© Tim Douet

Deux frères condamnés à Lyon pour avoir diffusé la vidéo de la mort d’une lycéenne

En janvier 2019, les images montrant l’accident mortel d’une jeune fille de 15 ans écrasée par un bus dans le 1er arrondissement étaient devenues virales sur les réseaux sociaux. Deux frères ont été condamnés mardi 21 juin à de la prison avec sursis pour la diffusion de ces images captées par les caméras de vidéo-surveillance de la Ville de Lyon.

Il y a un peu plus de trois ans, le 16 janvier 2019, Johanna, une jeune fille de 15 ans décédait, percutée avant d’être écrasée par un bus C3 à Lyon, près de l’Hôtel de Ville. Une semaine plus tard, la scène se retrouvait sur whatsapp et d'autres réseaux sociaux devenant rapidement virale, la propre mère de l’enfant finissant par voir ce "visionnage morbide". 

Mardi 21 juin, le tribunal judiciaire de Lyon a condamné deux frères à 10 et 6 mois de prison avec sursis pour la diffusion de ces images captées par les caméras de vidéo-surveillance de la Ville de Lyon. L’enquête a établi que le premier, un agent municipal de la direction de la supervision globale (DSG) avait filmé la vidéo sur l’un des écrans avant de l’envoyer à sa femme et son frère. Ce dernier l’a ensuite diffusé à cinq autres personnes sur whatsapp, notamment des collègues dépanneurs sur autoroute. Le point de départ d’une diffusion virale. Assermenté depuis peu, l'agent sait déjà qu'il est interdit de "sortir" des vidéos du service.

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Les accusés assument avoir "fait les cons"

Licencié après sa faute, l’agent et son frère, âgés de 40 et 42 ans, ont assumé à la barre du tribunal avoir "fait les cons" rapporte l’AFP. En se tournant vers la mère de la jeune lycéenne, qui a résumé l’ampleur de son traumatisme en une phrase "J'ai vu mon unique enfant se faire tuer, pratiquement sous mes yeux", l’ex-agent a déclaré lors de l’audience "Je m'excuse sincèrement, du fond du coeur". Pour lui, "le but n'était pas que ça se retrouve sur internet". L'objectif visé "c'était de dire à ma femme et à mon frère, les deux personnes qui me sont proches et qui venaient en ville, de faire attention".

Dans cette affaire, la procureure, Marie-Charlotte Fiorio, n’a pas hésité à dénoncer "une fascination pour l'image violente qui interroge", insistant sur "le décalage entre la légèreté d'un comportement et ses conséquences extrêmement lourdes", avant de requérir 5 et 4 mois avec sursis contre les accusés. Les peines prononcées se sont finalement révélées plus lourdes. Par ailleurs, le tribunal a ordonné une expertise médico-légale pour identifier le préjudice de la mère de la victime, lui octroyant 8 000 euros d'indemnités provisionnelles. 

Collomb et Keolis visés par une plainte de la mère

En janvier dernier, cette dernière, représentée par son avocat Me Jean Sannier, a déposé plainte pour homicide involontaire contre Gérard Collomb, ancien maire de Lyon, et Keolis, la société en charge de l'exploitation des Transports en commun lyonnais. L’enquête autour de cet accident tragique, elle, se poursuit toujours.

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