Gastronomie : bientôt (enfin) un trois-étoiles à Lyon ?

À l’instar de Pierre Gagnaire, qui quitta la Loire il y a dix-sept ans, Christophe Roure, seul chef double-étoilé ligérien (Le Neuvième Art), que d’aucuns promettent à un avenir triplement radieux, part de Saint-Just-Saint-Rambert pour s’installer à Lyon. Ouverture prévue : mai 2014.

2003-2013. Une page est tournée. La décision a été prise. Le compromis est désormais signé. L'acte de vente final le sera d'ici quelques semaines. Christophe Roure, deux macarons Michelin à Saint-Just-Saint-Rambert (à 18 km de Saint-Étienne), s'en va. Il vient d'acquérir 200 m2 au 173 de la rue Cuvier, dans le 6e arrondissement de Lyon, près des Brotteaux. Au lieu et place du restaurant de viandes Le Charolais, à l'angle de la rue Professeur-Weill.

Le dernier service du Neuvième Art version Saint-Just-Saint-Rambert est prévu le samedi 22 mars. Après quoi l'ancienne gare sera réhabilitée.

"Le contexte économique est difficile, explique Nati Roure, l'épouse du chef. À Saint-Just-Saint-Rambert, le service de midi est très laborieux, pas très brillantissime, alors qu'à Lyon nos amis chefs s'en sortent mieux." "Cela fait dix ans que nous sommes installés, ma femme, mon équipe et moi, à Saint-Just-Saint-Rambert. Or, ici, malheureusement, je n'ai pas assez de clientèle et le pouvoir d'achat ne cesse de diminuer", renchérit Christophe Roure.

Gagnaire et Sainté

L'histoire rappelle celle de Pierre Gagnaire, aujourd'hui trois-étoiles à Paris. Malgré trois étoiles accordées par le Michelin, le Stéphanois dépose le bilan. En 1996, il part pour Paris, où le succès ne se démentira plus et les affaires fleuriront.

Christophe Roure, c'est un peu la même histoire. À la différence près que son restaurant Le Neuvième Art tourne plutôt bien*.

Après trois projets avortés dans la région stéphanoise, Christophe et Nati Roure ne veulent "plus tourner le dos à Lyon". Ils optaient pour l'hypercentre, ils auront les Brotteaux, pas loin de l'étoilé Clovis.

Paul Bocuse a certainement mis son grain de sel... Car c'est le duo Vavro (architectes d'intérieur officiels du groupe de Monsieur Paul) qui s'occuperont de la déco du nouveau Neuvième Art.

Relève gastronomique lyonnaise ?

De 25 couverts à Saint-Just-Saint-Rambert, le restaurant gastronomique passera à 40 couverts à Lyon pour 15 à 17 personnes au total. "Le registre de cuisine sera le même, on transfère nos deux étoiles d'un lieu à un autre." Comptez entre 75 et 130 euros. Avec une différence : Le Neuvième Art y proposera une formule "déjeuner d'affaires", incontournable en ville.

"Les deux macarons resteront virtuellement au-dessus de la tête du chef, nous a dit Michelin, mais elles devront être confirmées par l'équipe."

"Il y a un centre d'intérêt pour les chefs à Lyon. Cette ville me permettra de faire évoluer ma cuisine", assure Christophe Roure, que d'aucuns entre Rhône et Saône annoncent comme un futur trois-étoiles.

La relève gastronomique lyonnaise, autrement dit l'après-Bocuse, passerait-elle, contre toute attente, par Le Neuvième Art ?

* 836 000 euros de CA pour 51 000 euros de résultat au 31/7/2012 (source : Infogreffe).

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1 commentaire
  1. perigourdin - 29 novembre 2013

    J'ai une amie qui a connu la même histoire. Elle avait un restaurant sur La Grande Motte. Son talent pour la cuisine font que l'été venu, elle arrive à attirer un monde fou mais durant l'année, la Grande Motte étant une station balnéaire, il n'y avait pas beaucoup de clientèle. Encore moins depuis la crise.... Elle s'est déplacée à Montpellier dans une ruelle à gros passage et le restaurant est plein tout au long de l'année depuis.

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