Le Conseil de la Métropole de Lyon

"Vous êtes aveuglée et vous faites erreur" : à Lyon, la gauche charge Véronique Sarselli après la suppression du Revenu de solidarité jeunes

Le conseil métropolitain a voté ce lundi 28 septembre la suppression du Revenu de solidarité jeunes (RSJ), instauré en 2021 par l’ancienne majorité écologiste de Bruno Bernard, au profit d’un nouveau plan "premier emploi jeunes" à destination des 16-29 ans.

Décision "précipitée", volonté de "détruire", "posture politique"… L’opposition n’a pas mâché ses mots ce lundi matin à l’occasion du conseil métropolitain. Au cœur de cette colère, la suppression par la nouvelle majorité dirigée par la droite et Véronique Sarselli du Revenu de solidarité jeunes (RSJ), dispositif d’aide pour les 18-24 ans impulsé par l’ancien président écologiste Bruno Bernard en 2021.

Le RSJ remplacé par un plan "premier emploi jeunes"

"Nous ne pouvons pas nous contenter de mesures qui mettent les jeunes en situation de stand-by social", a ainsi estimé Emmanuel Imberton, vice-président délégué à l’économie, l’emploi et l’insertion professionnelle, pour justifier cette suppression. Et présenter dans le même temps son nouveau dispositif "résolument tourné vers le premier emploi" : le plan "premier emploi jeunes". À destination des jeunes de 16 à 29 ans, principalement ceux qui n’ont pas d’emploi et qui ne sont pas en formation, ce plan devra toutefois bénéficier de la "mobilisation" des entreprises pour pleinement fonctionner.

Si ses contours sont encore flous, le dispositif doit d’abord privilégier la mise en situation professionnelle, rémunérée, pour permettre un apprentissage "progressif" des codes de l’entreprise. "L’objectif est très clair : faire de l’insertion un moyen et l’emploi une finalité", a poursuivi le vice-président. Côté budget, l’enveloppe allouée s’établira autour de 2,6 millions d’euros. Parallèlement à sa mise en place jusqu'en juillet 2027, aucune entrée au sein du RSJ ne sera accordée à compter du 31 octobre 2026. Les jeunes seront donc réorientés vers les autres dispositifs de la collectivité. Le RSJ prendra officiellement fin en juin 2027.

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Un dispositif qui "ne répond pas aux réalités du terrain"

Un plan jugé "précipité" et qui "ne répond pas à la réalité du terrain", a critiqué Idir Boumertit, pour le groupe La France insoumise. "Madame la présidente, soyez réaliste et ne fragilisez pas davantage ceux qui le sont déjà", a-t-il encore plaidé. Quelques instants plus tard, Aline Guitard (PCF) accusait la nouvelle majorité de "détruire" les mesures sociales instaurées par l’ancien exécutif au profit d'un plan qui s'appuie uniquement sur "la bonne foi" des entreprises.

Renaud Payre, co-président du groupe les Écologistes, a enfin rappelé que le RSJ était né d’une "alerte maximale" liée à la crise sanitaire du Covid-19 et qui a permis d’aider 4 000 jeunes en cinq ans, dont "près de la moitié ont trouvé un emploi, une formation, une stabilité en moins d’un an." "Les résultats ont été au rendez-vous", a-t-il ajouté, déplorant qu’il ne s’agisse pas "d’une réforme", ni d’une "économie", mais d’un "abandon." "Madame la présidente, en vous laissant guider par une posture politique, en voulant supprimer le Revenu de solidarité jeunes parce qu’il a été adopté par la précédente majorité, vous êtes aveuglée et vous faites erreur", a encore lancé Renaud Payre.

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Le RSJ ne servait qu’à "colmater des brèches"

Des critiques balayées par Emmanuel Imberton, maintenant que le RSJ ne servait qu’à "colmater des brèches entre plusieurs dispositifs." Et Véronique Sarselli d’affirmer : "Oui, nous faisons des choix politiques différents lorsque nous estimons que c’est nécessaire. Il faut sortir de cette logique de mettre les jeunes de côtés. Ils sont employables. Notre conception de la solidarité n’est pas de garder des dispositifs qui instaurent et maintiennent la précarité."

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