L’hôpital Henry-Gabrielle, à Saint-Genis-Laval, alerte depuis deux ans sur la dégradation des conditions d’accueil des patients. Spécialisée dans les soins aux personnes handicapées, la structure publique regrette la suppression d’une aide régionale de 500 000 euros survenue en 2012.
164 lits d'hospitalisation complète, 35 lits d'hôpital de semaine et 12 lits d'hôpital de jour. Sur le site des Hospices civils de Lyon (HCL), ce sont les chiffres de 2012 qui prévalent, semblant indiquer que l'hôpital Henry-Gabrielle disposerait des moyens nécessaires pour soigner les personnes handicapées.
Spécialisée dans la rééducation fonctionnelle, la structure de Saint-Genis-Laval est pourtant dans une situation critique. Car c'est justement en 2012 que l'agence régionale de santé (ARS) a supprimé la compensation annuelle de 500 000 euros versée à l'hôpital pour sa prise en charge du handicap lourd. Cette coupe budgétaire a entraîné des suppressions de postes d'infirmières et d'aide-soignantes, l'absence de remplacement en cas d'arrêts, ainsi que la fermeture de plusieurs lits courant 2013.
“Des sélections à l'entrée d’un hôpital public ?”
Mais le pire, pour le comité de défense du personnel, c'est le ratio d'admissions imposé ensuite par les HCL : un patient lourd pour deux patients légers. "Comment définissent-ils un patient lourd et un patient léger ?" s'interroge Didier Machou, représentant CGT du comité. "Avant, le seul frein à l'admission c'était le nombre de lits, en aucun cas la pathologie. Aujourd'hui, c'est devenu une variable d'ajustement. Je sais qu'on est en crise, mais est-ce que la cinquième puissance économique du monde en est vraiment à faire des sélections à l'entrée d'un hôpital public ?" Pour les ergothérapeutes et les orthophonistes de l'établissement, cette "sélection" entraînerait de "réels retards de rééducation sur les patients".
“Si quelqu’un peut nous aider, c’est M. Collomb”
Henry-Gabrielle est l'un des trois établissements publics dédiés à la rééducation fonctionnelle en France, et le seul dans la région. C'est à ce titre que le comité de défense du personnel tente d'interpeller les édiles locaux. Juste avant le premier tour des élections municipales, il a donc rencontré les maires sortants (et réélus) de quatre communes du secteur : François-Noël Buffet (maire UMP d'Oullins), Michèle Picard (PCF, Vénissieux), Gérard Collomb (PS, Lyon) et Roland Crimier (UDI, Saint-Genis-Laval).
Résultat : une lettre de soutien de Gérard Collomb, une intervention du sénateur-maire François-Noël Buffet auprès de la ministre de la Santé Marisol Touraine, et une promesse d'alerter les médias de Michèle Picard. Promesse qui fut tenue aujourd'hui, mercredi 30 avril. "Le personnel hospitalier (...) ne peut plus assurer l’accompagnement psychologique indispensable des personnes qui voient leur vie basculer brusquement dans le handicap, peut-on lire sur le communiqué de la maire de Vénissieux. Cette situation est inacceptable et remet en question le principe même du droit inconditionnel à la santé pour tous !"
Quant à Roland Crimier, il aurait surtout pointé la faible marge de manœuvre dont disposent les maires en matière de santé, selon Didier Machou. "Si quelqu'un peut nous aider, c'est M. Collomb, ajoute le représentant du personnel. On ne doute pas de son soutien, mais on aimerait qu'il tape du poing sur la table !" À ce jour, le comité de défense du personnel d'Henry-Gabrielle a été reçu deux fois par l'ARS, en vain. Les Rhônalpins qui se retrouvent en situation de handicap n'ont donc pour recours que les cliniques privées.