Depuis 2019, la Ville de Lyon a plus que triplé la subvention accordée à son principal outil de lutte contre la précarité, désormais doté de 19,4 millions d’euros. Pourtant, la chambre régionale des comptes épingle des finances sous tension et plusieurs failles dans la gestion de l’établissement.
Les enjeux sont lourds. Doté d’un budget de 51 millions d’euros et de 570 agents, le centre communal d’action sociale (CCAS) de Lyon n’est pas ce que l’on appelle un “petit service”. Bras armé de la municipalité pour lutter contre la précarité et accompagner le vieillissement des habitants, c’est l’outil de la Ville qui permet d’aider les Lyonnais les plus vulnérables : sans domicile, personnes isolées, seniors ou familles en situation de grande précarité. Il gère ainsi quatre Ehpad, quinze résidences autonomie seniors, un accueil de jour, un restaurant social, une épicerie solidaire et des bains-douches municipaux. En 2025, le CCAS a assuré près de 5 000 domiciliations administratives pour les personnes sans abri et fourni plus de 70 000 repas ainsi que 69 000 douches aux plus démunis. Des chiffres tous en hausse.
Face à cette explosion des besoins, les écologistes en ont fait l’outil principal de leur politique sociale, augmentant la subvention municipale de 5,8 millions en 2019 à 19,4 millions d’euros aujourd’hui. C’est pourquoi la présentation du rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) sur la gestion de l’établissement lors du premier mandat de Grégory Doucet était attendue. Si la majorité écologiste s’est félicitée de “l’évaluation positive” de sa politique, l’opposition, par la voix de Loïc Terrenes (groupe Humaniste et Démocrate), a livré une lecture différente : “Ce rapport ne (devant) pas être lu comme un satisfecit général.”
De fait, le document de 83 pages pointe un manque de rigueur dans la gestion du denier public et de la gouvernance. Deux chiffres du rapport illustrent à eux seuls ces négligences : 0, c’est le nombre de comptes rendus de la commission des finances du CCAS entre 2019 et 2026, et 3, le nombre de fois que le conseil d’administration du CCAS a dû être reporté à cause du manque d’assiduité de ses membres, des élus et des associatifs. Tout un symbole. Dans le même temps, le budget a viré au rouge à -1,3 million d’euros, avec une hausse des dépenses de fonctionnement de +40 % en cinq ans.
Diagnostic tardif et aveuglement comptable
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CCAS de Lyon : la chambre régionale des comptes épingle une gestion sous tension