Samuel Soulier
Samuel Soulier

"Le 6e a été oublié pendant 20 ans", regrette Samuel Soulier

Samuel Soulier, maire Horizons du 6e arrondissement de Lyon, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

Nouveau maire du 6e arrondissement de Lyon, Samuel Soulier espère que l'alternance politique à la Métropole de Lyon, présidée par Véronique Sarselli, permettra à son arrondissement de porter de nouveaux projets : "J’espère énormément de choses puisque, nous l’avons dit et répété pendant cette campagne, nous avons été les oubliés des politiques publiques municipales et métropolitaines pendant plus de vingt ans, avec des projets qui ont mis du temps à aboutir, avec des crédits qui ne nous étaient pas alloués, donc nous avons bon espoir qu’avec la métropole, nous puissions enfin obtenir un certain nombre de choses pour notre arrondissement". Il pointe notamment la réhabilitation de la place de l'Europe.

Sur les mobilités, il exhorte aussi la Métropole de Lyon à trouver une manière de fluidifier la traversée du 6e dans le sens sud-nord : "il y a un déséquilibre dans les déplacements dans notre arrondissement, puisque lorsque vous avez l’axe nord-sud desservi par peu de voies de circulation avec deux grands axes majeurs que sont Garibaldi et Saxe, vous comprenez que les véhicules qui circulent du nord au sud le matin doivent faire le trajet inverse le soir, et sur cet axe sud-nord, il existe un déséquilibre, puisqu’il n’y a que l’avenue de Saxe comme axe majeur, avec une seule voie. Je ne dis pas qu’il faut la remettre à deux voies, mais je dis que c’est une solution qui doit être envisagée, car la circulation est reportée sur des petites rues en zone 30 où cohabitent vélos, trottinettes et piétons sur des doubles sens cyclables, ces axes doivent être sécurisés, et il faut peut-être envisager une circulation plus importante sur un axe majeur".

Le maire d'arrondissement revient aussi sur le devenir du musée Guimet : "il faut qu’il soit ouvert quotidiennement aux Lyonnais, qu’ils puissent s’y rendre, retrouver leurs souvenirs, et cela passera probablement par un partenariat public-privé avec des bureaux ou des logements dans la partie arrière du musée".

La retranscription intégrale de l'entretien avec Samuel Soulier

Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous sommes avec Samuel Soulier. Vous êtes le nouveau maire du 6e arrondissement, maire Horizons, le parti d’Édouard Philippe, et nous évoquerons peut-être ses ambitions présidentielles, mais je voulais d’abord revenir sur Lyon et sur votre arrondissement, arrondissement historiquement à droite, il n’y a pas eu de surprise aux élections municipales, il n’y a pas eu d’alternance, en revanche, avec l’alternance à la métropole, peut-être que va se dessiner un mandat de maire d’arrondissement d’opposition un peu atypique, vous, qu’espérez-vous comme inflexion pour votre arrondissement durant les six ans à venir ?

J’espère énormément de choses puisque, nous l’avons dit et répété pendant cette campagne, nous avons été les oubliés des politiques publiques municipales et métropolitaines pendant plus de vingt ans, avec des projets qui ont mis du temps à aboutir, avec des crédits qui ne nous étaient pas alloués, donc nous avons bon espoir qu’avec la métropole, nous puissions enfin obtenir un certain nombre de choses pour notre arrondissement.

Qu’est-ce que vous voulez obtenir par exemple, quels seraient les changements, à quoi ressemblera le 6e arrondissement dans six ans, quelles sont les avancées majeures que vous attendez ?

Nous sommes déjà en discussion avec la métropole de Lyon sur un certain nombre de dossiers, nous avons la cantine du collège Vendôme par exemple, aujourd’hui des élèves prennent le bus pour aller manger à Villeurbanne, nous avons des projets de réaménagement de grandes places comme la place de l’Europe, nous avons aussi un sujet sur la propreté sur lequel il va falloir travailler parce que c’est une attente de nos habitants, et puis concernant la métropole, nous aurons également un sujet sur la voirie et sur certains aménagements nécessaires pour une bonne cohabitation sur l’espace public.

Qu’est-ce que vous souhaiteriez sur la voirie, puisque vous avez déjà évoqué, et cela a fait réagir les écologistes, la réouverture de Gambetta, Foch, la fermeture du couloir de bus ou en tout cas sa réouverture aux voitures, est-ce un projet que vous allez réellement porter ?

Ce n’était pas nécessairement un projet, aujourd’hui, lorsqu’on est responsable politique, on doit faire en sorte que les choses se passent bien sur l’espace public et évoquer un certain nombre de solutions, je constate qu’il y a un déséquilibre dans les déplacements dans notre arrondissement, puisque lorsque vous avez l’axe nord-sud desservi par peu de voies de circulation avec deux grands axes majeurs que sont Garibaldi et Saxe, vous comprenez que les véhicules qui circulent du nord au sud le matin doivent faire le trajet inverse le soir, et sur cet axe sud-nord, il existe un déséquilibre, puisqu’il n’y a que l’avenue de Saxe comme axe majeur, avec une seule voie. Je ne dis pas qu’il faut la remettre à deux voies, mais je dis que c’est une solution qui doit être envisagée, car la circulation est reportée sur des petites rues en zone 30 où cohabitent vélos, trottinettes et piétons sur des doubles sens cyclables, ces axes doivent être sécurisés, et il faut peut-être envisager une circulation plus importante sur un axe majeur.

Sur les mobilités, votre prédécesseur Pascal Blache avait obtenu un report de certains aménagements de voies lyonnaises, notamment sur la rue Duquesne, j’imagine que vous n’allez pas demander la réalisation de cet aménagement ?

Non, car lorsque vous prenez la rue Duquesne, vous sortez du tunnel de la Croix-Rousse, c’est un axe majeur de circulation qui ne peut pas être impacté par une voie lyonnaise, il existe des voies lyonnaises très cohérentes, comme celle des quais du Rhône qui fonctionne bien et qui constitue un axe nord-sud structurant de la ville, elle doit être conservée, maintenue et utilisée, elle est sécurisée, il faut simplement trouver une cohérence dans l’espace public. Je ne suis pas opposé aux mobilités douces, je circule moi-même en trottinette, je ne fais pas l’apologie de la voiture, je défends simplement un équilibre dans l’espace public.

L’un des grands sujets du mandat devrait concerner, pour le 6e arrondissement, le devenir du Musée Guimet, un projet en suspens depuis plus de vingt ans, la ville a lancé un appel à projets, en tant que maire d’arrondissement, que souhaiteriez-vous pour ce site emblématique ?

Il semble que plusieurs projets soient à l’étude, mais ce que je souhaite avant tout, ce sont des décisions concrètes, car sur ce projet, on avance puis on recule, on lance des études puis on revient en arrière, aujourd’hui nous attendons des actes, ensuite nous pourrons développer un projet. Nous savons que le coût est estimé entre 40 et 50 millions d’euros, j’aimerais que la majorité écologiste envisage un partenariat public-privé qui permettrait à la fois d’alléger les finances de la ville et d’accélérer la mise en œuvre d’un projet.

L’idée serait de vendre une partie du bâtiment au privé pour créer des logements, comme le proposait par exemple Pascal Blache ?

Oui, il y a toute la partie arrière qui pourrait accueillir des logements ou des bureaux, et la partie avant, la plus connue des Lyonnais, pourrait être ouverte au public et devenir un lieu important. À une époque, il avait été évoqué d’y installer les ateliers de la Maison de la Danse, mais je pense qu’il serait dommage de limiter ce lieu à des répétitions, il faut qu’il soit ouvert quotidiennement aux Lyonnais, qu’ils puissent s’y rendre, retrouver leurs souvenirs, et cela passera probablement par un partenariat public-privé avec des bureaux ou des logements dans la partie arrière du musée.

Tout à l’heure, nous évoquions votre appartenance au parti Horizons, Édouard Philippe a fait récemment un pas de plus vers une candidature à l’élection présidentielle tout en maintenant un certain suspense, peut-on dire qu’il s’agit d’un faux suspense et qu’il sera candidat ?

Je pense que ses propos étaient clairs, il y a besoin d’une candidature capable de rassembler pour l’élection présidentielle, afin d’offrir une alternative à un scénario que nous voulons éviter, à savoir un second tour entre La France insoumise et le Rassemblement national, aujourd’hui, il apparaît comme le plus crédible pour porter cette alternative, il est prêt à s’engager, et nous serons à ses côtés pour proposer cette troisième voie. En revanche, il faudra que la droite et le centre s’inscrivent dans une dynamique de candidature unique.

Vous avez connu cette question d’union lors des municipales à Lyon, pensez-vous que cela fonctionne mieux à l’échelle de la métropole, avez-vous le sentiment que les centristes issus de la majorité présidentielle et les Républicains peuvent parler d’une même voix ?

Édouard Philippe a évoqué l’union de la droite et du centre, cela me rappelle 2002 lorsque Jacques Chirac avait créé l’Union pour une majorité présidentielle avec l’UDF et le RPR, devenue ensuite l’UMP, un grand parti de gouvernement avec différents courants mais un socle commun solide, aujourd’hui j’y crois, et je rappelle que c’est cette union qui a permis à la droite d’accéder au pouvoir.

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