Anaïs Belouassa-Chérifi et Grégory Doucet
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Les gauches sont-elles irréconciliables,  même à Lyon ?

À Lyon, la gauche a gagné ensemble mais gouverne séparée, les Insoumis se rangeant dans l’opposition sitôt élus. L’union n’aura été que temporaire, révélant des fractures profondes qui longtemps ne s’invitaient pas dans les assemblées locales.

D’ordinaire, les victoires de la gauche unie lors des municipales portent les germes d’un possible modèle duplicable à un échelon national pollué par les ego des aspirants à la fonction suprême. En 2022 puis en 2024, aux législatives, Grégory Doucet et Bruno Bernard ne manquaient ainsi pas de rappeler que la configuration de la Nupes puis du Nouveau Front populaire épousait le périmètre de leur majorité. Après les élections municipales de mars 2026, l’idée d’inspirer depuis Lyon la gauche à s’unir n’est dans l’esprit de personne. Une large alliance de gauche a bien eu lieu mais la partition jouait une symphonie désenchantée. Grégory Doucet et ses alliés socialistes et communistes tout comme les Insoumis ont minimisé leur fusion en la qualifiant de purement “technique”, sans participation à l’exécutif, quitte à donner l’impression que l’accord était difficile à assumer. “Dire qu’il n’y aurait pas d’adjoint LFI nous a permis d’envoyer un message à des électeurs de centre gauche qui n’auraient peut-être pas voté pour nous sans ça. Ça convenait aux Insoumis qui ne voulaient que des élus. Je peux comprendre que ce soit bizarre, imparfait mais c’était le choix le plus rationnel”, relit Laurent Bosetti, adjoint L’Après (le parti fondé par des frondeurs LFI) à la Ville de Lyon et ancien Insoumis. L’argument de la fusion sans effusion est aussi repris par La France insoumise. “Il faut accepter de s’inscrire dans les conditions imposées par le jeu électoral. C’est une élection à deux tours et notre adversaire était le programme de Jean-Michel Aulas et de la droite extrême qu’il représentait. Pour le mettre en échec, il fallait cette alliance avec un partenaire avec qui nous ne sommes pas d’accord sur tout”, opine Florestan Groult, conseiller municipal et chef de file des Insoumis pour la Métropole de Lyon.

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