Lyon-Turin : chantier décrété d’utilité publique et urgent

Comme prévu, l’Etat a craqué sous le coup de semonce des socialistes rhônalpins d’avant les vacances. Ce vendredi 23 août, le Premier ministre a signé le décret déclarant les travaux destinés à créer les accès français à la future ligne à grande vitesse Lyon-Turin, "d’utilité publique et urgents". Pour un "Notre-Dame-des-Alpes" en préparation ?

"Au moment où les feuilles d'impôts arrivent chez les contribuables et que des efforts importants leur sont demandés, le Premier Ministre des projets inutiles et imposés se moque des recommandations de la Commission "Mobilité 21" qui considère ce projet comme non prioritaire", tance Daniel Ibanez, chef de file des opposants à ce projet de transports "d’avenir", dans un communiqué. Car, depuis ce vendredi, c’est officiel : lancé en 1991, le projet d’"autoroute ferroviaire" entre Lyon et Turin – qui combinera fret et trafic de voyageurs – devra aboutir en 2 028-2 029.

En attendant, les travaux d'accès à l'ouvrage interviendront entre Colombier-Saugnieu (Rhône) et Chambéry (Savoie). Autre précision du décret : des aménagements point par point dans les communes savoyardes de Montmélian et Francin, et entre Avressieux et Saint-Jean-de-Maurienne seront aussi réalisés. Dans ces zones, les expropriations nécessaires devront être faites d’ici 15 ans maximum.

"Un mauvais coup à la démocratie et aux finances publiques"

Une victoire pour Jean-Jack Queyranne, le président PS du Conseil régional. Bien moins pour les opposants français du collectif Lyon-Turin, qui ciblent désormais le chef du gouvernement Jean-Marc Ayrault, "grand promoteur de Notre-Dame-des-Landes". A travers ce décret signé de sa main, il porte pour eux "un mauvais coup" à la fois "à la démocratie et aux finances publiques" et engage l'Etat sur la voie d'un Notre-Dame-des-Landes Bis.

"Un mauvais coup pour la démocratie alors que toutes les déclarations faites devant le Parlement en 2002 se sont révélées fausses et mensongères, insiste Daniel Ibanez, alors que la ligne ferroviaire existante n'est utilisée qu'à 17 % de sa capacité, au mépris de la santé des riverains, après avoir reçu près d'un milliard d'investissements qui devraient permettre de transporter la quasi-totalité des marchandises circulant sur les routes des Alpes franco-italiennes".

Pour rappel, le rapport Duron de la commission Mobilité 21, remis au gouvernement fin juin, confirmait "l'intérêt à terme de la réalisation des accès prévus" à la liaison Lyon-Turin tout en classant "le projet d'accès à la liaison binationale en seconde priorité". Celle-ci ne sera pas reportée aux calendes grecques, comme l’espéraient les opposants. A terme, la LGV Lyon-Turin doit raccourcir le trajet Paris-Milan à un peu plus de 4 heures, contre 7 actuellement, grâce notamment au percement d'un tunnel sous les Alpes. Mais le parcours promet déjà d’être tortueux.

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