Red Dead Redemption : Bon, brute ou truand

Encore une journée bien chargée en 1911. Après avoir ramené un criminel au shérif du coin, je décide d’aller au saloon me rafraichir et faire une partie de poker. Ce n’était définitivement pas mon soir, j’étais à une table de tricheurs et me voila sans le moindre dollar. Les poches vides, je rentre au ranch. Une femme crie, un homme tente de la violer, je n’ai que trois choix : continuer mon chemin, tuer l’agresseur ou l’arrêter. Ce soir je serai un héros, bienvenue dans le monde de Red Dead Redemption sur Playstation 3 et Xbox 360.

Le choix de son destin

GTA, trois petites lettres qui font trembler le monde, un acronyme dont la simple évocation en publique pourrait faire passer n’importe quelle personne pour un potentiel tueur en série près à passer à l’acte. Nous ne referons pas ici le débat sur la violence dans les jeux vidéo. Oui GTA peut être un jeu parfois dérangeant, à la limite du malsain, mais ce n’est qu’un jeu dont la vente est interdite aux mineurs et dont la renommée sulfureuse devrait suffire à tout parent intelligent d’en interdire l’accès à ses enfants. Issu du même studio et basé sur le même concept de monde ouvert ou tout est possible, Red Dead Redemption a, en apparence, tout pour relancer les polémiques éternelles. Ces dernières sont souvent portées par des associations qui ont rarement pris le temps de jouer à un jeu vidéo dans son intégralité.

Pourtant, juger RedDdead Redemption uniquement sur sa filiation et son concept serait une grave erreur. Effectivement, il s’agit de rentrer dans la peau d’un personnage complexe, armé jusqu’aux dents et pouvant se déplacer sur une immense carte à l’aide de chevaux. Cependant à des milliards de lieues de GTA, le jeu laisse le choix au joueur : Cow boy héroïque ou bandit sans pitié, il faudra trancher. Chaque action aura une répercution sur la suite tandis qu’il faudra assumer la responsabilité de ses actes. Dès lors, difficile de faire le mal et de tuer les innocents sans s’interroger sur le bien et le mal des décisions virtuelles. Avant même de rentrer dans l’histoire, Red Dead Redemption responsabilise son joueur tout en l’obligeant à admettre qu’il est le seul maitre de son destin.

Sergio Leone en jeu vidéo

Grâce à la série des GTA, les studios Rockstar ont fait d’énormes progrès en matière de scénario et de narration. En quelques secondes, le décor est posé : 1910, les cow-boys sont une espèce en voie de disparition. L’industrialisation s’impose progressivement dans tous les Etats-Unis. John Marston a choisi d’abandonner son gang pour tenter de retrouver la paix intérieur. Dans une industrie du jeu vidéo encore jeune, le terme « chef-d’œuvre » est souvent galvaudé. Pourtant Red Dead Redemption ne volerait pas ce statut. A travers une vingtaine d’heures de jeu, la fascination et l’intérêt pour une histoire passionnante ne diminuent jamais. Maitrisé de bout en bout, le jeu se démarque par un scénario faisant appel à de multiples références qui raviront les amateurs de Western, tout en construisant son propre univers d’un réalisme parfois saisissant. Sergio Leone n’est pas loin et on ne peut s’empêcher de penser à « Il était une fois la révolution » qui utilisait la même période historique. En outre, la bande originale digne des meilleures créations d’Ennio Morriconne finit de rapprocher définitivement Red Dead Redemption du cinéma.

Un monde vivant

Au-delà de graphismes magnifiques, le monde de Red Dead Redemption est porté par des personnages principaux et secondaires tous réussis. On s’attache rapidement à ces êtres de polygones tous dotés d’une vie artificielle crédible. En marge du héro, ils vaquent à leurs occupations, se font agressés, demandent de l’aide ou bien commettent des crimes. Comment ne pas réagir lorsqu’une vieille femme se fait lyncher par trois hommes dans une impasse ? A l’inverse d’un GTA, Red Dead Redemption encourage la bravoure. Ainsi, une jauge d’honneur évolue selon les choix et les actes. Un excité de la gâchette ne récoltera que des insultes des autres personnages tandis qu’un homme de loi sera toujours bien accueilli dans les villes. Parallèlement, les immenses étendues désertiques qui séparent les villes ne sont pas vides pour autant : animaux diurnes et nocturnes se cachent dans les buissons, attaquent les voyageurs ou bien fuient face aux diligences. Là encore, le joueur a le choix, il peut capturer des chevaux pour les dresser, chasser les bêtes sauvages ou bien encore arrêter un couguar avant qu’il ne dévore un enfant. Toutes ces interactions ne sont que la partie immergée de l’iceberg. Impossible de faire le tour du jeu en une seule partie tant la richesse de ce dernier déborde à chaque instant. Plus qu’un chef d’œuvre, Red Dead Redemption est une claque vidéoludique qui aura sans aucun doute une grande influence sur le reste de l’industrie. Le jeu vidéo continue de mûrir. Les rides lui vont plutôt bien.

Red Dead Redemption sur Playstation 3 et Xbox 360, 69€

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