Bivouac sauvage interdit, réservation obligatoire. Les élus du massif du Mont-Blanc ont acté une charte inédite pour encadrer la fréquentation du célèbre sentier dès le printemps 2027.
Face au boom des randonneurs qui se lancent sur les sentiers du Tour du Mont-Blanc (+50% de fréquentation depuis 2020), les intercommunalités du massif, associé aux professionnels de la montagne et aux services de l’Etat, ont rédigé une charte des bonnes pratiques qu’ils souhaitent mettre en application dès le printemps 2027. Ils veulent rendre obligatoire la réservation de nuitées en refuge ou dans les zones de bivouac autorisées pour mettre fin aux campements sauvages avant de pouvoir se lancer autour du plus haut sommet d’Europe. Sans disponibilité, il faudrait reporter son passage. Le maire de Saint-Gervais-les-Bains, Jean-Marc Peillex, porte ce projet depuis plusieurs années et plaide pour des contrôles et des sanctions dès le printemps 2027.
Les chiffres justifient l'urgence ressentie par les élus : selon un rapport de l'association Les Amis de l'UTMB, le sentier de 170 kilomètres est passé de 36 000 marcheurs recensés en 2019 à 75 000 en 2025, dont les trois quarts de visiteurs internationaux. Un contraste frappant avec d'autres itinéraires alpins comparables, comme le tour des glaciers de la Vanoise, resté stable sur la même période.
Des débordements cet été
L’été 2026 a renforcé le besoin de réglementations. Le 4 août, l'aire officielle de bivouac des Chapieux a vu 200 tentes se déplier, bien au-delà de sa capacité. Mi-août, une intervention héliportée pour secourir des randonneurs bloqués sur l'Aiguille du Goûter, malgré des alertes de chutes de pierres largement diffusées, a valu à Jean-Marc Peillex de facturer les secours aux imprudents, une décision inédite en France qui a relancé le débat sur la responsabilisation des visiteurs.
Dès cet été, la réserve naturelle des Contamines-Montjoie avait durci ses règles en interdisant le bivouac sous le seuil de 2 500 mètres du 15 juin au 15 septembre et en rendant obligatoire la réservation préalable sur les aires autorisées.
La charte, approuvée à l'unanimité par les acteurs prévoit une limitation de la capacité d'accueil à celle des hébergements existants (refuges, hôtels, campings, aires de bivouac) avec réservation obligatoire chaque soir, l'interdiction du bivouac sauvage, l'aménagement d'aires de bivouac à confort minimum (toilettes, point d'eau) avec une redevance par emplacement ainsi qu’une régulation du transport de bagages à heures définies. La charte doit être finalisée cet automne. Ceet été, 90 000 trekkeurs se sont lancés autour du Mont-Blanc.
Que l'on supprime déjà le transport de bagages et on reviendra à l'esprit rando.
Cette pratique est une hérésie qui met sur les sentiers de soi-disants randonneurs dont l'ambition se limite à la collection de selfies.