Les frères Coen, Joel et Ethan, ont reçu ce vendredi 16 octobre, le 18e prix Lumière à l’Amphithéâtre 3 000, des mains de leurs proches et amis, comme Frances McDormand et Javier Bardem.
Les cinéastes américains Joel et Ethan Coen ont reçu ce vendredi 16 octobre le 18e prix Lumière sous les ovations du public lyonnais, réuni comme chaque année dans l’Amphithéâtre 3000, situé dans le 6e arrondissement.
"Un regard commun, un humour de travers, une profonde tendresse pour les travers de l’espèce humaine"
Mais avant de le recevoir, les deux frères ont pu se replonger dans plusieurs décennies de cinéma, leur cinéma, à travers les différents hommages qui leur ont été rendus. D’abord celui de l’actrice Frances McDormand, également compagne de Joel Coen. L’inoubliable cheffe de police de Fargo s’est souvenue de ces "boys" qui ont commencé le cinéma lorsqu’ils avaient 27 et 24 ans avec Blood Simple, puis de cette "confrérie", un surnom "bien mieux, plus mature et sérieux." Selon elle, l’esprit des Coen, c’est surtout "un regard commun, un humour de travers, une profonde tendresse pour les travers de l’espèce humaine et la conviction que raconter de bonnes histoires crée une force collective", a décrit Frances McDormand. La présidente de l’Institut Lumière, Irène Jacob, a ensuite salué ces deux frères originaires du Minnesota qui ont créé, au fil des décennies, "une œuvre cinématographique personnelle et inventive, bien loin des studios d'Hollywood." Des cinéastes "foncièrement indépendants, toujours dans la marge, excellents dans la comédie noire ou dans la tragédie burlesque ou mélancolique" et aux personnages, même secondaires, toujours "écrits avec soin." "Ils sont capables du meilleur comme du pire. Ils jouent la vie à pile ou face, tuent, mentent, paniquent, prennent des mauvaises décisions, philosophent, et souvent, chantent du folk et de la country", a loué Irène Jacob.
La soirée s’est poursuivi en chanson, avec Bénabar et Angelique Kidjo, le premier reprenant Je me voyais déjà et Parce que tu crois de Charles Aznavour, parmi les chansons françaises préférées d’Ethan Coen, et la seconde Ne me quitte pas de Jacques Brel qu’affectionne tout particulièrement Javier Bardem. L’acteur espagnol aura d’ailleurs beaucoup amusé le public avec ses anecdotes sur sa découverte du cinéma des frères Coen, puis sa rencontre avec les cinéastes sur le tournage de No Country for Old Men. "Le résultat est un chef d’œuvre et c’est le cadeau d’une vie. Ils m’ont donné quelque chose d’exceptionnelle que je n’oublierai jamais, avec une telle foi dans ma performance que je ne pourrais jamais l’oublier. Ils ont réalisé mon rêve", s’est ému l’acteur. Et d’ajouter : "De film en film, ils ont gardé une cohérence et leur empreinte. C’est quelque chose d'extrêmement difficile de garder cela. Ils l’ont réussi, pour eux, mais aussi pour nous. Je suis un salaud sacrément chanceux d’être là ce soir pour les célébrer et leur dire merci."
"C’est très émouvant"
Après une standing ovation amplement méritée, les deux cinéastes sont venus récupérer le fameux prix Lumière des mains de leurs proches. Joel Coen, visiblement très ému, s’est dit "bouleversé" de revoir le chemin parcouru. "C’est très émouvant. Il y a quelque chose de vraiment fort dans ce que vous nous faites vivre ce soir et je voudrais simplement vous dire merci, dire merci à tous ceux qui nous ont accompagnés durant ces quarante ans de cinéma." Ethan Coen a quant à lui remercié les frères Lumière d’avoir inventé le cinéma "car sinon nous aurions été foutus", s’est amusé le cinéaste. Avant de poursuivre : "Merci de nous avoir accueillis, merci à ce festival et pour votre accueil si gentil."
"Je suis encore plus ravi d’avoir ce prix ici, en France, dans un pays ou, non seulement, on aime le cinéma, mais où on aime le partager dans le noir, devant un grand écran, tous ensemble. Ça me met en joie et ça me fait particulièrement plaisir", a finalement conclu Ethan Coen, sous les applaudissements chaleureux du public.
