Pierre Oliver, maire Les Républicains du 2e arrondissement de Lyon, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Le maire LR du 2e arrondissement se réjouit du dispositif de maintien de l'ordre qui a évité de nouveaux débordements en Presqu'île. "On a vu très clairement que l’État a repris la main. Le dispositif de police mis en place par la préfecture et par la direction de la police nationale a objectivement fonctionné. Nous étions davantage sur des manifestations classiques, telles que nous avons pu en connaître avec la loi immigration ou la réforme des retraites, un peu plus tôt dans le précédent mandat. Nous avons vu beaucoup plus de calme en Presqu’île, peut-être un peu trop, puisque nous avions davantage le sentiment d’être un dimanche alors que nous étions samedi après-midi. Nos commerces ont au moins été préservés. Nous étions obligés d’avoir une réponse extrêmement ferme à la suite de ce que nous avions connu la semaine précédente, le 17, parce que c’étaient des scènes de violence totalement inédites, que nous n’avions jamais connues à Lyon", explique
Vice-présdient de la Métropole de Lyon en charge de la voirie, Pierre Oliver promet un arbitrage dans les prochaines semaines sur le devenir de la rue Grenette : "Quand les écologistes avaient annoncé la fermeture de la rue Grenette, sauf erreur de ma part, il y a eu quasiment un an et demi ou deux ans entre l’annonce et la réalisation. Je ne vous dis pas que nous allons mettre entre un an et demi et deux ans, mais il y a eu des choses qui ont été faites, qui ont été construites. Vous pouvez prendre la rue Joseph-Serlin : nous n’allons pas détruire une rue qui a été rénovée. Tout cela nous ajoute des contraintes supplémentaires sur lesquelles nous travaillons. Mais la réouverture de la rue Grenette est une promesse de campagne sur laquelle nous travaillons et qui se concrétisera."
La retranscription intégrale de l'entretien avec Pierre Oliver
Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez « 6 minutes chrono », le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous sommes avec Pierre Oliver. Bonjour. Vous êtes maire Les Républicains du 2e arrondissement et vice-président de la Métropole en charge de la voirie. Nous allons évoquer la Métropole et une partie du 2e arrondissement, puisqu’il y a eu un deuxième acte de colère contre la vie chère, ainsi que les revendications des lycéens et des étudiants, qui s’est cette fois-ci passé dans le calme, en Presqu’île et dans le 2e arrondissement. Le dispositif de sécurité avait été revu. Il a tenu, notamment pour le 2e, mais c’est peut-être un peu moins vrai pour d’autres quartiers de la ville, même si nous n’avons pas connu la nuit de pillages que nous avions connue samedi dernier.
On a vu très clairement que l’État a repris la main. Le dispositif de police mis en place par la préfecture et par la direction de la police nationale a objectivement fonctionné. Nous étions davantage sur des manifestations classiques, telles que nous avons pu en connaître avec la loi immigration ou la réforme des retraites, un peu plus tôt dans le précédent mandat. Nous avons vu beaucoup plus de calme en Presqu’île, peut-être un peu trop, puisque nous avions davantage le sentiment d’être un dimanche alors que nous étions samedi après-midi. Nos commerces ont au moins été préservés. Nous étions obligés d’avoir une réponse extrêmement ferme à la suite de ce que nous avions connu la semaine précédente, le 17, parce que c’étaient des scènes de violence totalement inédites, que nous n’avions jamais connues à Lyon. L’État a répondu présent et je m’en réjouis.
La Métropole avait mis à disposition 40 vigiles pour des commerçants, notamment en Presqu’île. Au regard de ce que nous avions connu le samedi précédent, était-ce une bonne idée d’exposer des vigiles à une probable foule de pilleurs si la situation avait dégénéré ?
Il y a ceux que la Métropole a mis en place, mais il y a aussi la CCI et beaucoup de commerces qui se sont eux-mêmes équipés de dispositifs de sécurité. Cela montrait une vraie présence. Nous avons vu beaucoup de sécurité privée et beaucoup de chiens installés devant les différents commerces pour que personne n’ait l’idée d’entrer. C’est aussi sécurisant pour nos commerçants, parce que certains ont perdu toute leur vie le 17, avec des pillages massifs. Vous avez des boutiques où il n’y avait plus rien, avec des casseurs extrêmement organisés à la suite de la manifestation. Il faut des réponses adaptées. Il y a eu une vraie réactivité de la part des équipes de la Métropole, de la chambre de commerce, des différents services de l’État, de la chambre des métiers et de la Région pour coordonner des dispositifs de sécurité et mettre en place des aides financières afin que nous n’ayons pas de faillites d’entreprises à la suite de ces débordements.
La Métropole avait promis pendant la campagne. Véronique Sarselli s’était souvent faite la porte-parole ou le porte-voix des commerçants de la Presqu’île qui pestaient contre les différents aménagements mis en place par les écologistes. Comment allez-vous les aider dans cette période d’incertitude ? Nous ne savons pas s’il y aura d’autres samedis de revendications ou si c’était la fin.
Je pense qu’il y en aura d’autres, nous en sommes tous conscients. Nous travaillons sur les différents scénarios pour les réouvertures, notamment de la rue Grenette, puisque c’est ce à quoi vous faites référence. Cela fait partie des sujets sur lesquels nous travaillons actuellement et auxquels nous devons apporter une vraie réponse. Il ne s’agit pas uniquement de rouvrir : il faut qu’il n’y ait pas davantage d’embouteillages et que nous incitions tous les gens de l’Ouest à revenir en Presqu’île. Nous travaillons aussi avec Lyon Parc Auto sur une tarification beaucoup plus attractive. Nous sommes arrivés à un stade où il y avait des samedis avec des parkings qui n’étaient pas pleins, ce qui est totalement inédit pour la Presqu’île sur ces dernières années. Il y a aussi les accompagnements économiques que nous mettons en place avec une vraie réactivité : c’est l’objectif. Si un commerce a été particulièrement touché et qu’il est dédommagé par l’assurance neuf mois plus tard, cela va lui générer un gros problème de trésorerie. Nous avons voulu mettre en place des aides économiques en attendant ces remboursements des assurances, pour que nos commerçants puissent se refaire de la trésorerie à l’approche des fêtes de Noël. C’est la grosse période de l’année pour les commerçants de la Presqu’île, puisqu’une large part du chiffre d’affaires est réalisée entre fin novembre et mi-janvier. C’est pour cela que nous avons voulu être extrêmement réactifs avec Véronique Sarselli.
Je ne vous demande pas de jouer à Nostradamus, mais pensez-vous que nous sommes repartis sur une séquence semblable à celle des Gilets jaunes, avec une série de samedis ?
Oui, je pense à cela, parce que ce que nous avons vu ce samedi pour l’acte 2 ressemblait de près ou de loin à ce que nous avions connu avec les Gilets jaunes. Il y avait des revendications très diverses, ce qui est le cas de la manifestation de ce week-end, et quelques casseurs au milieu. Nous avons vu beaucoup de bacs à verre incendiés et beaucoup de jets de projectiles contre les forces de l’ordre. Cela nous rappelle ces mouvements assez violents que nous avions connus en 2019-2020. Nous nous disons que cela peut continuer. Nous voyons aussi les appels sur les différents réseaux sociaux. De toute façon, l’approche de l’élection présidentielle et la haine qu’attise La France insoumise à l’approche de ces élections font que tous les samedis vont être particulièrement perturbés jusqu’à l’élection présidentielle, voire aux élections législatives.
Vous avez évoqué tout à l’heure la rue Grenette. Je ne peux pas m’empêcher de saisir la perche : aurons-nous une décision un jour ? La candidate Véronique Sarselli avait dit qu’elle rouvrirait très rapidement la rue Grenette à la circulation automobile. Ensuite, la décision a été reportée à l’été, puis à la rentrée. Maintenant, nous sommes à l’automne, bientôt à Noël. Quand aurons-nous un arbitrage ? Quand saurons-nous ce qui va se passer ?
D’ici la fin de l’année, nous vous donnerons un arbitrage. C’est important de le savoir : quand vous gagnez une élection, comme cela a été notre cas au milieu de l’année, il faut le temps d’avoir les équipes.
Pas au milieu de l’année, au premier trimestre.
Et de pouvoir installer toutes les équipes. Les directeurs généraux sont arrivés en juin, en juillet, voire en octobre.
Cela veut dire que, pendant la campagne, quand vous disiez : « Nous allons rouvrir », vous ne saviez pas comment vous alliez rouvrir ?
Il y a une différence : quand les écologistes ont gagné, ils ont eu toute la période du confinement pour pouvoir structurer leurs équipes et faire les recrutements. Nous avons passé ce temps à aller à la rencontre de l’ensemble des maires et à mener les concertations pour savoir sur quelle base de travail nous allions mener le mandat. Nous l’avons fait sur les trois mois qui ont suivi l’élection et, depuis, nous travaillons aux différents scénarios. La rue Grenette a des impacts sur les quais, sur les stations de bus, potentiellement sur la rue de la République ou sur d’autres secteurs. Nous devons accompagner tout cela. Quand les écologistes avaient annoncé la fermeture de la rue Grenette, sauf erreur de ma part, il y a eu quasiment un an et demi ou deux ans entre l’annonce et la réalisation. Je ne vous dis pas que nous allons mettre entre un an et demi et deux ans, mais il y a eu des choses qui ont été faites, qui ont été construites. Vous pouvez prendre la rue Joseph-Serlin : nous n’allons pas détruire une rue qui a été rénovée. Tout cela nous ajoute des contraintes supplémentaires sur lesquelles nous travaillons. Mais la réouverture de la rue Grenette est une promesse de campagne sur laquelle nous travaillons et qui se concrétisera.
