Test de Fallout 4, prolonger le plaisir de Mad Max Fury Road

Mad Max Fury Road a été l'un des événements cinématographiques de l'année. La saga culte de George Miller, débutée en 1979, a influencé bon nombre de films et de jeux vidéo. Parmi eux la série Fallout dont le quatrième épisode est sorti il y a quelques jours. Test d'une aventure dans un monde en ruine sur PS4, Xbox One et PC.

Fallout 4 ()

Avec le premier Mad Max en 1979, le réalisateur George Miller n'imaginait pas l'immense influence qu'il aurait par la suite sur une partie de la production culturelle. Bien avant l'arrivée du quatrième épisode, sa trilogie culte avec Mel Gibson a marqué des générations de cinéphiles. Difficile de ne pas voir l'influence des Mad Max dans les jeux vidéo Fallout, Wasteland, Rage ou bien encore Borderlands. Désormais conscient de sa paternité, George Miller a lui-même assimilé tout ce courant culturel pour en faire la parfaite synthèse dans Mad Max : Fury Road. L'arrivée d'un nouveau jeu vidéo Fallout, la même année que la renaissance de Max sur écran géant nous rappelle que les franchises comme les héros sont immortels.

Deux épisodes cultes et après ?

En 1997, le premier Fallout pose les fondations de la série avec des éléments que l'on retrouvera dans tous les autres épisodes qui suivront. Dans un futur post apocalyptique où se mélangent inspirations rétro et hautes technologies, certains humains ont trouvé refuge dans des abris antiatomiques. Devenu la fragile proie d'un monde sans pitié, le joueur ou joueuse est placé dans la peau d'un(e) survivant(e) et devra s'en sortir en choisissant sa propre voie.

Pire ordure que la terre n'est jamais portée ou bien héros au grand coeur, ce jeu de rôle ouvre de nombreuses possibilités. Le deuxième Fallout en 1998 est encore considéré à juste titre comme un chef d'oeuvre du jeu vidéo. Le trois reste un mal aimé à cause d'une certaine aseptisation et du passage une caméra à la première personne (contre une vue isométrique auparavant). L'épisode New Vegas très bien écrit avait redonné de l'espoir au fan tout en étant assez hermétique pour ceux qui recherchaient une expérience simple à prendre en main. Comment se place Fallout 4 qui vient de sortir sur PS4, Xbox One et PC ?

Fallout 4 ()

Un étrange paradoxe

Les fans le savent déjà, Fallout 4 ne renoue pas avec la glorieuse époque des deux premiers, voire même avec New Vegas. Légèrement aseptisée et simplifiée, la saga s'ouvre à un nouveau public. L'histoire correcte, racontant les aventures d'un(e) père ou mère, selon le choix du début, endormi(e) pendant deux-cents ans à la recherche de son fils dans un monde post apocalyptique, ne bénéficie jamais de la qualité d'écriture des anciens épisodes (elle reste tout de même au-dessus de celle du 3). L'humour est aussi peu présent et Fallout 4 se prend légèrement trop au sérieux. Une fois ces éléments digérés, qui ne gêneront pas ceux qui n'ont jamais lancé de Fallout, la magie s'opère. Un étrange paradoxe se fait ressentir : Fallout 4 est à la fois pauvre et d'une grande richesse, légèrement décevant et terriblement addictif.

Bac à sable passionnant

Fallout 4 arrive à captiver son joueur dans un univers où les surprises ne manquent pas derrière chaque colline ou brin d'herbe. À l'image de Fury Road et son scénario qui tient en quelques lignes, c'est bien tous les à-côtés qui font la richesse du jeu. Le joueur parcourt l'histoire principale par obligation, mais aura sans cesse envie de relancer sa partie pour explorer une carte qui s’inspire de la région de Boston aux États-Unis. Une bonne centaine d'heures sera nécessaire pour tout découvrir. On n'hésitera pas à recommencer une partie pour tester de nouvelles approches dans ce bac à sable aux nombreuses opportunités. En montant en niveau, le joueur devra repartir les points gagnés selon ses envies dans les catégories S.P.E.C.I.A.L. ( Force, Perception, Endurance, charisme, Intelligence, agilité, chance). Dans son aventure, il pourra être accompagné d'alliés de son choix, mais surtout ne quittera jamais son Pip-Boy, un petit ordinateur très utile pour suivre sa progression et gérer son équipement. A tous les niveaux, la personnalisation est au cœur du jeu et la simplicité est bienvenue pour les néophytes. Cela ne veut pas dire pour autant que Fallout 4 est facile. Impossible d'explorer certaines zones sans le bon équipement et la préparation nécessaire. Dans ce monde au bord du gouffre, pour gagner en expérience, il sera possible de rejoindre plusieurs factions et de réaliser des missions pour elles. Dans un premier temps, on regrettera que nos actions n'aient pas assez de répercussions sur leurs relations, il faudra attendre la fin du jeu pour réellement voir les conséquences de ses choix et actes.

Fallout 4 ()

Fallout pour tous

Graphiquement, le jeu impressionne peu. La variété des lieux, faune et ennemis évitent de s'ennuyer et donnent envie de tout découvrir. Fallout 4 a surtout le mérite d'être accessible à tous quand l'excellent second épisode a perdu plus d'un courageux sur son seul tutoriel. On retrouve ainsi une vue à première personne permettant de jouer les bourrins ou les ninjas discrets comme n'importe quel FPS. Il est encore possible de ralentir le temps pour choisir où frapper son ennemi, tel un palliatif à l'ancien mode tour par tour. Des éléments de gestions ont été rajoutés pour les bons samaritains qui auront envie de subvenir aux besoins des autres communautés. Pour les rendre heureuses, il faudra les protéger, mais aussi apporter eau, électricité et protection. Parallèlement, pour ne pas se retrouver pris au dépourvu face à des ennemis toujours plus dangereux, les joueurs devront améliorer leurs armes, mais aussi armures grâce à tous les éléments présents sur la carte. Char d'assaut sur deux jambes, héros surpuissant capable de terrasser les mutants d'un seul coup de poing comme Ken le survivant, ou guerrier solitaire toujours armé de son fusil à pompe et accompagné de son chien : Fallout 4 autorise toutes les envies. Les plus pacifiques pourront même éviter le conflit en jouant sur leur éloquence et leur charisme.

Verdict

Fallout 4 n'est pas le vrai Fallout 3 que les fans attendaient (mieux vaut se tourner vers Wasteland 2 dans ce cas-là). Une fois les choses acceptées, l'univers prend le dessus sur tout le reste et même les amoureux des deux premiers épisodes auront du mal à ne pas avoir envie d'aller découvrir tous les mystères cachés sur la carte. Plus qu'un jeu de rôle, Fallout 4 est un beau bac à sable qui laisse le joueur imaginer ce qu'il a envie de faire et surtout comment il veut le faire. Comme Mad Max Fury Road, le charme est dans les détails que l'on ne voit pas forcément la première fois.

Pour tous ceux qui n'ont jamais touché le moindre Fallout, ce quatrième épisode est sans conteste le meilleur pour commencer. Peut-être vous donnera-t-il envie de jouer aux autres. Pour cette raison et toutes ces petites choses qui le rendent terriblement addictif, Fallout 4 est bien l'un des jeux incontournables de cette fin d'année.

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires
Faire défiler vers le haut