Laurence Fautra, maire LR de Décines-Charpieu et candidate aux élections sénatoriales, est l'invitée de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Candidate aux élections sénatoriales sur une liste menée par le président LR du département, Christophe Guilloteau, Laurence Fautra estime qu'après douze années passées à la tête de la ville de Décines-Charpieu : "il est peut-être temps pour moi d’agir aussi au niveau de la République, dans cette belle chambre haute qu’est le Sénat". Laurence Fautra revient sur les divisions de la droite pour ces élections sénatoriales, son parti ayant aussi investi une liste menée par Sébastien Michel : "Lorsque nous avons appris que d’autres personnes se positionnaient, Christophe Guilloteau leur a proposé de rejoindre notre liste. Ils ont visiblement préféré mener cette aventure seuls". "Notre tête de liste, Christophe Guilloteau, est président du Département. Il n’a pas besoin de GPS pour se rendre sur le territoire : il le parcourt au quotidien, il est connu dans tout le département et il est au plus près de ses habitants. Pour ma part, en ce qui concerne la Métropole, je pense avoir la légitimité nécessaire pour porter des dossiers aussi importants que la santé, la sécurité et l’éducation au plus haut niveau de l’État", poursuit-elle.
Laurence Fautra qui est aussi vice-présidente de la Métropole de Lyon revient aussi sur le retour de Jean-Michel Aulas, Laure Cédat et Emmanuel Imberton à la tribune des vice-présidents lors du prochain conseil métropolitain : "le plus important est de se rappeler pourquoi les électeurs ont fait confiance à cette équipe et soutenu le projet défini avec eux. Nous avons besoin de sérénité, et surtout d’avancer dans ce projet et de mettre les choses en place".
La retranscription intégrale de l'entretien avec Laurence Fautra
Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez « 6 minutes chrono », le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous accueillons Laurence Fautra. Vous êtes maire Les Républicains de Décines-Charpieu, vice-présidente de la Métropole en charge de la santé et candidate aux élections sénatoriales qui auront lieu ce dimanche. Pourquoi être candidate à une nouvelle élection alors que vous avez été réélue dans votre ville en mars dernier et que vous avez pris vos fonctions de vice-présidente de la Métropole, après presque quinze années passées dans l’opposition ? Pourquoi vouloir déjà vous tourner vers un autre mandat ?
Monsieur Terra, j’ai déjà participé à une élection sénatoriale en 2020. François-Noël Buffet m’avait proposé de soutenir sa liste. À l’époque, il y avait Mme Di Folco et M. Vidal, et j’étais en quatrième position. Je crois que, dans la vie, il y a des cycles. Je suis une élue très ancrée dans les territoires, qu’il s’agisse de la Métropole ou de ma ville. Je me dis que, comme représentante des élus locaux des 266 communes qui composent la Métropole et le département, il est peut-être temps pour moi d’agir aussi au niveau de la République, dans cette belle chambre haute qu’est le Sénat. Les Républicains ont été informés de mon désir d’œuvrer sur des sujets régaliens et pour la défense des collectivités territoriales. Je rappelle que nous sommes les représentants des territoires.
Et vos électeurs sont aussi des élus ?
Mes électeurs sont des élus. Les membres de mon conseil municipal deviennent également de grands électeurs. C’est donc une élection particulière, et nous allons nous présenter devant ces grands électeurs.
Cette élection est particulière aussi parce qu’une certaine confusion peut régner à droite. Il y a six ans, vous étiez candidate sur la liste de François-Noël Buffet, qui était la liste officielle. Cette année, on peut considérer qu’il y a deux listes officielles : celle menée par Sébastien Michel et celle menée par Christophe Guilloteau, sur laquelle vous figurez en deuxième position. S’agit-il de deux listes LR ou êtes-vous des dissidents ?
Pas du tout. Nous avons reçu l’investiture de la majorité sénatoriale, donc de M. Larcher, qui nous a investis. Il a effectivement investi deux listes. Nous nous étions positionnés dès le départ, puisque le président du Département m’avait proposé depuis longtemps de partir avec lui.
Indépendamment de ce qu’allait faire François-Noël Buffet, qui n’était pas encore Défenseur des droits, vous aviez donc prévu de partir et de constituer votre liste, avec ou sans LR ?
Lorsque nous avons appris que d’autres personnes se positionnaient, Christophe Guilloteau leur a proposé de rejoindre notre liste. Ils ont visiblement préféré mener cette aventure seuls.
Vous leur avez proposé de vous rejoindre, derrière vous ?
En 2020, j’étais quatrième et cela ne m’a pas posé de problème. Nous sommes tous des élus, conseillers départementaux ou régionaux. Sur notre liste, tout le monde exerce un mandat. Je crois que nous couvrons l’ensemble des territoires et que nous représentons aussi bien les territoires ruraux qu’urbains. Notre liste est très équilibrée, avec des hommes et des femmes qui ont prouvé leur engagement sur le terrain.
Pour que les grands électeurs qui nous regardent comprennent : qu’est-ce que cela change de voter pour votre liste plutôt que pour celle de Sébastien Michel ? Y a-t-il des différences de fond ou simplement des différences de personnalité ? Votera-t-on pour la personne que l’on connaît le mieux, comme dans une élection de délégué de classe où le plus populaire l’emporte ?
Notre tête de liste, Christophe Guilloteau, est président du Département. Il n’a pas besoin de GPS pour se rendre sur le territoire : il le parcourt au quotidien, il est connu dans tout le département et il est au plus près de ses habitants. Pour ma part, en ce qui concerne la Métropole, je pense avoir la légitimité nécessaire pour porter des dossiers aussi importants que la santé, la sécurité et l’éducation au plus haut niveau de l’État.
Notre objectif, dans l’intérêt des communes, est de faire en sorte que les élus locaux soient protégés dans leurs fonctions, que l’État cesse de diminuer leurs dotations et qu’il leur permette d’agir. Le socle le plus important, ce sont les communes et les territoires. C’est là que nos politiques publiques prennent forme. Il faut donc mieux accompagner tous ces élus et toutes ces communes. Il faut aussi agir sur des sujets comme la sécurité et le changement climatique, mettre fin à toutes ces normes qui nous entravent au quotidien et travailler à notre souveraineté industrielle, alimentaire et sanitaire. Nous avons chacun nos domaines de spécialité. Christophe Guilloteau a longtemps été parlementaire et s’occupait de la défense. Son parcours est reconnu. Je pense que nous pourrons œuvrer au Sénat, cette belle chambre qui est l’âme de la République.
Les élections sénatoriales ont lieu dimanche. Lundi, il y aura aussi un conseil métropolitain auquel vous siégerez. Vous y retrouverez votre voisin Jean-Michel Aulas, qui a été réintégré dans la majorité. Son retour, ainsi que celui de Laure Cédat et d’Emmanuel Imberton, vous semble-t-il être un bon signal et une bonne décision ? Ils avaient été écartés parce que Véronique Sarselli leur reprochait la manière dont ils avaient géré l’affaire Abreu.
Cette décision a été prise par notre présidente, Véronique Sarselli. Les faits sont portés…
Comprenez-vous et soutenez-vous cette décision ?
Au-delà de tout ce qui a pu se passer, le plus important est de se rappeler pourquoi les électeurs ont fait confiance à cette équipe et soutenu le projet défini avec eux. Nous avons besoin de sérénité, et surtout d’avancer dans ce projet et de mettre les choses en place.
Ne pouviez-vous pas avancer avec Jean-Michel Aulas, qui vous taillait des croupières — excusez-moi l’expression — dans la presse ?
Jean-Michel Aulas, que j’appelle encore « président », excusez-moi, puisque je l’ai côtoyé lorsqu’il présidait l’OL, comprend peut-être mieux maintenant comment fonctionne une grande assemblée et quels en sont les enjeux. L’enjeu, c’est le projet métropolitain. Je crois que la justice va faire son travail. Elle avance. Pour autant, la parole des femmes est sacrée. Il faut la respecter et faire en sorte qu’elle soit respectée par les élus de cette assemblée.
