Curnonsky
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Les grandes figures de la gastronomie lyonnaise : Curnonsky, fils de pub

“Lyon, capitale mondiale de la gastronomie”, c’est lui. Mieux que Séguéla, Curnonsky avait le sens du slogan avant l’heure.


En matière de “réclame”, il a imaginé des slogans publicitaires qui ont fait la renommée – et la fortune – de grandes marques. C’est notamment lui qui a baptisé du nom de “Bibendum” le bonhomme en pneus Michelin dessiné en 1898 par le Lyonnais Marius Rossillon (alias O’Galop), puisqu’il boit tout, même l’obstacle (sur l’affiche, on le voit debout, à côté de deux convives qui se dégonflent, en train de lever son verre rempli de débris de verres et de clous, avec la citation de Horace “Nunc est bidendum !”, à savoir “c’est maintenant qu’il faut boire”).

Les items d’une “capitale gastronomique”


Mais l’histoire retiendra de Curnonsky son illustre “Lyon, capitale mondiale de la gastronomie”. Une formule qui s’est imposée en 1935 grâce à l’ouvrage qu’il publie avec le journaliste lyonnais Marcel Grancher.
En réalité, le bon mot date de 1925. Homme de lettres, journaliste, humoriste et bon mangeur (1 mètre 80 et 120 kilos), Maurice Edmond Sailland invente, avec son ami suisse Marcel Rouff (la postérité le gardera pour son roman La Vie et la passion de Dodin-Bouffant, gourmet), rien de moins que le “guide gastronomique”, en publiant un tour de France gastronomique, en vingt-huit volumes.
Si, en 1922, Paris est baptisé “capitale de gueule” et “Tour de Babel gastronomique”, Dijon qualifié un an plus tard comme l’“un des rares paradis terrestres”, puis Bordeaux de “pays de gueule”, c’est Lyon qui, en 1925, hérite de l’hommage le plus dithyrambique. Avec cet “avertissement” aux lecteurs : “Où nous allons manquer d’épithètes admiratives.” Les auteurs, dès les premières lignes de leur fascicule consacré à Lyon et au Lyonnais, expliquent en effet être partis “sur les ailes de l’enthousiasme” pour les autres contrées au point de demander “quelles expressions (…) trouver (….) pour parler de cette prodigieuse région”. Et d’avancer que “Lyon, nous n’hésitons pas à le dire, à l’écrire, à le proclamer, est la capitale gastronomique du monde”.
Curnonsky énumère les raisons qui justifient cette consécration : l’abondance, la variété et la qualité des produits, l’ouverture au monde, des productions réputées, des chefs de renom, un savoir-faire et une tradition culinaires, “un culte de la table à tous les degrés de l’échelle sociale” et un territoire “on peut y déguster tous les plats du monde, tous les plats régionaux de France, tous les vins de la planète”.





“La métropolisation de la capitale des Gaules réalise aujourd’hui et, a posteriori, le coup de force et de génie de Curnonsky








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