean-Bernard Caillet, président du Comité de lutte contre la douleur de Lyon.

Lyon capitale : L'hôpital français s'est mis très tardivement à prendre en considération la douleur, contrairement aux pays anglo-saxons. Ce retard a-t-il été comblé ?
Jean-Bernard Caillet : Ce retard de la France comme de tous les pays latins est dû à une réticence à l'utilisation des antalgiques majeurs dérivés de l'opium. C'est une conception judéo-chrétienne de la rédemption par la douleur. On disait par exemple que la femme doit enfanter dans la douleur ! Aujourd'hui, ce retard a été rattrapé grâce aux efforts faits en matière de recherche et d'enseignement et la mise en place de structures adaptées. Mais encore aujourd'hui, les moyens médicaux débloqués sont limités. La prise en charge de la douleur souffre d'un manque de moyens et de l'absence de pérennisation des structures. Aux HCL (Hospices Civiles de Lyon), il existe 5 consultations spécialisées pour la prise en charge de la douleur chronique rebelle. Dans ce cadre, seul un poste a été obtenu, les autres étant "empruntés" aux différentes spécialités.

Jeunes ou plus vieux, lorsque l'on est opéré, on a parfois du mal à communiquer aux personnels de soin sa douleur. Comment procédez-vous pour l'évaluer ?
Il y a essentiellement deux possibilités : l'autoévaluation. Le patient positionne lui-même un curseur sur une "échelle de douleur" de 1 à 10. L'hétéroévaluation pour les personnes non communiquantes (enfants, personnes âgées et personnes déficitaire). On se base sur des indicateurs indirects avec des échelles comportementales (gestes, position, mimiques des malades).
Propos recueillis par
Laurent Burlet

Rens : Centre de traitement de la douleur. 04 72 68 49 44.
www.chu-lyon.fr

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