Hommage à Mireille Knoll
© Romane Guigue

Bellecour : un hommage à 1000 personnes pour Mireille Knoll

Hier soir, devant le Veilleur de pierre place Bellecour, près d’un millier de personnes se sont retrouvées pour rendre hommage à Mireille Knoll. Assassinée chez elle vendredi à Paris, les enquêteurs ont conclu qu’il s’agissait d’un acte antisémite.

Il n’est pas encore 18h30 quand des centaines de personnes s’amassent à proximité du Veilleur de pierre, le long de la place Bellecour. Beaucoup portent un manteau, une écharpe ou encore un chapeau blanc, pour témoigner leur hommage à cette dame de 85 ans assassinée dans son appartement parisien vendredi dernier. Mireille Knoll a perdu la vie dans un crime sordide, que le parquet a qualifié d’antisémite. Le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), la Licra (Ligue contre le racisme et l’antisémitisme) et l’Uejf (Union des étudiants juifs de France) appelaient au rassemblement à Lyon tous les Juifs de la ville, mais aussi tous les Lyonnais qui souhaitaient apporter leur soutien. Ils étaient près d’un millier de citoyens, de tout horizon et de toute confession, à se recueillir durant la minute de silence demandée. Sans un discours, le cortège a marché en silence jusqu’à la Grande Synagogue, quai Tilsitt, où un hommage à Mireille Knol a été rendu par le grand rabbin. Messieurs Kimelfeld et Képénékian étaient en tête, au côté de Nicole Bornstein, présidente du Crif Lyon. En tête de la marche également, Richard Wertenschlag, grand rabbin et Benaïssa Chana, président du conseil régional du culte musulman qui portaient une banderole sur laquelle on pouvait lire "Tous solidaires pour résister".

"C’est de pire en pire"

D’autres pancartes étaient brandies par des citoyens inquiets, qui voulaient alerter sur la situation : "C’est terrible de se dire qu’aujourd’hui, on peut mourir parce qu’on est juif. Les tweets ou les insultes antisémites sont déjà inadmissibles, mais pour ce qui s’est passé vendredi, je n’ai pas de mots. Les Juifs se cachent d’être juif, c’est de pire en pire", explique une Lyonnaise. "Il faut que toutes les personnes qui commettent des actes antisémites soient punies. Et ça devrait aussi s’appliquer à tous les actes racistes aussi. On a l’impression que rien n’a évolué dans les mentalités, que tous les clichés sont restés intacts", déplore une citoyenne venue témoigner son soutien. Alors que la France Insoumise n’était pas conviée à l’hommage parisien, Elliott Aubin était pourtant présent dans le cortège : "C’est important d’y aller au nom de la solidarité et de la compassion, au nom de la lutte contre l’antisémitisme. Mais ce n’est pas normal qu’une organisation politique s’approprie une lutte comme celle-là", déclare l’adjoint au maire du 1er arrondissement, avant d’ajouter : "ça nuit aux véritables causes et au message envoyé lors de cet hommage."

"On se donne beaucoup de peine pour créer le dialogue"

Pour le grand rabbin de Lyon, "ce n’est pas juste la communauté juive qui est endeuillée." Richard Wertenschlag avoue que la situation l’inquiète. "Le nouvel antisémitisme s’attaque aux lieux de vie désormais. C’est déjà très compliqué d’assurer la protection des lieux de prière et d’étude, désormais c’est toute la communauté juive qu’il faudrait protéger." Fin janvier, le ministère de l’Intérieur publiait un rapport dans lequel on apprenait que les actes antisémites et racistes étaient moins nombreux, mais plus violents. "Aujourd’hui, on partage tous le même souci. Il faut que l’on retrouve les idéaux dans lesquels nous pouvons tous vivre ensemble. Avec mes homologues, on se donne beaucoup de peine pour créer le dialogue par le biais de tables rondes ou de réunions interreligieuses." Pour Richard Wertenschlag, le dialogue est une solution. Il faudrait malgré tout reconnaître les choses comme elles sont explique-t-il : "Peut-être que l’on met du temps à appeler un acte antisémite un acte antisémite, on parle de querelle de voisinages alors qu’elles sont toujours dans le même sens. Il y a comme une volonté de mettre en doute les choses, sans doute pour ne pas opposer les communautés. C’est pour ça qu’aujourd’hui nous sommes très prudents, et que nous attendons que les enquêtes judiciaires tranchent avant de manifester." Après l’hommage rendu à Mireille Knoll, la foule s’est dissipée, laissant les pancartes devant les portes de la synagogue.

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