Assistante familiale, un métier pas comme les autres

Ce jeudi 28 janvier, une soixantaine d'assistants familiaux seront diplômés au Conseil général du Rhône. Ils sont 672 dans le département à accueillir 1170 enfants chez eux.

Sur la sonnette quatre noms d'enfants : Josselin, Maïlys, Lilian et Mariam. Pourtant, un cinquième habite aussi la maison : Max, quatre ans. Il vit dans la famille de Marie-Claude, assistante familiale à Pierre-Bénite au sud de Lyon. Pour le petit garçon, Marie-Claude n'est toutefois pas la maman mais la "mamoune". "Il fallait trouver un nom pour qu'il puisse à la fois m'identifier et garder à l'esprit l'existence de sa propre maman", explique l'assistante familiale employée par le Conseil général du Rhône. Ce jeudi, après 300 heures de formation, elle recevra son diplôme d'assistante familiale, parmi une soixantaine d'autres diplômés. La cérémonie aura lieu au conseil général.

Dans le cadre de sa profession qu'elle exerce avec passion, Marie-Claude héberge donc le petit Max qui continue de voir sa maman biologique à raison d'une à deux heures par semaine. Et ce matin, seule avec le chien et les poissons rouges, les enfants sont à l'école, elle accepte de nous parler de sa profession si peu connue.

Pacifier une histoire familiale

"Je suis là pour accompagner l'enfant et l'aider à pacifier son histoire familiale difficile", explique cette femme qui exerce depuis quatre ans ce qu'on pourrait appeler “sa vocation“. Son mari et elle ont "toujours agit en prêtant attention aux autres", explique-t-elle. Elle a exercé d'autres professions, comme infirmière ou responsable de jeunes parents et de familles. "La vie a fait le reste", s'amuse à penser Marie-Claude qui a adopté deux de ses quatre enfants.

Mais attention, Marie-Claude précise que le petit dernier "ne sera jamais [son] fils". Même si elle s'en occupe depuis ses sept mois. Car c'est la mère biologique, ainsi qu'un travailleur social, qui disposent conjointement de l'autorité familiale de Max. "Je ne peux pas l'inscrire en centre aéré par exemple“, détaille-t-elle. Max a été placé chez Marie-Claude afin qu'elle subvienne à ses besoins. Mais chaque année, le juge réévalue la situation et décide de rendre ou non l’enfant à sa famille biologique. "Ce sont des enfants à qui on ne peut pas promettre qu'on sera toujours là pour eux", regrette Marie-Claude.

La famille à contribution

"La situation n'est pas simple", insiste l’assistante familiale. "Ce sont souvent des enfants qui ont vécu des ruptures avec leur environnement familial. Ils doivent accepter leurs racines", continue-t-elle. Une situation d'autant plus compliquée que la maman biologique de Max ne doit pas avoir l'impression d'être un mauvais parent, ni d'être remplacée. Marie-Claude a pris la peine de la rencontrer plusieurs fois.

"Nous faisons le choix d'emmener Max avec nous en vacances", raconte-t-elle. "Mais tous mes enfants ont chacun une manière particulière d'être mes enfants. Ma relation avec Max est avant-tout professionnelle, j'ai un projet précis pour lui", précise Marie-Claude. Ce qui n'empêche pas l'assistante familiale d'aimer Max comme son propre enfant, "ce qui n'est pas écrit sur le contrat". La plupart des enfants de la famille l'appellent “leur frère“. C'est une particularité importante du métier : “Il met tout le monde à contribution, mais il n’y que moi qui suis embauchée“, précise Marie-Claude.

1140 euros brut par mois

Les assistants familiaux perçoivent en moyenne, pour un enfant gardé à temps complet, 1140 euros brut par mois. Le Département - l'employeur de Marie-Claude - multiplie ce montant en fonction du nombre d’enfants gardés. Des indemnités d’entretien (eau, électricité, nourriture), ainsi que des frais d'habillement, de vacances, de transport ou de santé s'ajoutent à ce montant de base. Marie-Claude reçoit également une prime de Noël pour gâter Max sous le sapin. Rien toutefois pour son anniversaire. "On hérite d'une histoire du placement qui s'effectuait à ses débuts dans des congrégations religieuses", explique Marie-Claude.

Ce jeudi, une soixantaine d'assistants familiaux vont être diplômés pour la première fois. Marie-Claude en fait partie : "La plupart des assistants familiaux n’ont pas d’autres diplômes donc c’est un moment fort de reconnaissance pour eux et pour la profession". Au 31 décembre 2009, sur les 2927 enfants pris en charge par le Département du Rhône, 40 % étaient accueillis chez des assistants familiaux soit 1170 hébergés chez 672 assistants familiaux. Le diplôme est délivré suite à un examen ou à une validation des acquis. Une reconnaissance symbolique qui est l'occasion de découvrir ce métier "pas comme les autres" et qui peine à augmenter ses effectifs.

Il est maintenant 11h30, Marie-Claude attend Max aux portes de l'école maternelle de Pierre-Bénite. "Mamoune !", s'exclame-t-il. L'enfant lui saute dans les bras.

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