Personne ne l’avait vue venir. Pourtant Véronique Sarselli est aujourd’hui à la tête de l’une des collectivités locales les plus puissantes de France. Portrait d’une femme qui a su s’imposer sans faire de bruit.
Le soir du second tour alors que sa victoire était désormais officielle, Véronique Sarselli a donné une consigne aux élus qui l’accompagnaient dans sa marche vers les salons dorés de la préfecture où la presse l’attendait : “On n’arrive pas triomphal. Nous avons dit pendant toute la campagne que nous étions dans l’humilité et on continue à l’être car on est au travail maintenant.” L’anecdote résume assez bien le personnage d’une nouvelle présidente de la Métropole sobre et déterminée. La posture veillait aussi à ménager Jean-Michel Aulas, défait par Grégory Doucet aux municipales lyonnaises, et avec qui elle formait un binôme pour le suffrage métropolitain. L’accord passé avec l’ancien patron de l’OL lui a garanti de présider la Métropole de Lyon.
Franc-parler
À la tête d’une collectivité de 4 milliards d’euros de budget dont les compétences couvrent transports, urbanisme, environnement et développement économique mais aussi les politiques sociales héritées du Département, Véronique Sarselli a décroché un poste que beaucoup lui prédisaient inaccessible et convoitaient à sa place. Pendant toute la campagne, elle a évolué dans l’ombre de Jean-Michel Aulas qui a capté l’essentiel de la lumière médiatique. “Elle a été sous-estimée car c’est une femme dans un environnement d’élus qui avaient des personnalités marquées. C’était donc difficile d’avoir un espace”, reconnaît l’une de ses proches. La droite lyonnaise n’a pas toujours été le terrain le plus hospitalier pour les femmes. Lors des précédentes élections, Les Républicains n’avaient investi que des hommes en tête de liste dans les quatorze circonscriptions métropolitaines. “Ce qui m’a marqué chez elle, c’est sa capacité à affirmer ses idées et à prendre le leadership dans des instances très masculines sans jamais braquer personne. Elle a un franc-parler sans être cassante”, décrit une ancienne collaboratrice d’élus qui l’a observée lors du mandat précédent. “Elle a une capacité à rassembler sans être dans la toute-puissance”, salue sa deuxième vice-présidente Laurence Fautra.
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