job dating
© Alison Pelotier

Comment recruter en deux minutes chrono

Mercredi 13 avril, 850 candidats étaient appelés à se présenter à l'Hôtel de ville face à 40 recruteurs proposant de multiples contrats de professionnalisation. Une journée de job dating qui, pour les employeurs, représente une première étape pour repérer des profils intéressants. Ce processus de recrutement s'avère pour la plupart d'entre eux utile et efficace. Reportage.

Top chrono, c'est parti ! « Vendez-vous en dix minutes ». Sourire aux lèvres, Mickael, 21 ans, ne se laisse pas intimider par l'attitude de l'employeur en face de lui. A la recherche d'un poste en développement informatique, il a été sélectionné pour passer un deuxième entretien. En face de l'enseigne de Pôle Emploi, d'Agefos PME et de la Maison de l'emploi et de la formation de Lyon, les organisateurs de l'événement, le jeune homme prend ses aises et fixe le recruteur droit dans les yeux. Compte à rebours, il ne perd pas de temps. Sans hésitation, il déballe toutes ses expériences professionnelles, les unes après les autres.

Pour lui, ces entretiens flash représentent une bon moyen pour se faire repérer. « Après avoir passer des dizaines d'entretiens d'embauche, j'apprécie une journée job dating. L'atmosphère est détendue et on n'a même pas l'impression de passer un entretien de travail », affirme-t-il.Sans panique ni angoisse, Alexandre, lui, cherche un travail en grande surface. Convoqué par Pôle Emploi, il a passé un test de sélection avant d'être convoqué pour une session de recrutement éclair : « Il faut apprendre à se vendre en quelques minutes. En Amérique, ils utilisent le chronomètre, ici c'est plus cool ». Pour ce jeune de 25 ans « l'objectif n'est pas seulement de signer un contrat de professionnalisation mais, à plus long terme, de décrocher un emploi stable ».

Une première couche de recrutement

Espaces délimités, conversations isolées entre deux grillages en fer, salles remplies de participants, ce nouveau mode de recrutement suscite non seulement un réel intérêt auprès des demandeurs d'emploi, mais inspire aussi bien les entreprises lyonnaises. « Sur les vingt personnes rencontrées, quatre pourrait m'intéresser pour un éventuel contrat de professionnalisation » affirme un recruteur de Chronodrive, spécialiste en e-commerce.

« Ces journées sont une façon de balayer la demande. Il s'agit d'une première couche de recrutement. Les employeurs se font une première idée et décident, par la suite, s'ils veulent approfondir l'étude d'une candidature et proposer, pourquoi pas, des contrats en CDI », affirme Michel Barbier, responsable du service de professionnalisation d'Agefos PME Rhône-Alpes. Des profils intéressants se démarquent malgré le peu de temps mis à disposition. Comme quoi, pour lui, bien se vendre n'est pas juste une question de temps mais « une simple affaire de communication ».

Organisées depuis 2005 par la ville de Lyon, les journées job dating s'inscrivent dans un contexte d'insertion orientée de plus en plus vers la professionnalisation des jeunes entre 16 et 25 ans. Lors de la précédente édition du job dating « Contrat de professionnalisation » en 2010, 341 entretiens avaient débouché sur 36 embauches.

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