Deux jours après les pillages et dégradations qui ont touché les commerces de la Presqu’île, près de 200 personnes se sont réunies lundi 19 octobre au soir, place Bellecour, en soutien aux commerçants et aux forces de l’ordre. Le rassemblement s’est déroulé dans le calme, avant l’arrivée d’un groupe d'ultra droite.
Des lumignons disposés pour former le mot "Lyon", une Marseillaise et des messages de soutien aux commerçants. Lundi 19 octobre, à 20h, habitants, commerçants, élus et membres des forces de l’ordre se sont retrouvés place Bellecour, devant le pavillon de l’office de tourisme incendié lors des violences du samedi 17 octobre.
L’objectif était de témoigner leur solidarité aux professionnels touchés par les pillages et aux forces de l’ordre mobilisées lors de cette journée. Parmi les élus présents figuraient Jean-Stéphane Chaillet, premier adjoint au maire du 2e arrondissement, et Hugo Fetter, également adjoint de Pierre Oliver chargé de la voirie et des espaces publics.
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"Nous demandons une sécurité sans faille pour nos commerçants"
"Il faut remercier les forces de l’ordre, qui ont fait ce qu’elles avaient à faire. On ne leur a pas donné les moyens nécessaires pour sécuriser tous les commerces et commerçants", a déclaré Rayane Azzaoui, l’un des organisateurs du rassemblement. "Nous voulons apporter notre soutien aux commerçants et forces de l’ordre. Et surtout, nous demandons aujourd’hui pour les prochaines manifestations de mettre en place une sécurité sans faille pour nos commerçants", a-t-il ajouté.
Présent sur place, Jean-Stéphane Chaillet a indiqué que les autorités avaient été informées de ce rassemblement. "J’ai eu la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP), qui m’avait dit que le préfet avait passé des consignes pour laisser ce rassemblement se faire, car il trouvait normal de laisser des citoyens soutenir les forces de l’ordre et les commerçants", a-t-il expliqué. Pour rappel, les cortèges, défilés, attroupements et rassemblements revendicatifs sur voie publique étaient interdits jusqu'à 21h, heure de début du couvre-feu. Après ces prises de parole, les participants ont entonné la Marseillaise. Des chants "Casseurs dehors" ont également retenti dans la foule.
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Un groupe d’ultradroite arrivé au moment de la dispersion
Un groupe d’une douzaine de personnes vêtues de noir est ensuite arrivé aux alentours de 20h20 pour se greffer au rassemblement, selon les observations de notre journaliste présent sur place. Des slogans tels que "Lyon, Lyon, anti-casseurs", "Français, réveille-toi, tu es ici chez toi" ou encore "La racaille en prison, libérez la ville de Lyon" ont alors été entendus. La foule a commencé à se disperser dans le calme. Notre journaliste a quitté les lieux vers 20h30 et n’a donc pas pu constater directement la suite de la déambulation du groupe présenté comme appartenant à l’utra droite.
Dans un message publié sur X, la députée insoumise du Rhône Anaïs Belouassa Cherifi a dénoncé la présence de ce groupe et une incompréhension sur le couvre-feu instauré par la préfecture : "À Lyon, l’interdiction des rassemblements et des manifestations ne semble visiblement pas s’appliquer aux groupuscules d’extrême droite, qui peuvent défiler en scandant des slogans racistes en toute impunité." Son collègue député insoumis Antoine Léaument a également interpellé le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, sur la marche du groupuscule dans la rue Victor Hugo et le respect du couvre-feu. "À Lyon, les amis fascistes de madame Le Pen bravent le couvre-feu."
Le préfet dénonce une tentative de récupération
"Furieux", le préfet du Rhône, Étienne Guyot, a réagi ce mardi matin en précisant que le rassemblement en soutien aux commerçants et aux forces de l’ordre s’était tenu avant l’entrée en vigueur du couvre-feu, fixé de 21h à 6h du matin. "Conformément à la prise de contact de la police avec les participants, ce rassemblement s’est dispersé de manière à respecter le couvre-feu", a-t-il confirmé.
Dans sa déclaration, le représentant de l’État affirme que des individus appartenant à l’ultradroite se sont constitués en groupe au moment de la dispersion, après s’être mêlés au rassemblement. Ils ont emprunté la rue Victor Hugo "en direction de la sortie du périmètre concerné par le couvre-feu". Puis, ils se seraient dispersés aux alentours de 21h place Carnot, en dehors de la zone du couvre-feu. Aucun incident, ni trouble à l’ordre public n’a été recensé.
Étienne Guyot a toutefois dénoncé une volonté de récupération politique du rassemblement et prévenu qu’il n’accepterait "aucune expression qui tombe sous le coup de la loi parce qu’elle constituerait un appel à la haine et tout attroupement qui générerait un trouble à l’ordre public".

Ils auraient mieux appréciés leurs copains de l'Ultra Gauche!