Jérôme Moroge, maire LR d'Oullins-Pierre-Bénite et tête de liste Grand Coeur lyonnais aux élections métropolitaines, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Après le métro E et un méga-tunnel sous Fourvière, Véronique Sarselli a étoffé son offre pour fluidifier les mobilités dans l'agglomération lyonnaise en promettant la construction d'une trentaine parc-relais."Il faut que chacun puisse se déplacer sur la métropole", relaie Jérôme Moroge, tête de liste Grand Coeur lyonnais dans la circonscription Lônes-et-Coteaux. "À partir du moment où vous parlez voiture, on vous dit que ce sont des aspirateurs et qu’il ne faut absolument pas aller dans ce sens, que la seule solution ce sont les pistes cyclables sécurisées. Il arrive un moment où il faut absolument arriver à marier l’ensemble des transports sur la métropole. Bien entendu qu’il y a les modes doux, bien entendu que les piétons doivent être avantagés. Et puis le plan métro, bien sûr, les transports en commun. Mais n’oublions pas l’automobiliste, c’est extrêmement important", justifie le maire LR d'Oullins-Pierre-Bénite.
Quant à l'emplacement des parc-relais, Jérôme Moroge assure que les sites seront sélectionnés après l'élection : "On vient de passer six années où les maires, les élus municipaux ont été écartés de la carte. On n’a pas pu discuter avec la métropole. Donc on ne va pas reprendre les mêmes méthodes. Véronique Sarselli l’a très bien dit : on a évidemment des idées, ou déjà les prépositionner, mais ce qu’il faut, c’est pouvoir discuter avec les élus locaux, avec les maires, pour se dire ici ou là on pourrait avoir effectivement des parcs relais pour fluidifier tout ça".
La retranscription intégrale de l'entretien avec Jérôme Moroge
Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous accueillons Jérôme Moroge. Vous êtes maire Les Républicains d’Oullins-Pierre-Bénite, candidat aux élections métropolitaines sur les listes Grand Cœur lyonnais, menées par Véronique Sarselli, avec qui vous avez présenté la semaine dernière vos propositions pour essayer de fluidifier les mobilités, notamment la circulation automobile dans la métropole de Lyon. C’est globalement un point noir de l’agglomération depuis plusieurs mandats, pas spécialement avec les écologistes — peut-être que vous direz que c’est plus avec les écologistes qu’avec leurs prédécesseurs — mais comment comptez-vous enfin arriver à fluidifier la circulation dans une agglomération ? Et est-ce que déjà c’est possible de circuler dans une grande métropole de manière fluide ?
En tout cas, si ce n’est pas possible, on s’est rendu compte que cela s’est énormément dégradé ces dernières années. Vous l’avez dit, on a eu un classement récemment qui a placé Lyon tout en haut de ce classement pour les villes les plus embouteillées.
Lyon a toujours été sur le podium. Oui, elle progresse encore.
On aimerait se dire qu’on pourrait progresser, mais dans le sens inverse. À un moment, il y a des tas de solutions à mettre en œuvre qui demandent une vision d’avenir de la métropole, ce qui n’a plus du tout été le cas ces dernières années. Je pense notamment au plan métro. Le métro a été totalement stoppé, c’est la raison pour laquelle la ligne E a été remise sur le devant de la scène par Véronique Sarselli et Jean-Michel Aulas. Mais le métro ne suffit pas. Il y a aussi le fait de se dire que tous ces véhicules qui arrivent dans la métropole, il faut les stopper en amont. Pour cela, il faut créer des parkings-relais, des P+R. C’est pour cela que Véronique Sarselli a annoncé la semaine dernière 3 000 places de parkings supplémentaires, des parkings-relais tout autour de la métropole.
Les parkings-relais sont présentés par les écologistes comme finalement des aspirateurs à voitures. Vous, vous en avez sur votre commune. Est-ce que c’est ce que vous constatez aussi ? Plus il y aura de places de parkings-relais, plus les gens vont traverser votre commune en voiture ?
Non. À partir du moment où vous parlez voiture, on vous dit que ce sont des aspirateurs et qu’il ne faut absolument pas aller dans ce sens, que la seule solution ce sont les pistes cyclables sécurisées. Il arrive un moment où il faut absolument arriver à marier l’ensemble des transports sur la métropole. Bien entendu qu’il y a les modes doux, bien entendu que les piétons doivent être avantagés. Et puis le plan métro, bien sûr, les transports en commun. Mais n’oublions pas l’automobiliste, c’est extrêmement important. Vous savez, nous avons une ZAC, la ZAC de la Saulaie, sur Oullins-Pierre-Bénite. Il va y avoir une maison de santé avec plus d’une quinzaine de médecins. Ces médecins, la semaine dernière, m’ont dit : « Vu la tournure que prend cette fameuse ZAC voulue par la métropole, c’est-à-dire sans stationnement voiture, nous ne viendrons pas, parce que nos patients ont besoin de stationnement voiture pour venir. » Donc, même sur des services aussi importants qu’une maison de santé, on le voit, on arrive face à un mur en se disant qu’il faut que chacun puisse se déplacer sur la métropole.
Les automobilistes aussi. Vous évoquiez ces parcs relais et la création de 3 000 places. Elles seraient situées où, ces 3 000 places ? Est-ce que vous avez positionné ces parcs relais ? Puisque dans le programme il y avait écrit 30 hubs où seraient créés des parcs relais. Globalement, sur une carte, ça donne quoi ? Ils seraient où, ces parcs relais ?
Nécessairement, cela se discute avec les maires. On vient de passer six années où les maires, les élus municipaux ont été écartés de la carte. On n’a pas pu discuter avec la métropole. Donc on ne va pas reprendre les mêmes méthodes. Véronique Sarselli l’a très bien dit : on a évidemment des idées, ou déjà les prépositionner, mais ce qu’il faut, c’est pouvoir discuter avec les élus locaux, avec les maires, pour se dire ici ou là on pourrait avoir effectivement des parcs relais pour fluidifier tout ça.
Il y a un grand projet que vous portez aussi, c’est le fameux tunnel sous le tunnel de Fourvière qui irait de Saint-Fons à la porte du Valvert. Je me faisais la réflexion : un habitant d’Oullins-Pierre-Bénite, est-ce qu’il prendra ce tunnel ?
Il peut évidemment le prendre, mais surtout ce qu’il sait, l’habitant d’Oullins-Pierre-Bénite, c’est qu’il aura des dizaines de véhicules en moins qui passeront chaque jour sous ses fenêtres. C’est un projet qu’on a déjà discuté, travaillé depuis de nombreuses années. Moi, je suis ravi de le voir ressortir. Il nous permettra de récupérer l’accès à nos berges du Rhône, d’avoir 45 hectares végétalisés supplémentaires et surtout des dizaines de milliers de voitures chaque jour en moins au cœur de l’agglomération.
Ma question, c’est parce que le trafic de transit qui doit être absorbé par ce nouveau tunnel, globalement, c’est 15 % du volume. Cela veut dire que le reste, ce sont des déplacements internes dans la métropole. Et si on prend le cas d’un habitant d’Oullins-Pierre-Bénite qui voudrait aller, je ne sais pas, à Dardilly, il ne prendra jamais le tunnel. Donc du coup il sera encore en aérien, ce que vous ne voulez plus ?
Si, bien sûr qu’il peut le prendre. Il faudra qu’il aille jusqu’à Saint-Fons pour ensuite le prendre. C’est la D450 qui y arrive et la D450, c’est sur notre commune, c’est tout au sud, avec notamment une sortie prévue sur Lyon. Encore une fois, j’ai entendu que c’était un projet sans doute trop important, sans doute trop ambitieux. Mais enfin, nous revenons sur des projets structurants comme on en a eu dans les décennies précédentes sur notre métropole, pour pouvoir faire en sorte que l’air soit plus respirable sur notre territoire.
D’un mot sur les mobilités qui seront aussi au cœur de la campagne des élections municipales à Oullins-Pierre-Bénite, avec cette question notamment de la Grande Rue. Jean-Charles Kohlhaas, votre adversaire écologiste, était passé il y a quelques semaines sur ce plateau. Vous, sur ce projet-là, vous voulez un retour finalement au scénario d’avant ?
Très clairement. D’ailleurs, on l’a obtenu pour l’instant. Mais j’ai bien noté que monsieur Kohlhaas et la métropole actuelle nous disent que, finalement, s’il pouvait gagner ces élections, il reviendrait en arrière. C’est très clair pour moi : la Grande Rue ne peut pas être à sens unique, donc il faut la maintenir à double sens. Et tout cela est aussi lié avec le quartier de la Bussière, chez nous, qui a été totalement cloisonné. Là également, dès le lendemain des élections métropolitaines, il faudra revenir en arrière sur ce plan de circulation qui est totalement irréaliste et surréaliste.

Vive la pollution automobile ! Vive les retours en arrière ! 😀
N'oublions pas : les pollueurs sont des tueurs.