27 Lyonnais détenus en Israël : une famille et l'ambassade témoignent

La situation est toujours compliquée en Israël pour les 27 Lyonnais détenus depuis dimanche au centre de rétention de Ramleh, à l'intérieur de la prison de Givon. Partis ce dimanche de Genève, dans le cadre d'une mission humanitaire intitulée "Bienvenue en Palestine", ils ont été arrêtés dès leur sortie d'avion. Témoignages de leurs proches et explication de l'ambassade de France.

Contactée par téléphone, Isabelle Duperray, dont les parents font partie des 27 personnes, revient sur leurs conditions de détention. "Mes parents ont décollé [dimanche] matin de Genève sur un vol Easyjet, ils ont été arrêtés dès leur descente de l'avion à l'aéroport Ben Gourion. Le consul de France à Tel Aviv m'a informée dans la soirée de leur situation. Mes parents se rendaient à Bethléem dans le cadre d'une mission afin d'inaugurer une école internationale. Ce sont des retraités de plus de 70 ans, habitant Brignais et ils ne sont pas recherchés par une quelconque autorité."

La situation a évolué en début d'après-midi ce lundi lorsque Isabelle a reçu un appel de sa mère, Colette. "Les autorités israéliennes lui ont donné une carte téléphonique de 3 minutes pour qu'elle puisse prévenir sa famille", précise-t-elle. "Maintenant elle essaie de joindre mon père qui a été placé dans un autre endroit, les hommes et les femmes ayant été séparés. Ils adopteront ensemble la marche à suivre. La solution la plus probable serait qu'ils acceptent de signer un papier stipulant qu'ils s'engagent, contre leur libération, à ne plus se rendre en Palestine". Concernant les conditions de détention de sa mère, Isabelle avoue que celle-ci "ne s'est pas trop étendue sur le sujet mais elle semblait tout de même très émue par ce qui se passait".

42 personnes ont été arrêtées

Également jointe par téléphone, la responsable du service presse et communication de l'ambassade de France à Tel Aviv nous apprend que : "5 ou 6 personnes ont accepté de repartir sur un vol de la compagnie Easy Jet dès ce mardi soir. Pour les autres, ceux qui acceptent la décision des autorités israéliennes, le retour devrait s'effectuer d'ici à mercredi au plus tard. Ceux qui refuseront cette décision enclencheront alors une procédure judiciaire qui prendra du temps, avec, au final, peu de chances d'arriver à une décision autre que l'expulsion du territoire". Interrogée sur le sort des détenus, l'attachée de presse précise : "Ils ont été reçus convenablement, ils ont tous eu la visite du Consul de France et de son secrétariat et ces derniers ont pris le temps de prévenir leurs familles". Au total, ils seraient 42 à être ainsi détenus au centre de rétention de Ramleh, à l'intérieur de la prison de Givon depuis dimanche.

"Cette situation est complètement illégale"

Pour le collectif 69 de soutien au peuple palestinien qui organise ce lundi soir à 18 h un rassemblement d'information et de protestation place de la comédie à Lyon, "cette situation est complètement illégale". Dominique Noly, secrétaire général du collectif poursuit en affirmant : "Le problème de la Palestine c'est que c'est une colonie, un territoire occupé. Israël ne veut pas reconnaître la nature de la Cisjordanie. C'est aberrant de savoir qu'on doit passer par Israël pour se rendre là-bas. C'est une entrave grave à la liberté de circulation". Interrogé sur la suite des actions à mener, il précise que l'opération "Bienvenue en Palestine" se poursuit : "Tous ceux qui n'ont pas pu décoller de Genève ce dimanche vont prendre un vol en fin d'après-midi direction Tel Aviv". Et de conclure : "Hier (dimanche), les autorités israéliennes savaient que les militants allaient venir dans le cadre de la mission humanitaire. Elles ont donc renforcé les contrôles aux frontières. J'espère que ce soir, ils pourront entrer sur le territoire". Les militants étaient attendus dès ce lundi en territoire palestinien pour inaugurer une école internationale.

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